Arnaud
Dumouch
Version
21-3-2002
L’apocalypse selon
l’islam
A Médine, les
musulmans étaient pauvres et humbles.
Puis le prophète
Muhammad reçut l’ordre divin de faire la
guerre vers La Mecque.
Fondée sur le
glaive, c’est par le glaive retourné contre lui
que l’islam fera
l’apprentissage de l’humilité
pour son salut
éternel
Les mots marqués de *
sont définis dans l’index du vocabulaire en fin d’ouvrage.
Le mardi 11 septembre
2001, la réalité a dépassé l'imaginable. Pour tenter de trouver des
explications à ce cataclysme, les lecteurs américains se sont rués sur un
spécialiste en catastrophes, Nostradamus. Les «Prophéties» sont devenues un
véritable best-seller, raconte le «New York Times» dans son édition du mardi
18 septembre. Le prophète français du XVIème siècle y aurait déjà
prédit l'ascension de l'Allemagne nazie, l'explosion de la navette Challenger
ou l'épidémie du Sida. Alors, pourquoi pas l'attaque des Twin Towers du World
Trade Center? C'est en tous cas la rumeur qui se répand sur l'internet. Les
prophéties de Nostradamus ont malheureusement un grand défaut. Elles sont si
obscures qu’on peut tout leur faire dire.
La France avait bien
failli être la première victime des avions-suicides. A chaque fois que nous
passons devant la Tour Eiffel, nous nous rappelons qu’elle pourrait ne plus
être là. N’était-elle pas l’objectif des terroristes islamistes de l’airbus
d’Air France en 1995?
Il est intéressant de
regarder ce que ressentait la communauté musulmane à l’approche de l’an 2000[1].
Elle est, à son corps défendant, au cœur des évènements du 11 septembre. Il y
avait là un des cas les plus étonnants de fascination pour l'an 2000. A
l’approche de cette date, un climat de malaise grandissait dans les terres
d’islam, le sentiment vague d’être à la veille d’évènements importants, voire
eschatologiques. Un universitaire américain, David Cook, vient de leur
consacrer une étude approfondie dans la revue Middle East Quarterly. Les
musulmans ont leur propre calendrier, basé sur la lune et prenant pour point de
départ l'Hégire*, l'émigration à Médine* du Prophète Muhammad et de ses premiers
disciples. Selon ce comput, l'an 2000 de l'ère chrétienne n’était pour eux que
la banale année 1421. Pourtant de nombreux auteurs ou théologiens musulmans
reprenaient dans des livres, des articles de journaux, voire même des sermons
prononcés en pleine mosquée, les angoisses occidentales autour du deuxième
millénaire. Sayid Ayoub, un auteur égyptien à succès, n'a pas écrit moins de
six livres sur la question depuis 1987. Deux autres Égyptiens, Mohamad Izzat
Arif et Mohamad Issa Daoud, l'ont imité depuis le début des années
quatre-vingt-dix. C'est le cas également d'un Soudanais, Bashir Muhamad
Abdallah, d'un Palestinien, Bassam Djirar, et d'un Jordanien, Sayid Hawwa.
Leurs théories, qui passionnent l'opinion publique, suscitent des débats
interminables. Plusieurs théologiens de la grande université islamique du
Caire, Al-Ahzar, les ont réfutées en partie ou ont au contraire renchéri sur
leurs propos.
L'idée maîtresse de
ces spéculations musulmanes, c'est que l'an 2000 du calendrier chrétien doit
marquer le début du Règne du Mal, sous la conduite d'un personnage diabolique,
le Dajjal*. On reconnaît ici sans
peine le thème apocalyptique de l'Antéchrist*, intégré à l'islam depuis fort
longtemps, comme beaucoup d'autres thèmes d'origine chrétienne.
Mais la particularité
des théories actuelles, c'est qu'elles voient le Dajjal comme un juif et qu'elles font de la création de l'État
d'Israël et de la puissance d'une Amérique soi-disant soumise au pouvoir des
Juifs, les signes avant-coureurs de sa venue. En d'autres termes, la version
musulmane de la panique de l'an 2000 est une formidable machine à entretenir et
à exacerber l'antisémitisme. Les couvertures des livres en question ne laissent
pas de doutes à ce sujet: quand elles ne sont pas constellées d'étoiles de
David sur fond de dollars, elles mettent en scène un juif hassidique au nez
crochu portant un uniforme de G.I. américain... La diffusion de ces livres dans
le monde arabe est un mauvais augure quant à la réalité d'un processus de paix
au Proche-Orient.
Nous sommes visiblement
devant une nouvelle phase de l’histoire de l’humanité. Elle concerne au premier
chef Israël et l’islam. Mais le 11 septembre a rappelé violemment aux nations
occidentales, originellement chrétiennes, qu’elles sont aussi éminemment
concernées au plan de la guerre.
La plupart des
commentateurs, se fondant sur la classique analyse marxiste, ont prétendu
expliquer le réveil de l’islam, de la banlieue française des Mureaux à
Islamabad par les seuls critères économiques. Il s’agirait exclusivement
d’échec économique et social, et la responsabilité de l’Occident colonial
serait totale. Lionel Jospin le reconnaissait lui-même le 5 mars 2002 : « Nous
avons été naïfs ». En réalité, cette dimension ne constitue,
conjointement à un sentiment ethnique d’échec, que l’humus, le catalyseur d’une
réaction chimique. Jésus disait : « L’homme ne vit pas seulement
de pain », discréditant par avance toutes les analyses exclusivement
matérialistes. En effet, dans le cas qui nous occupe, comme dans toute révolution,
il y a autre chose, un plus. Il s’agit d’une idée, d’un espoir, d’un rêve
politique qu’on peut résumer ainsi : « La troisième guerre
mondiale aboutira à la domination de l’islam sur le monde [2]».
Cet ouvrage vise à
livrer une clef par trop négligée. La foi musulmane porte en elle des
prophéties apocalyptiques. Les musulmans ont reçu de leur prophète Muhammad
certaines annonces explicites leur permettant d’espérer pour l’avenir un grand
destin. Mais leur caractère ambigu permet de se faire plusieurs scénarios de
l’avenir, selon qu’ils vivent d’un islam orgueilleux et politique ou d’un islam
plus humble et spirituel.
Pour mieux comprendre
de l’intérieur le rêve qui porte une partie de la jeunesse musulmane au martyre
kamikaze et une autre à la crainte d’une catastrophe à venir pour leur
religion, il faut se faire en un certain sens musulman, penser comme un
musulmans, imaginer ce que peut ressentir un homme ou une femme qui croit
sincèrement qu’« Allah est l’unique et que Muhammad est son
prophète ».
Nous procéderons en
deux étapes : 1- La guerre Sainte fait-elle partie de l’islam ? Qu’en
disent les Docteurs es plus fidèles et traditionnels de l’islam Sunnite* ou
chiite* ?
2- Quelles sont les
prophéties apocalyptiques qui motivent les islamistes fanatisés actuels ?
Rejoignent-elles la réalité de la foi et la réalité des évènements
politiques actuels? Comment sont-elles interprétées par les musulmans fidèles
et orthodoxes ?
Avec plus d’un
milliard de fidèles, l’islam est numériquement la plus grande religion du monde
après le christianisme. Les plus grandes masses sont formées par les Arabes,
les Pakistanais (240 millions), les Indonésiens, les Iraniens, les Africains
noirs, les Turcs, les républiques du Caucase.
Il convient de laisser parler
le Coran* lui-même[3]. Les
musulmans croient qu’avant l’islam, il y eut trois grands prophètes: Abraham,
Moïse et Jésus. Mais, par la faute de leurs successeurs, leurs paroles et leurs
écrits furent falsifiés.
Les
livres saints: « Dites: nous
croyons en Dieu et à ce qui a été envoyé d'en haut à nous, à Abraham, et à
Ismaël, à Isaac, à Jacob, aux douze tribus, aux livres qui ont été donnés à
Moïse et à Jésus, aux livres accordés aux prophètes par le Seigneur; nous ne
mettons pas de différence entre eux, et nous sommes résignés à la volonté de
Dieu.»[4]
L'Évangile:
« Nous avons donné [à Jésus]
l'Évangile qui contient la lumière et la direction... ceux qui s'en tiennent à
l'Évangile jugent d'après son contenu. Ceux qui ne jugeront pas d'après un
livre de Dieu sont impies. »[5]
Pour connaître un
personnage historique tel que Muhammad, les musulmans ont à leur disposition
deux sources principales:
Le
Coran: Il fut écrit par les
compagnons de Muhammad, sous sa dictée. Ses disciples les copient sur toutes
sortes de matériaux feuilles de palmiers, pierres plates, omoplates de chameaux
etc. Chaque mot lui venait de l’archange Gabriel qui soufflait à son oreille.
Le mot arabe Coran signifie “Lecture” comme le mot grec Bible signifie «Livre».
Pour le musulman, le Coran est la Parole textuelle de Dieu. Tout “croyant’ doit
savoir l’arabe, langue de la révélation, langue de la prière. Le Coran se
divise en 114 chapitres (appelés sourates) et en 6000 versets: leur longueur
est très inégale. Répondant aux circonstances historiques, il fut dicté en
pleine action, au gré des réminiscences juives ou chrétiennes. La langue est
très riche, le style plus oratoire que poétique, le rythme cadencé, souvent
prenant. Pour le musulman, le Coran est tout: Le premier livre de Lecture, une
continuelle leçon de choses, ‘le dictionnaire des pauvres’, le manuel de
prière, le code de droit, le guide détaillé de la vie de chaque jour. La radio
des pays musulmans diffuse des extraits aux heures de prière.
Les Hadith* sont
les faits
et paroles du prophète (y compris des révélations divines) rapportés oralement
par les compagnons de Muhammad et fixés par écrit un siècle après le Coran[6].
C'est là que sont rapportés les enseignements de Muhammad donnés à divers
disciples, ses réponses à diverses questions précises, les détails de sa vie
familiale etc.
Le Message de l’islam
peut se résumer de la manière suivante. En le comparant à l’Évangile des
chrétiens, il est aisé de se rendre compte à la fois de la fraternité de ces
deux religions et de leurs différences qui en font des frères rivaux.
« Avant que le monde ait été créé, depuis toute
éternité, il existe un Être unique, une personne infinie. Il vit totalement
heureux, comblé par sa propre puissance[7].
Deux qualités peuvent résumer la vie d’Allah: la grandeur et la miséricorde[8].
Il est le Créateur. Il est donc infiniment grand et Tout-puissant.
Allah était mystérieux puisque, tout en étant
parfait, n’ayant besoin de personne, il décida de créer des êtres différents de
lui. Dans son éternité, il conçut le projet suivant: faire partager
l’existence, la vie et le bonheur à d’autres êtres; Créer de nombreuses
personnes, dotées d’intelligence et de liberté, et les introduire, après un
test sur leur fidélité, à un autre monde de bonheur et d ‘équilibre. Il
n’y avait aucune autre raison à l’action de Dieu que la générosité. Il
préparait pour ceux qui le mériteraient à ses yeux, des jardins de délice, une
telle profusion de beauté, de bonté, qu’il est impossible ici-bas de les
décrire[9].
Mais il convient de faire ici une remarque importante.
Dieu ne désirait pas créer un paradis où chaque personne serait perdue dans son
bonheur individuel et dans sa reconnaissance envers Allah. Son idée était de
créer une Oumma*, c’est-à-dire une communauté immense vivant dans l’adoration
et la reconnaissance envers sa personne et sa libéralité. Ce serait ainsi une
fête éternelle où des milliards d’êtres en paix réciteraient la même prière, le
dikrh, le Rappel d’Allah, cinq fois par jour. (Soubhannallah! Hamdoulillah!
Allahouakbar!). C’est pourquoi, Dieu décida de faire de l’histoire de ses
créatures spirituelles une Histoire Sainte dirigée vers ce but unique. Dieu
agit. Il créa d’abord les anges, de purs esprits sans corps. Il créa aussi des
êtres intermédiaires dotés d’esprit et d’un psychisme (vie sensible) mais
dépourvus de chair. Ce sont les “Djinns*“. Puis il créa les hommes et les
femmes, êtres spirituels et physiques. Anges, djinns et hommes étaient faits
pour servir[10] Dieu et pour
recevoir, en échange, une part de bonheur capable de combler tous leurs désirs.
Cependant, et c’est justice, pour que ces hommes et
ces communautés humaines entrent dans le jardin d’Allah, il était nécessaire
qu’elles deviennent comme il faut face à lui. Deux qualités essentielles
résument ce que Dieu attendait de ses créatures.
1- L’humilité:
parce qu’il est tout-puissant, Allah attend que l’homme le reconnaisse en
vérité, tel qu’il est, à savoir le Maître et le Seigneur. Cette qualité de
l’adoration s’appelle l’humilité[11].
Lorsqu’un musulman adore Dieu tout en s’exaltant dans son cœur, tout en se
prenant pour le centre du monde, il ne plait pas à Allah. Ici se trouve la clef
de bien des mystères de notre existence. “ Nul ne peut mériter le jardin
de Dieu sans se faire tout petit comme un serviteur”[12].
A cause de la grandeur et de l’infini puissance de Dieu, n’importe quelle
humilité ne suffit pas. Il faut une totale conscience de son propre néant
devant la Majesté, un total dépouillement de toute recherche de soi-même. En se
prosternant cinq fois par jour devant Dieu, tout musulman devrait avoir compris
au terme de sa vie que le moindre orgueil empêche l’entrée dans le jardin de
Dieu, car ”Dieu est ce qu’il est”. Ceci est vrai non seulement pour les
individus, mais pour l’humanité dans son ensemble et aussi pour l’Oumma.
2- La
miséricorde. Dieu n’ignore rien des péchés immenses des hommes, musulmans
ou non. S’il avait laissé parler sa vérité, il aurait depuis longtemps effacé
de la terre toute trace de l’humanité. Loin d’agir ainsi, il patiente avec son
Oumma. Il ne détruit ni les musulmans ni les autres hommes mais les prend en
miséricorde. Il leur laisse le temps de changer et se sert des bonheurs et des
malheurs de leur vie pour les préparer à le reconnaître[13].
C’est pourquoi il attend que l’homme agisse comme lui, à savoir de manière
miséricordieuse. Il n’aime pas l’homme au cœur dur, celui qui condamne sans
faire un procès, qui détruit sans chercher à comprendre et sans considérer son
propre péché. Au nom de Dieu, le Miséricordieux, la miséricorde est la deuxième
qualité que Dieu aime en ses fidèles.[14]
Quand, à l’heure de la mort, un homme arrive doté de
ces deux qualités, il est certain qu’il voit le salut. Qu’il soit musulman ou
non, il reçoit de la part de Jésus le Messie, serviteur de Dieu, la prédication
de l’islam. Tout homme juste ne peut alors que confesser alors que Dieu est
l’unique Dieu et que Muhammad est son prophète. Il est alors introduit dans le
jardin des délices qui avait été préparé pour lui[15]. »
Que faire pour
obtenir la vie éternelle? Croire en Allah et en son prophète. Se soumettre au
Message ci-dessus, fidèlement et dans la confiance totale, au delà de ce qui
peut être compris. Pratiquer les cinq piliers de l’islam. Prier cinq fois par
jour. Pratiquer la miséricorde envers le prochain. Pratiquer la guerre sainte
envers le pervers, le belligérant, le démon et soi-même[16].
L’islam naît dans une
société sémitique primitive. La femme n’y avait aucun droit. En ce sens, il
provoque une véritable libération puisqu’il lui permet d’hériter, d’établir son
contrat de mariage, de divorcer. Mais, en maintenant la polygamie, il la réduit
au rôle de mère et de servante de la maison plus que d’épouse égale à l’homme.
Il reste d’ailleurs persuadé de l’infériorité de la femme. En cela, il se
distingue radicalement de l’attitude de Jésus qui, mettant en premier dans son
royaume les valeurs de l’humilité et de l’amour, semble indiquer que bien des
femmes règneront sur les hommes. L’islam est donc une religion d’hommes.
Inférieures:
« Les hommes sont supérieurs aux
femmes à cause des qualités par lesquelles Dieu a élevé ceux-là au-dessus de
celles-ci, et parce que les hommes emploient leurs biens pour doter les femmes.[17]»
Battues:
« Les femmes vertueuses sont
obéissantes et soumises... Vous réprimanderez celles dont vous aurez à craindre
la non-obéissance. Vous les reléguerez dans des lits à part. Vous les battrez;
mais aussitôt qu'elles vous obéissent, ne leur cherchez point querelle...[18]».
Occupantes
de l'enfer: Abou-Saïd-El-Khodri a dit: « L'Envoyé de Dieu...
s'écria: " ah! troupe de
femmes, faites l'aumône, car on m'a fait voir que vous formiez la majeure
partie des gens de l'enfer...[19]"»
Privées
d'intelligence: « En quoi O
Envoyé de Dieu, demandèrent des femmes, consiste
l'infériorité de notre intelligence et de notre religion? - Est-ce que le
témoignage de la femme n'équivaut pas seulement à la moitié de celui d'un
homme? répliqua le Prophète. - Certes
oui, dirent les femmes. - Eh
bien, ajouta le Prophète, cela tient
à l'infériorité de leur intelligence. Est-ce que, aussi lorsqu'elles ont leurs
menstrues, les femmes ne cessent pas de prier et de jeûner? - Certes, répliquèrent-elles. - Eh bien, c'est, à cause de l'infériorité
de leur religion.[20]»
Les non musulmans
Parmi les non
croyants, les Juifs et les chrétiens ne doivent pas être forcés à la conversion
car ils sont des gens du Livre de la Bible. Il doivent se soumettre et payer un
impôt au Calife* (Zakat). Les
polythéistes au contraire n’ont aucun droit à la vie.
Pervers: « O croyants! Ne prenez pas pour amis les Juifs et les chrétiens,
ils sont amis les uns des autres. Celui qui les prendra pour amis finira par
leur ressembler, et Dieu ne sera pas le guide des pervers.[21]»
Combattus:
D'après le fils de Umar, l'Envoyé de Dieu a dit: « J'ai reçu pour commandement de combattre les hommes jusqu'à ce
qu'ils témoignent qu'il n'est pas de divinité hormis Allah, que Muhammad est
l'Envoyé d'Allah, qu'ils accomplissent la prière et qu'ils versent le Zakat.
S'ils s'en acquittent, alors ils préservent de moi leur vie (leur sang) et
leurs biens...[22]»
« Dieu fut avec Ismaël,
il grandit et demeura au désert, et il devint un tireur d'arc.»[23]
Au début de l’exil à
Médine*, Muhammad ne reçoit pas de révélation concernant la guerre. Ses proches
le pressent de lancer une attaque contre les injustes qui l’ont dépouillé de
ses biens et chassé. Le temps passe. La communauté se fortifie. Les hommes
s’entraînent au tir à l’arc et se structurent religieusement. Lorsque le nombre
des musulmans devient assez grand, le ton change. Des sourates nouvelles sont
révélées. La guerre est commandée. Elle doit se faire contre les idolâtres,
sans attendre. C’est un devoir pour chaque musulman, et pour la communauté
entière, de toujours lutter, même par les armes, “pour que la main d’Allah soit la plus haute”. Le but de la guerre
sainte? Supprimer l’idolâtrie, car “l’idolâtrie
est pire que la guerre”. Au nom de ce précepte, parce qu’ils sont
polythéistes, les hindous subirent au cours des siècles de terribles génocides.
Au XVIème siècle, des centaines de milliers d’hommes, de femmes et
d’enfants seront exterminés. Les animistes subissent aujourd’hui un sort
semblable, bien que leur conversion soit plus rapide.
La guerre contre La
Mecque* est gagnée. Après la victoire, aucun prisonnier n’est tué, nul n’est
livré au pillage. Cette mansuétude provoque de grandes conversions à la
nouvelle religion.
Les musulmans fidèles sont obligés de le
reconnaître : « Nous avons reçu de répandre le Message de Muhammad
dans le monde entier. L’un des moyens de l’apostolat est le Djihad. Le principe de la guerre sainte
n'est pas l'invention récente d'une poignée d'extrémistes vivant en
Afghanistan. Le principe de la guerre sainte est inhérent à l'islam, avant tout
parce qu'il est inscrit dans le Livre par excellence de l'islam, le Coran. Mais
surtout parce que la guerre sainte est juste.
Nous montrerons comment il est possible, même à un non-musulman, de le
comprendre. Mais attention, il ne s’agit pas de n’importe quelle guerre sainte.
Le djihad n’est pas n’importe quoi.
Tout n’y est pas permis, ce que sont loin de comprendre les extrémistes
actuels. Il y a une spiritualité du djihad,
un but à viser. »
Laissons parler un théologien musulman[24] : «On attribue
généralement à la notion de Djihad un
sens belliciste; elle se traduit par "guerre sainte", à savoir le
recours aux armes dans le but de proposer la foi islamique et d’imposer une
juste morale humaine. L'acception militaire du terme fait partie effectivement
de la doctrine islamique comme d'ailleurs de celle des autres religions avec
une nuance. Dans le christianisme, Jésus semble s’y opposer[25]: «Rengaine ton glaive; car tous ceux qui
prennent le glaive périront par le glaive.» Certes, au Xème et
XIème siècles, les croisades conduites par le christianisme avaient
bien des motivations religieuses. La reconquête de l'Espagne ne se fit pas sans
effusion de sang au nom de l'Église catholique à une époque où les institutions
mises en place par l'islam respectaient les différents cultes et sauvegardaient
les personnes et les biens des gens du Livre. Mais aucun texte du Nouveau
Testament n’encourage à la guerre[26]. Au contraire en
islam, le Djihad*, est sanctifié et
encouragé explicitement par le Coran* et les Hadith*, pas seulement de manière défensive. Sourate 9, 29: «Combattez ceux qui ne croient ni en Allah
ni au Jour dernier, qui n'interdisent pas ce qu'Allah et Son messager ont
interdit et qui ne professent pas la religion de la vérité, parmi ceux qui ont
reçu le Livre, jusqu'à ce qu'ils versent la capitation par leurs propres mains,
après s'être humiliés.»
Le Coran distingue
quatre sens du mot djihad. Un
catéchisme musulman officiel, édité par la Grande Mosquée de Paris[27], les définit de
manière très claire:
1- Le Djihad contre les non croyants (mécréants) et les belligérants
par la force, les biens, la langue et le cœur. Le Prophète dit: « Combattez les polythéistes en vous servant
de vos biens, de vos personnes et de votre langue. »(Ahmed, Abou Daoud
& Nassa’i)
2- Le Djihad contre les pécheurs musulmans. Il est de même de la
lutte contre les pervers, par la main, la parole et le cœur. Le Prophète dit:
« Quiconque constate un fait
répréhensible doit le corriger en recourant à la force. S’il en est incapable,
qu’il intervienne par la parole. S’il en est encore incapable, qu’il le
réprouve en son for intérieur. Le dernier stade est le plus faible de la
foi. » (Moslim)
3- Le Djihad contre Satan en repoussant ses insinuations perfides et
les passions qu’il pare à nos yeux. Dieu dit: « Que Satan vous subornant, ne vous leurre pas au sujet de
Dieu. » (31, Loqman. 93)
« Satan est votre ennemi juré, traitez-le comme
tel. »(35, Les Anges. 4)
4- Le Djihad contre soi-même, consiste à s’astreindre à approfondir
ses connaissances religieuses, à les mettre en pratique, à les transmettre, à
combattre ses abus et à les éviter. La lutte contre soi-même est l’ultime Djihad* et c’est ainsi qu’on l’appelle.
Le mérite du Djihad et de la mort en martyr pour la
Cause de Dieu est exprimé en termes nets dans le Coran et dans les Hadith* authentiques du Prophète qui
font du Djihad l’œuvre la plus méritoire
et l’acte de dévotion le plus distingué. Dieu dit: « Dieu a acheté aux croyants leur vie et leurs biens. En échange,
Il leur a accordé le Paradis, en foi de quoi ils se battront pour Sa Cause: Ils
tueront et se feront tuer. Une promesse solennelle leur a été faite par Dieu,
dont la Thora[28], l’Évangile et le Coran se portent témoins. Quel
autre que Dieu ferait plus honneur à Sa promesse? Réjouissez-vous, croyants de
votre engagement. C’est le comble du succès. [29]»
« Dieu aime ceux qui combattent pour Sa
Cause, en rangs serrés, tel un édifice compact[30]»
« Croyants! Vous indiquerais-je un négoce
qui soit propre à vous épargner un douloureux tourment? C’est croire en Dieu et
en Son Prophète et combattre pour Sa Cause, y allant de vos biens et de vos personnes.
Tel est votre intérêt si vous pouvez le comprendre. Si vous le faites, Dieu
vous pardonnera vos péchés et vous accueillera dans des jardins baignés d’eaux
vives et vous aurez, pour séjour, d’agréables demeures au Paradis d’Aden. Tel
sera le triomphe suprême.[31]»
A propos des martyrs tombés
pour Sa Cause, Dieu dit: « Ne crois
surtout pas que ceux qui sont tombés pour la Cause de Dieu soient morts. Ils
sont bien en vie auprès de Leur Seigneur, recevant de Lui leur substance,
heureux de tant de bienfaits reçus de Dieu.[32]»
Les Docteurs de l’islam, surtout depuis qu’ils se
sont installés dans les démocraties occidentales, ressentent une certaine gêne
dans leur interprétation de la guerre sainte. Selon qu’on se rend dans telle ou
telle mosquée, on entend trois interprétations du djihad.
1- S’agit-il d’abord d’une guerre des idées?
Le Docteur Tahar Gaïd[33] s’oppose à toute
conception agressive du Djihad. Il
affirme que la guerre est uniquement autorisée quand il s’agit de se défendre
d’une agression préexistante. Selon lui, le djihad
militaire est une guerre moins importante que la guerre qu’on mène contre ses
péchés. Il cite pour prouver ses dires un Hadith*
du prophète Muhammad. « La
définition du véritable Djihad est donnée par le Prophète lui-même qui, au
retour d'une bataille, a dit: "Nous sommes revenus de la petite guerre
sainte à la grande guerre sainte", c'est-à-dire, précise-t-il à ses
Compagnons: " la guerre contre l'âme ", tant il est vrai qu'en chaque
croyant sommeille des germes d'infidélité. »
Le Djihad serait donc d’abord un
"effort raisonné" exercé sur soi-même. Le bien et le mal s'opposent
en nous perpétuellement. Il est demandé de combattre les mauvais penchants, de
respecter les prescriptions coraniques pour réaliser, d'une part, son unité
personnelle. Ce n’est qu’en second lieu qu’il sortirait, au sein de la société
un ordre social où règnent la justice et la liberté individuelle et collective.
Cette tâche ne se concrétise que grâce à un effort continuel afin de valoriser
ses connaissances et d'élever le niveau culturel et moral de la communauté
musulmane.
Malheureusement, ce Hadith* ne semble pas authentique. Il
apparaît pour la première fois au XIème siècle, sous l’influence des
courants mystiques. Un musulman fidèle ne peut souscrire à cette conception du
djihad.
2- S’agit-il au contraire
d’une guerre militaire totale, sans limite ni règle autre que le bon
plaisir du Calife, telle que la voient les Wahhabites ? Eux aussi
prétendent s’appuyer sur des textes du Coran. Mais ils se gardent bien de citer
les sourates dans leur ensemble, de les confronter à l’ensemble des textes. Ils
interprètent comme cela les arrange. Ils lisent : «Tuez les polythéistes, partout ou vous les trouverez. », et
oublient les autres passages qui obligent le combattant musulman à l’honneur,
au respect de la vie des civils etc. Ces gens ne méritent pas d’être décrits
davantage. Le sang des enfants égorgés, des jeunes filles musulmanes enlevées
et violées sous prétexte de butin de guerre, crie contre eux. Ils sont le
déshonneur de Dieu. Leur Dieu est le démon. Ils se font juge de la vérité,
prétendent la posséder et exécutent tous ceux qui discutent leur prétention.
3- Le vrai sens du djihad
Pour La Voie du musulman,
L’objectif principal du Djihad est
d’affronter militairement les mécréants et les belligérants. Le sens spirituel
du Djihad n’est pas appliqué à la
guerre contre ses péchés, d’après les paroles même du Prophète. Il utilise
d’autres expressions pour parler de ce combat ascétique. Il en reconnaît le
caractère nécessaire et premier mais ne l’appelle pas djihad.
Le Djihad au sens strict du mot tend à proscrire toute autre adoration
que celle de Dieu, l’unique, à se dresser contre la violence et le mal, à
sauvegarder la vie, les biens et l’équité, à généraliser le bien et à répandre
la vertu. Dieu dit: « Combattez-les
afin que plus aucun croyant ne soit tenté d’abjurer et que le culte tout entier
soit rendu à Dieu.[34]»
Mais cette guerre ne se pratique pas n’importe
comment. Elle est soumise à des règles de droiture et d’honneur car son but
n’est pas le même que celui des combattants arabes préislamiques. Il ne s’agit
pas d’abord de s’enrichir ou de capturer des esclaves. Il s’agit de tout autre
chose. Deux buts sont visés : 1- Proposer
la vérité de la révélation de Muhammad. 2- Répandre et imposer la droiture et la justice morales et civiles dans des
nations soumises à la perversion, à l’injustice, au meurtre. Il s’agit de
guerres de libération vis-à-vis de lois iniques qui bafouent les droits
élémentaires de Dieu et des hommes. Qui peut nier que Muhammad délivra les
nations arabes païennes de leurs coutumes d’immoler les petites filles aux
idoles ? Qui peut nier que les nations africaines, lorsqu’elles furent
délivrées du cannibalisme par le djihad,
furent sauvées et civilisées ?
Le djihad
est soumis à des règles venant de Dieu. En conséquence, en premier lieu, aucune
guerre sainte n’est légitime si elle n’est pas commandée par l’autorité du
calife légitime.
Ensuite, le combat ne se fait pas n’importe comment.
Il ne ressemble en rien aux guerres barbares et sans limites qui caractérisent
la colère humaine. Il est précédé par un avertissement chevaleresque: 1- Avant
l’engagement, il faut convier l’ennemi à la conversion l’islam. Cette première
étape se fait par la discussion, l’exposition de la foi musulmane. 2- S’il
refuse, on lui propose une seconde solution : il lui est possible de se
soumettre aux codes des lois civiles musulmanes et de payer un tribut, sans qu’il ait besoin de devenir musulman.
3- S’il le refuse encore, on recourt alors aux armes. On lui impose par la
force les lois civiles et morales justes, tout en le laissant libre de garder
sa propre conviction religieuse.
Il n’y a pas de pillage individuel dans l’islam. Les
prises de guerre sont certes récupérées sur les champs de bataille mais elles
sont utilisées pour le bien de l’oumma toute
entière. Il ne faut rien soustraire du bien conquis, ni tuer une femme, ni un
enfant, ni un vieillard non impliqués dans la guerre. S’ils y ont participé,
ils auront le même sort que les guerriers (libérés, soumis à l’esclavage ou
exécutés selon les cas). Le Prophète disait aux chefs de ses troupes: « Partez au nom de Dieu, par Sa Puissance
et selon la «Sunna» de Son Prophète. Ne tuez ni vieillards hors d’âge, ni
enfants, ni bébés, ni femmes. Ne fraudez pas sur le butin conquis, rassemblez
le et dirigez vos affaires au mieux. Dieu aime ceux qui s’appliquent à bien
faire. » (Abou Daoud)
On pourrait multiplier les avertissements du
Prophète sur la manière de faire la guerre. Il encourageait la ruse et
l’intelligence au combat mais jamais la trahison. Il ne faut jamais trahir,
disait-il, l’engagement donné par un musulman à un infidèle de sauvegarder sa
vie. Le Prophète dit: « Jamais vous
ne trahissez! » (Moslim) Il dit aussi: « Une enseigne sera érigée le Jour de la Résurrection pour tout traître.
Il sera annoncé «C’est la trahison d ‘un tel, fils d’untel ». (Boukhari & Moslim). Il est interdit
de détruire l’ennemi par le feu. Le Prophète dit: « Si jamais vous trouvez un tel, tuez-le, mais ne le brûlez pas. Le
créateur du feu a seul le droit d’infliger ce supplice ».
(Boukhari) Il ne faut jamais mutiler les morts. Le Prophète, dit Omran Ben
Hoçéine, nous exhortait à faire de l’aumône et nous interdisait la mutilation. (Abou Daoud). Les gens de la foi, dit le
Prophète sont les plus humains quant à la
façon de tuer (Abou Daoud)
Le Prophète avait l’habitude quand il envoyait une
armée en expédition, d’inciter ses hommes à craindre Dieu et disait au
chef: « Quand tu seras en face de ton ennemi polythéiste,
convie-le à accepter une des conditions suivantes et admet celle à laquelle il
se rend: Embrasser l’islam: S’il refuse, invite le à payer un tribut, S’il
persiste à refuser, alors implore Dieu et charge.» (Moslim)
De tout cela, il ressort que le djihad est pour les musulmans une guerre juste. Elle ressemble à
cette sorte de guerre conceptualisée récemment par les occidentaux. Ils
parlaient d’une sorte de devoir moral d’ingérence humanitaire face à des
nations soumises à des lois barbares. Ainsi les Européens s’accordèrent entre
eux en 1998 pour imposer par les armes les droits de l’homme à une nation comme
la Serbie qui massacrait des femmes et des enfants. De même les nations
musulmanes ont le devoir d’imposer, quand il le faut par la guerre, leur règle
juste de droit.
Attention, cette guerre n’oblige pas les peuples
conquis à se soumettre à la foi
musulmane. La foi ne s’impose jamais. Elle est affaire de conscience et de don
de Dieu. Elle les oblige simplement à adopter la règle des lois civiles et morales musulmanes. Il s’agit
essentiellement des sept commandements moraux de Moïse[35]. Cette distinction
entre foi et morale humaine des sept commandements est essentielle pour
comprendre ce que vise le djihad musulman. En soumettant des peuples pervers,
elle leur propose certes d’adhérer à l’islam (donc aux trois commandements
religieux de Moïse[36]). Mais elle ne leur
impose pas. Elle leur interdit par contre, de manière stricte et selon les cas,
les sacrifices humains, le meurtre des enfants, l’avortement, l’euthanasie, les
manipulations du génome humain, bref toutes ces formes d’injustice que les
nations païennes appellent le bien mais dont les victimes sont les plus
innocents des êtres.
La vraie guerre sainte est
donc effectivement militaire. Les musulmans doivent bien l’accepter, sous peine
de changer le Coran et les Hadith*.
Leur enseignement est très net. Les paroles et les actes de Muhammad forment
une vision unifiée du djihad.
Interrogé sur le meilleur des humains, le Prophète dit[37]: « Le meilleur des humains est un croyant
combattant pour la Cause de Dieu, y allant de Sa personne et de ses biens,
ensuite un croyant retiré dans un col de montagne, y adorant Dieu et épargnant
aux gens ses méfaits ». (B & M.) Il dit encore: « Le combattant
pour la Cause de Dieu (et Dieu connaît bien celui qui le fait pour Lui) est comparable à celui qui ne cesse de
jeûner et de prier. Dieu garantit au moudjahidin le Paradis s’il est mort. S’il
revient du Djihad sain et sauf, Il lui accorde butin et récompense.» (Jbnou
Maja). Un homme demanda au Prophète de lui indiquer une oeuvre équivalente
au Djihad. « Je n’en trouve pas », répondit-il,
Puis il ajouta: "Quand le
moudjahidin part en guerre, peux-tu garder la mosquée sans jamais la quitter,
priant et jeûnant sans cesse." Mais
qui peut le faire? répondit l’homme ». (Nassa’i).
« Je jure par Celui qui détient mon âme, dit le Prophète , qu’il
n y a pas de personne qui essuie une blessure pour la Cause de Dieu (et Dieu
connaît bien celui qui se blesse pour Sa Cause) qui ne vienne, le Jour de la Résurrection avec sa blessure ouverte ayant la couleur du sang et la senteur du
musc. » (Moslim)
Dans le Coran*, le Djihad est d’abord une réalité
militaire. Il ne devient que par extension et grâce à l’apport des docteurs
spirituels du IVème siècle de l’islam, cette forme de guerre
spirituelle que désirait le prophète contre le démon et soi-même. Leur théologie
est, pour la plupart des musulmans, très saine et excellente car le djihad militaire ne sera admiré des
peuples que s’il est pratiqué par des hommes justes. Les Européens se
souviennent encore avec admiration du sens de l’honneur, de la miséricorde et
de la piété de Saladin qui, loin d’exécuter les prisonniers croisés, les
rendait souvent sans exiger rançon, en échange de leur promesse de quitter le
pays. Son attitude a fait plus de bien à l’islam et aux croisés eux-mêmes
qu’une intransigeance barbare et inutile. Le djihad vrai n’a jamais été, au grand jamais, cette guerre barbare
des islamistes Wahhabites, ces fléaux de notre siècle.
Nous touchons ici au
cœur du débat en islam. Trois conceptions s’opposent. A cause de la lettre des
textes et de l’absence chez eux d’une autorité dogmatique unique et capable de
s’imposer à tous les musulmans, ce débat ne sera jamais réglé. Les
conséquences, nous le verrons, sont graves à notre époque. Elles opposent
depuis vingt ans, jusqu’au meurtre, les musulmans humbles et respectueux de
leurs chefs aux fanatiques qui les égorgent et les violent en Algérie ou
ailleurs.
Ce qui est certain
pour notre sujet, c’est que l’islam n’est pas, de par sa fondation, une
religion de tolérance pour le péché. Face aux horreurs de la perversion des
mœurs, le Coran parle de la guerre et en fait un devoir. Mais elle n’est pas
une religion du massacre des créatures de Dieu.
Actuellement, l’islam connaît
une puissante phase d’orgueil politique. Ce défaut fut d’ailleurs prophétisé
par les textes bibliques sous l’image d’Ismaël, fils d’Abraham, son archétype
prophétique: une farouche autonomie (il
sera un onagre d’homme!), une agressivité guerrière (il aura un arc[38]),
un sans-gêne (il s’établira à la face de
tous ses frères, c’est-à-dire à la place même des autres religions), une
capacité à exaspérer tous les hommes (sa
main sera contre tous, la main de tous contre lui). Celui qui fréquente
l’islam de l’extérieur se rend compte très vite de la réalité de ces défauts.
Or Ils doivent être purifiés, pour que les membres de la Communauté musulmane
entrent au paradis. Les musulmans le savent. Ils en ont reçu la révélation dans
leurs propres prophéties. Ils doivent subir dans l’avenir une lutte contre
l’Antéchrist et en sortir humiliés. L’islam sera rendu saint par Dieu car
humble et pauvre « Nu il a commencé,
nu il terminera » (Hadith*
du prophète Muhammad).
L’islam aussi doit être conduit à son Heure[39].
Comment se produira la lutte finale qui aboutira à l’humiliation de l’islam?
Avant de se pencher sur l’avenir historique, il est intéressant d’exposer ce
que croient les musulmans eux-mêmes. Explicitement, dans le Coran, le Prophète
Muhammad annonce la venue d’une épreuve finale caractérisée par l’Antéchrist et
sa lutte contre les musulmans. Ces signes mystérieux ont un sens profond que
nous allons essayer de dégager.
Une objection peut sans doute se poser ici. Pourquoi
rapporter et analyser les prophéties de l’islam? Pourquoi leur donner une valeur ?
Il n’y a pas contradiction pour deux raisons. 1- Quelque-soit son origine,
l’islam a visiblement réussi. Il est donc essentiel de connaître l’espoir qui
meut les guerriers musulmans. 2- En second lieu, il est possible de constater
que ce n’est pas la première ni la dernière fois qu’une prophétie à la fois
étonnement proche de la réalité et trompeuse[40]
dans sa lettre peut aboutir à la guerre et parfois à la ruine politique d’une
nation. Quel historien peut nier l’authenticité de l’histoire suivante :
Elle raconte comment Dieu livra un Empire de 20 millions d’âmes… à une armée
composée de 200 guerriers. Ce n’est pas la Bible qui rapporte cette histoire
mais les annales du XVIème siècle. Elles concernent l’empire des
Incas. Les chroniqueurs espagnols, pour expliquer cette victoire inouïe,
rapportent que ce peuple religieux croyait en une prophétie: « Des dieux portant la barbe, montés
sur de grands cerfs viendront de l’Orient et apporteront le salut.» Les
Indiens d’Amérique du Sud sont heureux d’avoir reçu le christianisme. Ils ont
été délivrés à la fois des sacrifices humains et du culte des démons
grimaçants. Mais ils se souviennent de la façon dont Francisco Pissarro,
accompagné de 160 Espagnols, massacra en deux heures, par traîtrise, la
majorité de leur armée le 16 novembre 1532. Le dieu de Pissarro était l’or.
Mais, caché dans ce sillage de sang, le Christ se donna à eux. Si le peuple
inca a obtenu le salut, ce n’est certainement pas au sens terrestre du terme.
Il convient donc de regarder avec le même intérêt les prophéties de l’islam.
Un point important
est ici à souligner. Il s’agit d’une erreur présente dans le Coran dont la
signification est sans doute très profonde. Les Juifs riaient souvent de Muhammad
en lui disant: « Tu te trompes. Le
livre de la Genèse est net sur ce point. Ce n’est pas Ismaël qui faillit être
immolé par Abraham à Yahvé. C’est Isaac. » Alors le Prophète se
mettait en colère. Il disait[41]
qu’Abraham avait des fils, dont le plus connus était Ismaël, "l’égorgé", le fils aîné d’Abraham, qu’il eut de Agar l’égyptienne copte. Muhammad précise: « Qui dit que l’égorgé était Isaac, doit avoir reçu cette
prétention des fils d’Israël, qui ont altéré et faussé la Torah et l’Évangile,
et intentionnellement changé les informations qu’ils possédaient. Car Abraham
avait reçu l’ordre d’égorger son fils aîné. »
Dieu dit: « Nous annonçâmes à Abraham qu’il
aurait un fils d’une grande douceur de caractère. Lorsque son fils fut en âge
de se diriger, Abraham lui dit: "O mon fils, j’ai rêvé que je t’immolais
en sacrifice. Qu’en penses-tu " "O mon père, lui dit son fils,
exécute ce qui t’est ordonné. Je serai courageux s’il plaît à Dieu[42] ».
Il accepta l’ordre donné à son père et lui promit de se résigner. Le couteau
du père allait s’abattre mais Dieu retint son bras. Alors Ismaël fut sauvé. La
descendance d’Abraham ne périt pas. Les musulmans fête depuis ce jour le salut
d’Ismaël dans la grande fête du Sacrifice. Dieu dit: « Mentionne Ismaël dans le Livre. Il respectait la foi jurée. Ce
fut un Prophète. Il recommandait la prière et la charité aux siens. Il était
l’élu de son Seigneur[43]»
En quoi cette erreur
coranique peut-elle avoir une quelconque importance? C’est que dans cette
histoire, rien n’est laissé au hasard. Nous avons affaire à des allégories* que
les musulmans croient inspirées par Dieu. Chaque détail est important car il
signifie quelque chose de l’avenir. Les chrétiens pensent avec les Juifs que
c’est Isaac qui faillit être sacrifié[44]
par Abraham. Au dernier moment, Dieu refusa qu’Abraham aille jusqu’au bout de
son geste. L’enfant fut sauvé et remplacé par un bélier[45].
Ils y voient une allégorie portant sur l’eschatologie*[46].
La conséquence est que les chrétiens croient que, vers la fin du monde, leur
destin ressemblera à celui d’Isaac. Ils subiront de la part d’un Antéchrist un
abaissement et un martyre. La dernière génération sera, à l’image du fils
d’Abraham, humble et soumise. Elle se laissera immoler. Son attitude fera
fondre le cœur de Dieu et, sans tarder, le Christ reviendra dans sa gloire[47].
L’islam a reçu la
même prophétie sous les traits d’Ismaël, son archétype biblique. Ce fait semble indiquer que le destin de
cette religion est identique. Et, effectivement, si l’on se penche sur les
prophéties internes à l’islam, on s’aperçoit qu’elles sont presque identiques à
celles du christianisme[48].
Il s’agit de
prophéties du Messager d’Allah, Muhammad. Il a annoncé des épreuves si
terribles que: "Au début de l’islam,
celui qui contrevient à un dixième des exigences de l’islam est condamné; mais
à la fin du monde, celui qui en accomplira un dixième sera sauvé." La
tradition dit qu’après ces malheurs commencera un âge d’or unique, comme jamais
vu. Le spirituel sera alors aisément accessible, même si, peu d’hommes en
voudront.
Auparavant, les
signes précurseurs décrits par le Prophète doivent se produire: « Au Nom d’Allah, Clément et
Miséricordieux, quand le soleil sera obscurci, et que les étoiles deviendront
ternes, et les montagnes mises en marche, et les chamelles à terme négligées,
et les bêtes farouches rassemblées, et les mers allumées, et les âmes
accouplées, et que l’on demandera à la fillette enterrée vivante pour
quel péché elle a été tuée[49].
Quand les feuilles seront déployées, et le ciel écorché et la fournaise
attisée, et le Paradis rapproché… alors viendra la fin.[50]»
De manière plus
précise, dix signes que le Prophète a évoqué sont relevés dans les Hadith*[51].
Leur ordre est incertain. Leur signification, (littérale ou symbolique de
choses plus profonde), est discutée par les théologiens, avec une passion
exacerbée par les évènements actuels.
1- Un phénomène
sismique en Occident, un autre en Orient, un troisième en Arabie[52].
La terre sera secouée par un grand séisme, le ciel se fendra, les planètes se
disperseront, les mers seront projetées, les sépulcres bouleversés, les
montagnes voleront comme des flocons de laine cardée.
2- L’apparition de
la fumée qui restera 40 jours sur terre[53].
Les tremblements de terre augmenteront, notamment en Arabie. Les musulmans
pensent voir en premier la fumée évoquée dans les Hadith*. Le Coran en parle (sourate 44, La Fumée) et raconte
comment elle va s’étendre sur Terre. Selon certains exégèses dont Abi Massoud,
ce serait un temps terrible de faim, de misère semblable à ce qui est arrivé à
la tribu de Quoraïch au temps de Muhammad. Ils y voient les souffrances
matérielles actuelles des nations musulmanes, causées selon eux par le pillage
et la domination économique des nations chrétiennes. D’autres savants comme
l’imam Al Qortobi, pensent, puisque le Prophète l’a dit, que cette fumée sera
une preuve de l’Enfer. "Il s’est
ensuite adressé au ciel qui était alors fumée et lui dit, ainsi qu’à la terre:
"Venez tous deux, bon gré, mal gré". Tous deux dirent: "Nous
venons obéissants".
3- La venue du Mahdi, le dernier grand imam (Docteur et chef politique) de
l’islam. Vers la fin du
monde, des signes et des craintes frapperont la terre d’islam: mauvais
présages, inquiétude, changement dans la société, catastrophes naturelles[54].
Mais avant les événements finaux, Dieu envoiera un grand
imam dont la mission consistera à préparer le peuple musulman à l’épreuve. Au sens étymologique,
le Mahdi signifie « celui qui
est bien guidé ». Le mot dérive d'un verbe "Hada" qui signifie guider. Le prophète Muhammad s'est servi de
ce mot dans son sens littéral quand il dit: "je
vous recommande ma tradition et la tradition de mes califes orthodoxes et bien
guidés après moi."
En pratique, dans le
vocabulaire religieux, le Mahdi
désigne «un homme de la famille du Prophète[55]
qui viendra à la fin des temps, remplira la terre de justice et d’équité après
qu’elle eût été remplie d’injustice et d’iniquité.» Bismilahi Rahmani Rahimi parle du Mahdi comme d’un messager puissant de
l’islam qui précèdera les évènements de la fin du monde et la venue de
l’Antéchrist. Ce sera un imam puissant, riche en enseignement. Il raffermira la
communauté musulmane dans sa foi. Rahimi ajoute: Nous savons à travers un
Hadith* de Al Boukhari rapporté par
Abou Ourayra[56] que
le prophète disait: "comment vous
comporterez vous lorsque le fils de Marie descendra parmi vous et que votre
imam sera parmi vous?" D'autre part Ibn Majjah et Al Karim rapportent
que le prophète Muhammad avait dit: "Lorsque
vous entendez son appel, allez vers lui, prêtez-lui serment même si vous deviez
ramper sur les glaciers car il est en vérité le Calife* de Dieu".
La détermination du
mot Mahdi par l’article défini montre
clairement qu’il s’agit d’une personne vivante et non d’un signe ou d’une
réforme. Elle montre également que le Mahdi
symbolise le bien comme Dajjal*
symbolise le mal.
Pour les musulmans,
ces deux Hadith* sont une promesse.
Ils affirment explicitement la future venue sur terre du Mahdi et de Issa ibn Maryama* (Jésus fils de Marie), le Messie. Ils
sont loin d’être une mythologie encore moins une hérésie. Ils doivent être
connus de toute la communauté islamique. Il s’agit en effet du Mahdi, le saint Maître et de son
co-missionnaire le Messie Jésus-Christ.
Il est certain que
beaucoup de personnes ont déclaré être le Mahdi
tant attendu par la Communauté islamique[57].
Notre époque est marquée par le relâchement et l’éclipse des Sciences
Religieuses. En conséquence, il nous sera difficile de reconnaître le vrai Mahdi du faux. Cependant on peut se
référer pour le reconnaître à la présence à ses côtés de Issa ibn Maryama*.
Ceci signifie-t-il que Jésus sera présent durant son appel?
4- La venue de Dajjal* : L’Antéchrist avait
été plusieurs fois annoncé explicitement par le Prophète. Il s’en préservait
par un signe quand il en parlait. Il disait: «Il se comparera à Dieu. Dans son mensonge, il prétendra être Dieu.»
Un Hadith*, rapporté par de nombreux
traditionalistes, nous informe que, avant la grande bataille de Gog et Magog*
et le retour de Jésus, viendra le Dajjal,
l’Antéchrist. Après la prière du Sobh,
le Prophète a mis en garde son peuple contre la discorde du Dajjal. Il ne cessa d’en parler jusqu’à
ce que ses compagnons crurent qu’il était présent. « S’il vient et que je suis là, dit-il, je vous défendrai. »
Le Dajjal sera d’origine juive. Il sera
jeune et naîtra après une période de 30 ans durant laquelle ses parents
n’auront pas eu d’enfants. Son œil droit sera éteint! Il sera borgne. Il sera à
l’image de Abd Al Ozza Ibnou Ouatane, un grand ennemi de l’islam.
Abou-Idrîs-El-Khaulâni rapporte la réponse suivante faite par le prophète:
« O Envoyé de Dieu... Dieu nous a
apporté les bienfaits de l'islam. Après ce bien, le mal viendra-t-il de nouveau?
Oui, répondit-il... - Qu'est-ce qui produira ces troubles? Demandai-je. - Ce
sont des gens qui suivront une autre voie que la mienne... il y aura aux portes
de l'enfer des gens qui appelleront à eux les hommes, et qui précipiteront dans
l'enfer ceux qui répondront à leur appel. - O Envoyé de Dieu, lui dis-je,
dépeins-nous ces gens-là. - Ils seront, répondit-il, de notre race et parleront
notre langue... Lorsqu’il n’y aura plus ni assemblée, ni imam, restez à l'écart
de tous les partis...[58]».
Anas-ben-Mâlik
rapporte que le Prophète a dit: "l'Antéchrist
viendra et ira dans le voisinage de Médine*. La ville éprouvera trois secousses
et, après cela, les infidèles et les hypocrites iront trouver
l'Antéchrist." Hadith* 92,
26 (Point 2). Il viendra de la région du Khorassan, en Asie, et 70000 juifs
armés le suivront. Les diables que le Prophète Soulaïman a enchaînés dans les
mers le suivront. Il attirera beaucoup de monde à lui car il donnera à boire et
à manger. Les musulmans seront tentés de le suivre et d’Apostasier
leur foi. Mais, selon le Prophète, les musulmans fidèles mangeront (seront
nourri) par le dikrh, le Rappel
d’Allah, la prière récitée cinq fois par jour. (Soubhannallah! Hamdoulillah! Allahouakbar!).
L’éminent Cheikh Al
Qardaoui pense que nous sommes en période de Dajjal, car l’être humain ne regarde plus que d’un œil. C’est la
vision matérialiste du monde. Il serait déjà né.
«Combien de temps restera-t-il?", demandèrent
les compagnons du Messager d’Allah. "Il restera quarante (jours?), dont le
jour sera long comme une année", et votre communauté connaîtra la
discorde.» Un Hadith* affirme: "Il n’y aura pas plus grande discorde
chez les fils d’Adam que celle du Dajjal." "Comment se
déplacera-t-il? Il sera aussi rapide que les vents."
Depuis que la lutte
entre Israël aidé de ses alliés américains et les Palestiniens s’est exacerbée,
les prophéties sur la venue de l’Antéchrist Juif sont fiévreusement commentées
dans les écoles coraniques. L’influence et la séduction du mode de vie
matérialiste de l’Occident sur les jeunes inquiète. « Il attirera beaucoup de monde à lui car il donnera à boire et à
manger. Les musulmans seront tentés de le suivre et d’Apostasier
leur foi. » La nouvelle Intifada augmente cette inquiétude, ainsi que
les attentats islamistes. La multiplication de la réalisation des signes
annoncés, ne serait-elle pas la preuve que la grande lutte de Gog et
Magog* commence?
5- La sortie de la
Bête qui écrira "croyant" entre les yeux des croyants et
"infidèle" entre les yeux des infidèles[59].
C’est une bête de taille gigantesque, ayant une ressemblance avec beaucoup
d’animaux, douée de parole, qui surgira de la terre et s’adressera aux gens
pour les blâmer d’être mécréants. Pour les musulmans, il semble qu’ils
prendront cette bête comme bienfaisante. Pour les chrétiens, elle est décrite
non comme une bête réelle mais comme l’image d’une monstrueuse idéologie, d’une
tyrannie politique. Celui qui sera croyant sera marqué au front et ne pourra
plus acheter ni vendre librement[60].
« Je vis ensuite surgir de la terre
une autre Bête; elle avait deux cornes comme un agneau, mais parlait comme un
dragon. Au service de la première Bête, elle en établit partout le pouvoir,
amenant la terre et ses habitants à adorer cette première Bête dont la plaie
mortelle fut guérie. Elle accomplit des prodiges étonnants: jusqu'à faire
descendre, aux yeux de tous, le feu du ciel sur la terre; et, par les prodiges
qu'il lui a été donné d'accomplir au service de la Bête, elle fourvoie les
habitants de la terre, leur disant de dresser une image en l'honneur de cette
Bête qui, frappée du glaive, a repris vie. On lui donna même d'animer l'image
de la Bête pour la faire parler, et de faire en sorte que fussent mis à mort
tous ceux qui n'adoreraient pas l'image de la Bête. Par ses manœuvres, tous,
petits et grands, riches ou pauvres, libres et esclaves, se feront marquer sur
la main droite ou sur le front, et nul ne pourra rien acheter ni vendre s'il
n'est marqué au nom de la Bête ou au chiffre de son nom. C'est ici qu'il faut
de la finesse! Que l'homme doué d'esprit calcule le chiffre de la Bête, c'est
un chiffre d'homme: son chiffre, c'est 666. »
6- L’explosion de
Gog et Magog*. Il s’agit de la grande guerre de la fin du monde,
prophétisée par Ezéchiel. Le monde entier, accompagné des démons, se liguera
contre le peuple musulman, mené par l’Antéchrist qui sera, d’après Muhammad, un
Juif, un fils d’Israël. Le passage coranique parlant de la guerre se réfère à un
épisode biblique, lié à une prophétie d’Ézéchiel[61].
L’Apocalypse 20, 7-9 en fait le symbole de la guerre finale: « Les mille ans écoulés, Satan, relâché
de sa prison, s'en ira séduire les nations des quatre coins de la terre, Gog et
Magog, et les rassembler pour la guerre, aussi nombreux que le sable de la mer;
ils montèrent sur toute l'étendue du pays, puis ils investirent le camp des
saints, la Cité bien-aimée. Mais un feu descendit du ciel et les dévora.
Elle sèmera le
désordre sur Terre. Selon certains théologiens musulmans, dont Acha’Raoui, ce
malheur viendra d’une communauté de malfaisants. Certains musulmans y voient
l’Occident matérialiste et dominateur. Sa puissance est inouïe. Il répand le
cancer de ses idées jusqu’au cœur des foyers croyants par la télévision.
« ils montèrent sur toute l'étendue du pays,
puis ils investirent le camp des saints »: A la lecture de ces
prophéties, on comprend la grande colère et la révolte eschatologique de
musulmans arabes fervents comme Oussama Bin Laden. Quand ils virent, pendant la
guerre du golfe de 1991, les armées Occidentales s’installer en Arabie Saoudite
à la demande du roi lui-même, ils comprirent que l’heure de la guerre totale
était arrivée. Ils y virent la réalisation du signe des temps. Ils déclarèrent une
guerre sans merci à la royauté arabe saoudienne: « Malheur aux arabes!» Ils crurent que, puisque les textes le
disaient, la victoire sur l’occident sortirait de ce blasphème, une victoire
totale [62]: « Et toi, fils d'homme, prophétise
contre Gog. Tu diras: Ainsi parle le Seigneur Yahvé. Je me déclare contre toi,
Gog, prince, chef de Méshek et de Tubal. Je te ferai faire demi-tour, je te
conduirai, je te ferai monter de l'extrême nord et je t'amènerai contre les
montagnes saintes de mon peuple. Je briserai ton arc dans ta main gauche et je
ferai tomber tes flèches de ta main droite. Tu tomberas sur les montagnes
d'Israël, toi, toutes tes troupes et les peuples qui sont avec toi. Je te donne
en pâture aux oiseaux de proie de toute espèce et aux bêtes sauvages: Tu
tomberas en plein champ, car moi, j'ai parlé, oracle du Seigneur. »
Telle est l’origine des tentatives islamistes. Voilà pourquoi aussi, ils
essayèrent, pour contrebalancer l’influence Occidentale, d’interdir la
télévision. Ils tuèrent ceux qui gardaient des postes chez eux.
7- Le soleil se
levant à l’Ouest[63].
"Le jour où Nous plierons le ciel
comme on plie le rouleau des livres." Cette prophétie signifie
probablement que, lors de ces évènements, la puissance mondiale appartiendra, à
tous les plans, à l’Occident
8- Un feu naissant
à Aden (au Yémen), qui chassera les habitants puis la destruction de la Kaaba* par les Abyssins. D’autres musulmans lisent toute
autre chose sous ces prophéties. Ils ont du mal à considérer l’interprétation
des islamistes comme vraie, tant paraît au grand jour la perversité et la
violence de leurs mœurs. Ils se souviennent alors d’une autre prophétie du
prophète. Bismilahi Rahmani Rahimi l’explique: « Retenez
chères sœurs et frères, que quatre femmes qui fréquentaient le Messager d’Allah
nous rapportent qu’il a dit: "Malheur
aux arabes[64]!" Les
compagnons questionnèrent alors: "Dieu
nous détruira-t-il, alors que parmi nous il y aura des bienfaisants?" -
Oui, c’est parce qu’en vous se multiplieront les péchés (fornication et autres)"»
Et Allah est le plus savant. Il y a ici en effet pour l’islam un grand mystère[65].
Qui sont ces Arabes pervers? Est-ce la royauté Wahhabite* qui fit entrer
l’Armée U.S. sur la Terre Sainte en 1991? Est-ce au contraire les Arabes islamistes tel Bin Laden,
eux qui tuent des innocents et écrasent leurs femmes sous un joug mortel?
L’hésitation est d’autant plus compréhensible si l’on suit
le reste des prophéties de Muhammad: La destruction des lieux saints, de la
Kaaba*, de Médine*, est annoncée. C’est donc l’inverse d’une victoire :
une grande catastrophe semble annoncée pour l’islam.
9- L’apostasie*:
le Coran* sera enlevé des lèvres et des cœurs, l’incroyance deviendra générale.
Plus grave encore, c’est
l’Oumma*, "l’Église
de l’islam",
qui subira l’épreuve d’une apostasie généralisée. Le vice se répandra partout.
Certains signes annoncés le prouvent parmi lesquels on trouve
« la perte des objets confiés en
dépôt, la rivalité dans la direction des mosquées, la multiplication des
constructions plus hautes les unes que les autres (signe d’orgueil), la
fréquence de la fornication, la consommation de l’alcool, prendre des filles
comme chanteuses et danseuses dans les réunions et les fêtes, le bâtard qui
devient maître et gouverneur, accorder des responsabilités à ceux qui ne le
méritent pas, la multiplication des nouveautés blâmables, le manque de pudeur
des femmes qui découvrent les parties intimes de leur corps, le juge qui
n’applique pas la justice, la rareté des savants qui dénoncent les nouveautés
blâmables, la décadence morale et d’autres actes illicites encore. »
Un Hadith* de
Muslim rapporte que malgré ces épreuves, il subsistera toujours, jusqu’à la
fin du monde un petit reste de croyants. Ils seront de fidèles musulmans comme
au temps béni de Médine*. « Il y aura
toujours une partie de ma communauté qui combattra ouvertement dans la voie de
la vérité jusqu’à la fin des temps. Issa le fils Maryama (Jésus) descendra et
le Commandeur de ses croyants lui dira: vient diriger notre prière et Issa
répondra: non continue à diriger la prière car vous êtes de la communauté de
Muhammad chacun peut présider la prière de l’autre. »
Ce sera une épreuve
terrible. La foi de nombreux musulmans sera tellement éprouvée par cette
soudaine perte qu’ils ne comprendront plus. Comment faire correspondre ces
prophéties de pauvreté avec les conceptions de gloire politique des Wahhabites*
et de Bin Laden?
Une dernière
prophétie, tirée des Hadith*, est
importante à citer. Elle semble donner la clef des autres: “L’islam a commencé étranger et finira
étranger.” Le sens en paraît évident: il s’agit de l’annonce explicite
d’une diminution de puissance, d’un cheminement de la religion islamique vers
la pauvreté, la petitesse et la faiblesse. Cette prophétie ressemble fort à
celle qui s’applique au christianisme.
10- La descente de
Issa (Jésus, fils de Marie), que la Paix d’Allah soit sur lui. D'après
Abou-Horaïra, le Prophète a dit: "l'heure
dernière ne viendra pas tant que le fils de Marie ne sera pas descendu parmi
vous en qualité d'arbitre équitable. Il brisera la croix, il mettra à mort le
porc, il supprimera le tribut. Alors l'argent sera si abondant que personne ne
voudra plus l'accepter". Hadith*.
« Ainsi est
annoncé explicitement le retour de Issa- Jésus, fils de Marie, (que la Paix
d’Allah soient sur eux). A cette époque, tous les êtres humains seront croyants
et une prosternation vaudra mieux que le monde et ce qu’il contient. Issa
(Jésus), apparaîtra au minaret blanc de la Mosquée de Omeyyades à Damas, et
tuera Dajjal*, l’Antéchrist, près de Ramallah, aujourd’hui, en Palestine. Les
négateurs qui sentiront l’odeur de Jésus mourront. »
Son
apparition ne sera pas une vague grâce spirituelle mais une apparition réelle
et visible. Il se montrera d’un seul coup aux yeux de chair, exactement de la
même façon que le voient ceux qui meurent de nos jours. Il s’agit du même
mystère que celui que décrivent les musulmans en racontant la mort individuelle
de chacun[66]. Le
Christ ne viendra pas seul mais sera accompagné du Ciel entier, des milliers
d’anges sous apparence visible pour ce jour, des saints musulmans du passé et
de tous les pays, enveloppés de lumière. Tous auront revêtu pour ce jour, une
apparence corporelle qui dévoilera leur âme. En tête, Maryama, la mère de Jésus
sera présente dans son corps physique glorifié. Elle apparaîtra simple. « Notre prophète
Muhammad (Salut et Bénédiction sur lui) sera présent ». Chacun verra le
Ciel lui apparaître comme s’il était seul au monde. “Comme l’éclair, en effet, part du levant et brille jusqu’au couchant,
ainsi en sera-t-il de l’avènement du fils de Marie”. Chacun aura son
apparition personnelle et, en même temps, chacun verra qu’il n’est pas le seul.
Chaque homme réagira devant la Révélation de cette gloire selon les
dispositions de son cœur.
Jésus
ne reviendra pas en tant que Prophète, car après Muhammad, il ne peut y avoir
de prophète. Il n’annoncera rien de nouveau mais viendra rétablir l’islam, la
religion d’Abraham. Il sera l’un des sages de la communauté, mais il ne sera
pas imam. Il prêchera l’islam aux chrétiens qui l’écouteront. Il confessera
qu’il n’est pas Dieu. Il confirmera qu’il est le Messie. Il interdira le porc,
il balayera le mythe de la croix. Il pratiquera l’islam, qui sera dernière
religion à subsister, pour l’éternité. Ceux qui auront su rester fidèles dans
l’épreuve de l’Antéchrist seront bénis. A
genoux, c’est-à-dire repentants, les peuples jusque là soumis à
l’Antéchrist pleureront en disant: “Nous
ne savions pas que tu existais. Nous croyions, on nous l’avait dit, que tu
n’étais qu’un mauvais esprit, un dieu jaloux de son pouvoir. Pardon pour nos
péchés. Fais de nous ce qu’il te plaira.” Mais, dans l’apparition de Jésus,
ils ne discerneront ni jugement ni condamnation, du moins pour ceux qui se
seront repentis.
Alors
le petit reste des musulmans restés fidèles comprendra la raison des terribles
épreuves de leur histoire. Dieu les avait préparés au paradis par la famine
ressentie sur la terre. Les Juifs, face à la constatation des faits diront:
« Jésus, Messie, gloire à toi au
plus haut des cieux!» Ils réaliseront ce jour-là la prophétie de Jésus: «Vous ne me verrez plus jusqu’à ce que vous
disiez: Béni soit celui qui vient au nom du Seigneur![67] »
En
un instant, en raison de la simple apparition du Christ et de son cœur, les
constructions de l’Antéchrist n’auront plus de sens. C’en sera fini du monde
créé par lui. L’adoration du dieu arrogant et présomptueux paraîtra vaine à
tous les cœurs justes. Chacun voudra adorer le vrai Dieu, Allah et les portes
du Jardin éternel du paradis s’ouvriront.
Ces
prophéties annoncent visiblement une fin douloureuse de l’islam, puis une
victoire définitive sur les forces du mal, grâce à la sainteté des cœurs et par
le retour du Christ. Pour les musulmans sunnites*
spirituels, elles peuvent être résumées de la manière suivante: « Vers la
fin du monde, un grand imam (Mahdi*)
sera envoyé à la communauté musulmane pour la préparer spirituellement à
l’épreuve. Vers la même époque, l’Antéchrist (Dajjal) apparaîtra dans le monde. Il provoquera une grande guerre (Gog et Magog*) contre l’islam. Les
Arabes auront eu, à cause de leur perversité, un rôle mauvais dans cette guerre
(Voir la prophétie de Muhammad
« Malheur aux Arabes! »). Le royaume de l’Antéchrist uni aux
juifs s’en prendra à la sainte nation musulmane, d’abord au Yémen puis en
Arabie. Les lieux saints et la Kaaba* seront détruits. Les masses musulmanes se
mettront à Apostasier. Le vice se répandra partout. Mais, purifiés par ces
épreuves, jamais le petit reste des musulmans n’aura été aussi humble et saint.
Jésus, le Messie de Dieu, reviendra alors et détruira le royaume de
l’Antéchrist »
A notre époque, depuis les années 1980, une partie
de l’islam est tenté par le fanatisme[68].
La particularité de ce phénomène est qu’il touche, et cela de plus en plus, le
monde entier. Toute une jeunesse musulmane croit servir Dieu en entraînant le
maximum de gens dans un désir de revanche, dans une guerre "sainte"
et sans pitié contre tout ce qui n’est pas cette forme exaltée et politique de
la religion. Un mauvais esprit de haine et de vengeance semble avoir envahi l’Oumma* et ce pas seulement au plan
religieux. L’islam est blessé dans son orgueil politique et cherche revanche.
L’Occident l’a colonisé pendant deux siècles. La science des pays chrétiens et
la puissance financière qui en sort sont une constante provocation à l’islam
réduit au sous-développement. La perte de la Palestine, terre considérée comme
à jamais musulmane, ne passe pas. Tout cela exacerbe la haine, de manière
finalement assez semblable à celle de la jeunesse allemande de 1933.
La partie visible et remuante de l’islam veut la
guerre. Incapable de s’armer, elle médite des plans d’attentats. Nourris des
prophéties du Coran que nous venons de citer, mais présentées de manière
digérée et transformée par de faux imams belliqueux, le rêve de milliers de
jeunes consiste à mourir en martyr en tuant des Juifs ou des occidentaux. Dans
certains pays, on s’attaque aux chrétiens, aux juifs aux musulmans modérés. On
tue, au hasard d’une rencontre en confessant le nom d’Allah. Le sang est
désiré. Des rêves d’attentats nucléaires hantent les nuits fiévreuses des
fanatiques.
Si la violence éclate, elle produira un grand
malheur pour le monde entier, non seulement pour les Occidentaux, juifs et
chrétiens, mais surtout pour les musulmans eux-mêmes. Dans cette hypothèse, la
partie combattante de l’islam risque bien de périr écrasée par la guerre
qu’elle aura elle-même voulue[69].
Concrètement, trois points chauds principaux marquent ce début de siècle. 1- Le
Pakistan et l’Inde, non seulement parce que les revendications territoriales
liées au Cachemire concernent prêt d’un milliard et demi d’humains mais aussi
parce que l’arme nucléaire est possédée par ces deux nations. Le Pakistan est
l’un des pays les plus dangereux. L’orgueil islamiste Wahhabite* est doublé
chez lui d’une haine nationale et religieuse des Hindouistes
"polythéistes". Ce pays s’est comporté de la manière la plus
hypocrite imaginable puisque, tout en étant un allié fiable de l’Occident, il a
rémunéré les pires ennemis islamistes de l’Occident. 2- Israël et les nations
arabes[70],
avec au centre de la haine, "Jérusalem". 3- L’Arabie Saoudite enfin,
siège à la fois des lieux saints musulmans et de l’internationale terroriste[71].
Il est probable que les tensions iront en augmentant. Dans ce crescendo, il faut espérer que l’arme
atomique ne sera pas utilisée. Car ici se trouve le risque principal pour le
XXIème siècle: celui de la prolifération atomique dans les mains de
fous de Dieu suicidaires. La moindre utilisation de ces armes par n’importe
quel gouvernement ou groupe terroriste islamique marquera un nouveau changement
radical du monde. Il y aura d’abord une réplique militaire implacable des
U.S.A., puis, au plan politique, la fin du système mondial organisé sous forme
de nation, le début du gouvernement mondial, « afin que de telles horreurs soient désormais impossibles.» La
victoire du monde coalisé ne fait pas de doute, mais à quel prix? Lorsque la
guerre sera gagnée, il est probable que naîtra une nouvelle génération qui,
devenue adulte 20 ans plus tard, rejettera dans un nouveau mai 68, sans
discernement, les religions et tout ce qui en porte le nom: Dieu. C’est une
étape nouvelle mais essentielle dans la réalisation des prophéties.
La guerre de l’islam semble de plus en plus
envisageable. En 20 ans, la jeunesse musulmane a changé si vite qu’on en est
effrayé. Actuellement, dans les écoles coraniques d’une partie du monde
musulman, on apprend par cœur le Coran et on explique aux enfants, filles et
garçons, que le but de la vie consiste à mourir martyr en tuant. C’est pour
cette raison que cette guerre n’est pas terminée mais concerne notre avenir,
partout dans le monde. C’est la guerre de l’islam.
Sur le mémorial des
martyrs de la résistance contre le nazisme, à Lyon, une épitaphe proclame: « L’homme qui ne se souvient pas de
l’histoire se condamne à la revivre. » Depuis la seconde guerre
mondiale, afin de ne plus jamais voir une telle horreur, l’Europe fait une
hypermnésie du nazisme et de l’antiracisme. Si les hommes pouvaient se souvenir
de toute l’histoire, cette phrase
prendrait sens. En effet, une guerre s’est jadis produite dont on ne peut
manquer de remarquer qu’elle ressemble fort à celle-ci. On ne s’en souvient
plus. Il semble qu’elle va recommencer.
Flavius Josèphe était
général de l’armée juive au cours de la guerre terrible qui commença en 66
après Jésus Christ et aboutit à la ruine totale de la nation juive. Elle se
termina en l’an 70. Le général romain Titus prit Jérusalem. Le siège eut lieu
juste avant la pâque et les Juifs s’étaient rassemblés en grand nombre à
Jérusalem. Devenu historien, Flavius Josèphe raconte: 1 100 000 Juifs furent
exterminés et 100 000 prisonniers furent déportés en esclavage. Un tiers,
exactement un tiers des Juifs présents dans le monde entier à cette époque
périt durant le conflit. Ce fut la plus terrible bataille de l’Antiquité. Vingt
ans plus tard, encore bouleversé par ces événements qui avaient frappé son
peuple, saint Jean écrivait[72]:
« On relâcha les quatre Anges qui se
tenaient prêts pour l'heure et le jour et le mois et l'année, afin d'exterminer
le tiers des hommes. Leur armée comptait 200.000.000 (sic) de cavaliers: on
m'en précisa le nombre. Tels m'apparurent en vision les chevaux et leurs
cavaliers: ceux-ci portent des cuirasses de feu, d'hyacinthe et de soufre;
quant aux chevaux, leur tête est comme celle du lion, et leur bouche crache feu
et fumée et soufre. Alors le tiers des hommes fut exterminé par ces trois
fléaux: le feu, la fumée et le soufre vomis de la bouche des chevaux. Car la
puissance des chevaux réside en leur bouche; elle réside aussi dans leur queue:
ces queues, en effet, ainsi que des serpents, sont munies de têtes dont elles
se servent pour nuire. »
Après sa capture par
les Romains, Flavius Josèphe fut laissé en vie. Il mit plus tard par écrit ses
souvenirs, avec la précision d’un témoin de l’intérieur. Son livre s’intitule La
guerre des Juifs.
Le premier intérêt de
son ouvrage est qu’en le lisant, hormis les armes utilisées, on se croirait au
XXIème siècle. Rien ne semble avoir changé. Les acteurs de notre
histoire actuelle sont présents. Les mentalités sont semblables jusque dans
certains détails troublants. En s’appuyant sur une telle analogie, il est même
possible de se faire une idée de ce que pourrait être le scénario du futur si
on n’y prend pas garde. Cette fois, les deux acteurs principaux ne seront plus
Rome et le Peuple juif mais l’Occident et l’islam.
J’ai divisé ce
scénario en quatre étapes: 1- Les causes: une prophétie mal comprise et un orgueil
politique aveuglant; 2- La volonté de déclencher par tous les moyens une guerre
eschatologique contre l’Empire occidental; 3- La guerre elle-même, poussée par
quelques fanatiques jusqu’au suicide et à la l’autodestruction de tout l’islam;
4- Les conséquences à long terme: l’apostasie* des masses musulmanes. A chaque
étape, j’ai rappelé les prophéties de Muhammad afin que le rapport puisse être
facilité.
L’ouvrage de Flavius
Josèphe présente un second intérêt. Il vient du fait que Josèphe était prophète. Il semble qu’il ait été le
dernier détenteur du don juif de la prophétie, non seulement parce qu’il
annonçait l’avenir mais parce qu’il en expliquait le sens divin. A propos de
son don de prophétie, Josèphe se raconte lui-même. (Il utilise la troisième
personne du singulier)[73]:
« Après que Josèphe ait été capturé,
le général Vespasien commanda de le garder très soigneusement, parce qu’il
voulait l’envoyer à Néron. Josèphe l’ayant su lui fit dire qu’il avait quelque
chose à lui déclarer. Vespasien lui donna audience en présence de son fils
Titus et de deux de ses amis. "Vous croyez sans doute, Seigneur, avoir
seulement entre vos mains Josèphe prisonnier. Mais je viens par l’ordre de Dieu
vous donner avis d’une chose qui vous est infiniment plus importante. Vous
voulez m’envoyer à Néron. Et pourquoi m’y envoyer? C’est vous seul que je dois
regarder comme empereur, et Titus après vous, parce que vous monterez tous deux
sur le trône. Faites-moi donc garder tant qu’il vous plaira, mais comme votre
prisonnier, et non pas comme celui d’un autre, puisque vous serez bientôt
maître de toute la terre." Vespasien crut que Josèphe ne lui parlait de la
sorte que pour l’obliger à lui être favorable. L’un des deux amis demanda à
Josèphe de prouver que ces prédictions n’étaient pas des rêveries. Il lui
demanda s’il avait prévu la ruine de Jotapat et sa capture. Josèphe répondit
qu’il avait prédit à ceux de Jotapat que leur ville serait prise après une
résistance de quarante-sept jours, et que lui-même tomberait vivant entre les
mains des Romains. Vespasien fit vérifier secrètement auprès des autres
prisonniers si cela s’était passé de la sorte. Il trouva que c’était vrai.»
Il convient donc
d’étudier avec soin son ouvrage. Il constitue peut-être une allégorie*, à
l’échelle d’un peuple de trois millions de membres, de ce que pourraient vivre
l’islam de plus d’un milliard d’humains et l’Occident dans les années à venir.
Après
la fondation par l’Ayatollah Khomeini de la première République islamique, le
rêve de la conquête s’est réveillé. Les années qui précédèrent la Guerre des
Juifs contre les Romains, ressemblent aux nôtres depuis 1979. L’origine de
cette guerre qui aboutit à la fin d’Israël se trouve dans l’existence de
prophéties mal comprises. Un phénomène semblable vient de se produire dans
l’islam. Une secte musulmane, appelée Wahhabite* et dont le siège est
l’Arabie reproduit l’erreur des Juifs en l’appliquant aux prophéties reçues de
Muhammad.
Rappelons
les évènements du premier siècle de l’ère chrétienne. Flavius Josèphe écrit[74] :
« Si l’on veut considérer tout ce que je vais dire, on verra que les
hommes ne périssent que par leur faute, puisqu’il n’y a pas de moyens dont Dieu
ne se serve pour leur salut et pour leur faire connaître ce qu’ils doivent
faire. Ainsi les Juifs : Ce qui les porta principalement à s’engager dans
cette malheureuse guerre fut l’ambiguïté d’un passage de l’Écriture, qui disait
que l’on verrait en ce temps-là un homme de leur contrée commander à toute la
terre. Ils l’interprétèrent en leur faveur, et plusieurs même des plus habiles
y furent trompés; car cet oracle marquait quelqu’un d’autre, qui fut créé
empereur lorsqu’il était dans la Judée[75].
Mais ils expliquaient toutes ces prédictions à leur fantaisie, et ne connurent
leur erreur que lorsqu’ils en furent convaincus par leur entière ruine. »
Les Juifs avaient en
effet reçu en effet dans la Bible des prophéties concernant la venue du Messie.
Mais elles pouvaient signifier deux choses: Le Messie pouvait être soit un
militaire puissant qui imposerait sa loi au monde entier: « En ce jour-là, Israël triomphera. Les rois des nations serviront Israël! Elles lui
apporteront leurs richesses. La nation et le royaume qui ne te serviront pas
périra. Les richesses du Liban viendront chez toi. Ils s'approcheront de toi,
humblement, les fils de tes oppresseurs, ils se prosterneront à tes pieds, tous
ceux qui te méprisaient. »
D’autres Juifs pensaient
que le Messie serait un homme humble et pauvre qui prendrait sur lui les péchés
du monde entier pour ouvrir aux hommes le paradis de Dieu[76]:
«Sur lui reposera l'Esprit de Yahvé. Son
inspiration est dans la crainte de Yahvé. Il jugera mais non sur l'apparence.
Il se prononcera mais non sur le ouï-dire. Il jugera les faibles avec justice,
il rendra une sentence équitable pour les humbles du pays.»
Les débats faisaient
rage entre ces deux écoles. Ils étaient violents. Les fondamentalistes de
l’époque étaient appelés zélotes*. Ils croyaient au Messie militaire et
tuaient souvent les Juifs spirituels, les pauvres de Yahvé appelés couramment anawims. Une jeune femme appelée Marie
en avait jadis fait partie à Nazareth.
Or,
l’histoire l’a montré plus tard, ce sont les Juifs spirituels qui avaient
raison. Pourtant, Dieu laissa agir les zélotes. Flavius Josèphe donne une
explication théologique de cette folie des fanatiques. Ils furent aveuglés par un esprit venant de Dieu, dit-il, ils
crurent en une série de prophéties messianiques ambiguës[77].
Dieu voulut cet aveuglement, afin de les humilier puis de les sauver dans la
vie éternelle.
De même, selon la
secte Wahhabite*, il n’y a rien de mystique dans les annonces de Muhammad. Rien
n’est lié au développement futur de l’humilité de l’islam. Au contraire, il
s’agit pour eux de l’annonce explicite de plusieurs évènements politiques
glorieux pour l’islam. Ils ne gardent qu’une interprétation militaire et dure « qui les arrange.» Pour eux, les
évènements se produiront en cinq étapes, qui se retrouvent effectivement dans
les prophéties de Muhammad[78].
1- Ils commenceront par un signe :
l’invasion de la terre Sainte d’Arabie par des armées infidèles. Ce sera la
marque du début de la grande guerre de l’islam. Curieusement, l’histoire
semble leur avoir donné raison depuis la guerre du Golfe (1991) « où la monarchie d’Arabie Saoudite,
dans sa perversité (sic), permit elle-même l’entrée des armées U.S. impie sur
la Terre Sainte.»[79]
2- Cette armée impie
aura un lien avec Israël et l’Antéchrist sera présent avec eux. « L’Antéchrist borgne (Dajjal) sera le chef du
sionisme juif ». Là encore, l’application Wahhabite est nette: le plus
grand allié d’Israël n’est-il pas le monde matérialiste des U.S.A.? N’y a-t-il
pas un lien entre ces évènements et le vol par les Juifs de la terre musulmane
de Palestine?
3- Alors commencera
une grande guerre. « Voici venir la
troisième guerre mondiale, celle de Gog et Magog*[80]».
Les analystes politiques ne donneront aucune chance au peuple musulman, à
cause du nombre et de la puissance des armées ennemies.
4- Mais, alors que tout
semblera perdu, Dieu donnera la victoire totale à la Communauté Sainte. Allah va livrer ses ennemis à l’islam, dans
un dernier combat. Les Juifs et leurs allés impies seront exterminés de la
surface de la terre. On mettra sept mois à enterrer leurs cadavres[81].
Allah remportera cette grande victoire par toutes sortes de fléaux: la guerre,
la peste, la grêle etc. La Palestine redeviendra la terre bénie de l’islam. Le
monde deviendra un seul Califat, soumis à la sainte loi d’Allah. Ceux qui
refuseront de se convertir disparaîtront.
5- Alors Jésus reviendra et balayera le reste des
chrétiens. Le monde entier sera, sous son commandement, musulman. L’Antéchrist,
qui est né en Occident, sera vaincu et la gloire d’Allah sera exaltée pour
toujours.»
Les islamistes
Wahhabites* appuient leur vision apocalyptique sur un texte du prophète
Ézéchiel qui est considéré comme un prophète d’Allah. Il parle de ce combat de
Gog et Magog* contre le peuple saint. Il est étonnant de constater cette ironie
de l’histoire. C’est exactement le même texte qui nourrissait l’endurance
incroyable des zélotes juifs, les poussant à combattre jusqu’à la mort, alors que tout semblait perdu. Nous
allons montrer tout au long de ce chapitre à quel point ils se trompaient dans
l’interprétation de la prophétie. La prophétie d’Ezéchiel est la suivante[82]
(Quand Ezéchiel parle de Terre Sainte, il faut entendre ici d’abord l’Arabie
puis, en second lieu, la Palestine. Les Wahhabites d’aujourd’hui voient dans
Gog les deux grands Satans, U.S.A. et Europe croisée):
« Ainsi parle Dieu à Gog (le peuple de
l’Antéchrist): Ainsi, ce jour-là, alors que mon Oumma*[83]
vivra en paix, tu élaboreras le dessein
de te mettre en route pour l’attaquer. Tu quitteras ta résidence à
l'extrême nord, toi et des peuples nombreux avec toi, tous montés sur des
chevaux, troupe énorme, armée innombrable. Tu monteras contre mon Oumma. Tu
seras comme une nuée qui recouvre la terre.
Ainsi parle Dieu contre Gog: C'est de toi dont j'ai
parlé au temps jadis, par mes serviteurs les prophètes d'Israël, annonçant ta
venue contre le Peuple Saint. En ce jour-là, au jour où Gog s'avancera contre
le territoire de ma sainte Communauté, ma colère montera. Dans ma colère, je le
dis: ce jour-là, je le jure, il y aura un grand tumulte sur la Terre Sainte.
J'appellerai contre Gog toute sorte d'épée. Les soldats de Gog eux-mêmes
tourneront l'épée l'un contre l'autre. Je les châtierai par la peste et le
sang, je ferai tomber la pluie torrentielle, des grêlons, du feu et du soufre
sur ses troupes et sur les peuples nombreux qui sont avec lui. Je manifesterai
ma grandeur et ma sainteté, je me ferai connaître aux yeux des nation. Ils
sauront que je suis Allah.
Et toi, fils d'homme, prophétise contre Gog. Tu
diras: Ainsi parle le Seigneur Dieu. Je me déclare contre toi, Gog, prince,
chef de Méshek et de Tubal. Je te ferai faire demi-tour. Je briserai ton arc
dans ta main gauche et je ferai tomber tes flèches de ta main droite. Tu tomberas
sur les montagnes de la Terre Sainte, toi, toutes tes troupes et les peuples
qui sont avec toi. Je te donne en pâture aux oiseaux de proie de toute espèce
et aux bêtes sauvages: Tu tomberas en plein champ, car moi, j'ai parlé, Parole
de Dieu. »
Oussama Bin Laden[84]
a indiqué en 1998 dans une fatwa* que
la première étape de sa guerre avait commencé. En premier lieu, il allait
combattre pour « unir tous les musulmans
et créer un gouvernement qui suive les règles des Califes. Le seul moyen d'y
parvenir consistera, selon lui, à renverser par tous les moyens presque tous
les gouvernements des pays musulmans, à faire disparaître l'influence
occidentale de ces pays et à supprimer un jour les frontières entre États. »
L’influence de ce
genre de prophétie est si puissante chez les jeunes musulmans qu’on se demande
quel esprit est en train de les séduire. En terre d’islam, le courant qui lit
dans ces textes l’annonce d’une victoire de l’humilité et de la miséricorde
voulus par Allah est de plu en plus minoritaire et muselé.
Parole de Muhammad: "Malheur aux arabes!" Les compagnons questionnèrent
alors: "Dieu nous détruira-t-il,
alors que parmi nous il y aura des bienfaisants? - Oui, c’est parce qu’en vous
se multiplieront les péchés (fornication et autres)" Et Allah est le
plus savant.
Depuis les attentats
du 11 septembre, nous devons nous poser la question suivante: qu'est ce qui a
fait de ces jeunes hommes les monstres qu'ils sont devenus? Cela vient-il
réellement de la querelle tenant à un morceau de terre au Moyen Orient?
Si on demande à des
Musulmans cultivés, pieux, de tendance traditionaliste mais progressistes, ce
qui a poussé une partie des jeunes de leur Oumma*
dans cette direction, beaucoup d'entre eux répondront par un mot: Wahhabisme. Cette variété d’islam est
apparue depuis moins de deux siècles en Arabie, et constitue la doctrine
officielle des États du Golfe. Il s'agit du projet religieux le plus violent,
le plus intolérant et le plus fanatique imaginable. Il s’agit de la forme la
plus extrémiste du fondamentalisme islamique. Tous les Musulmans ne sont pas
des terroristes kamikazes, mais tous les terroristes kamikazes musulmans sont
Wahhabites[86].
Le Wahhabisme fut
d’abord connu comme un puritanisme moral, qui réclame la punition de ceux qui
prennent plaisir à écouter quelque forme de musique que ce soit à l'exception
des tambours, et des punitions sévères pouvant aller jusqu'à la mort concernant
l'alcoolisme ou les transgressions sexuelles. Il s'agit d'aboutir à un islam
dépouillé, plaidant pour des prières simples et brèves, des mosquées sobres.
Ils prônent la destruction des pierres tombales (en ce que la décoration des
mosquées et les cimetières incitent à la vénération, qui est de l'idolâtrie
dans l'esprit Wahhabite). Les Wahhabites n'autorisent pas non plus que le nom
du prophète Muhammad soit inscrit dans les Mosquées, pas plus qu'ils ne
permettent la célébration de son anniversaire. Par-dessus tout, c'est la
spiritualité ostentatoire qu'ils haïssent, tout comme les Protestants détestent
la vénération des miracles et des saints de l'Église romaine. Ils condamnent
les "incroyants", ceux qui ne prient pas.
Au plan dogmatique,
leur doctrine est moins connue. Elle est pourtant essentielle. Ce sont eux qui
ont mis en vogue la mode d’une interprétation millénariste[87]
des prophéties coraniques. Ils sont certains que leur vision de l’islam et leur
domination militaire va s’imposer bientôt sur la terre entière.
Ibn Abdul Wahhab
(1703-1792)[88], le
fondateur de ce totalitarisme islamique. Il est pour certains le Mahdi[89] dont
la venue était prophétisée par le Prophète Muhammad. Il est né à Uyaynah, dans
la région de l'Arabie appelée Nejd, où est actuellement située la ville de
Ryad, dont le prophète lui-même avait prédit que de ce lieu pourrait naître
désordre et corruption[90].
Depuis les commencements de l'enseignement de Wahhab, vers la fin du XVIIIème
siècle, son culte était associé aux massacres de tous ceux qui s'opposaient à
lui.
Au XIXème
siècle, le fondateur du royaume Saoudien, Ibn Saoud, institua le Wahhabisme
comme croyance officielle. La haine arabe à l'encontre des Turcs trouva un
point d'accord dans les discours du Wahhabisme à propos de la
"décadence" de l'islam turc. La vérité est que le Califat ottoman
régnait sur une communauté (Oumma*)
multinationale, au sein de laquelle de grandes différences de culture et de
tradition étaient tolérées. Une telle
tolérance n'existe pas dans le Wahhabisme, qui est le fondement de
l'emportement de Bin Laden à l'encontre des U.S.A., dont le crime est d'avoir
permis à ses troupes d'avoir foulé le sol Saoudien.
Pour avoir une idée
de l’avenir sinistre que pourrait induire cette prophétie erronée, reprenons
notre analogie avec Flavius Josèphe. La guerre des Juifs ne commence pas en 64
après Jésus-Christ. Elle est l’aboutissement d’un lent mûrissement de la haine
contre les Romains grâce à l’action patiente, sur un siècle, de prédicateurs et
de faux prophètes juifs[91]:
« Les prophéties concernant la
future domination mondiale du judaïsme se répandirent partout dans le peuple
par la faute de nombreux prédicateurs itinérants. Ils trompaient le peuple, sous
un prétexte de religion. Ils le menaient dans des solitudes avec promesse que
Dieu leur ferait voir par des signes manifestes qu’il voulait les affranchir de
domination romaine. Un faux prophète égyptien, il était un très grand
imposteur, enchanta tellement le peuple qu’il assembla près de trente mille
hommes.»
Ce phénomène se
reproduit de nos jours. Depuis 20 ans, le progrès de l’idéologie Wahhabite*
dans le cœur des jeunes musulmans est inquiétant[92].
L'écrivain Bengalais Zeeshan Ali a décrit la situation de manière touchante: «Les Musulmans du Bangladesh vivant aux
U.S.A., sont de bons musulmans. Mais, du fait d'un manque d'instruction, ils ne
se rendent pas compte lorsque leurs croyances sont détournées par les imams
Wahhabites. Or, aux U.S.A., 80% des mosquées sont financées et animées par
l’Arabie Saoudite[93].
Ces mosquées sont sous le contrôle des imams Wahhabites, qui prêchent
l'extrémisme aux jeunes. Ils les poussent à accuser leurs propres pères
d'hérésie, de péchés et d'incroyance. Et les enfants d'immigrants, lorsqu'ils
grandissent dans ce pays, ne sont confrontés qu'à cette vision à sens unique de
l'islam. Ils sont incités à penser qu'il s'agit là du seul islam. Naturellement
un grand écart se crée chaque jour entre pères et fils et ce silence persiste.»
Les jeunes, divisés entre la tradition et l'appel de la nouveauté, optent pour
la "révolution islamique". Ils se condamnent à leur propre
destruction.
Ils s’expatrient dans
des lieux adéquats pour se préparer au grand jour de la guerre. Leurs écoles
sont au Pakistan, en Afghanistan, au Soudan. Ils y reçoivent une formation
idéologique et théologique Wahhabite et une formation militaire. Les meilleurs
d’entre eux deviennent agents secrets. Ils retournent dans leurs pays d’origine
et se font dormants. Ils réfléchissent à la façon de tuer le plus grand nombre
d’infidèles. Ils combinent des massacres de masse et rêvent de les réaliser.
D’autres se rendent pour se battre là où a commencé la guerre sainte
(Tchétchènie, Kosovo, Algérie, Cachemire, Philippines). Ces influences sont
colportées à travers la communauté musulmane des U.S.A., forte de 10 millions
d'âmes, aussi bien qu'en Europe. Depuis 1990, les imams Wahhabites financés par
l’Arabie Saoudite viennent corrompre les jeunes des banlieues. Ils les font
passer d’une délinquance due à leur difficulté d’intégration à un fanatisme
religieux dangereux.
Pour eux, le Djihad* devient une sorte d'ultime
recours[94]. Ayant raté la vie
d'ici-bas, une certaine jeunesse préfère sauver celle de l'au-delà. Car de cette
guerre, le jeune volontaire n'espère pas spécialement sortir vainqueur, il lui
suffit de s'engager dans ce Djihad*
salvateur, quelle qu'en soit l'issue. Mort, il sera martyr, vivant, il
échappera à cette catégorie de gens sur laquelle un Hadith* a jeté l'opprobre. D'ailleurs le radical Djihad* renvoie à l'effort et à la
résistance dans le combat offensif. L'étymologie même du Djihad renvoie à la fois à l'entreprise guerrière et au dépassement
de soi. C'est pourquoi, même en se sachant faible, le Moudjahidine* n'évite pas le combat. Il lui suffit de résister pour
vaincre l'ennemi et gagner la confiance de Dieu et des hommes. Lors de la
guerre du golfe de janvier 1991 le peuple admirait Saddam le résistant face à
trente États forts.
Cette notion de combat-résistance que privilégie
l’islamiste Wahhabite* a ses racines dans la philosophie même de la religion
musulmane. Mais il en est une déviation pathologique. Ce type de musulman ne se
sent en paix avec Dieu et avec lui-même qu'après avoir combattu les impuretés
qui l'assaillent continuellement. Il doit faire ses ablutions cinq fois par
jour pour résister à la souillure corruptrice que charrie le temps. Le jeûne,
cet autre pilier de la foi, n'est en fait qu'une résistance aux appétits,
naturels. Le vrai musulman n’a pas cette vision exacerbé de la pureté. Certes,
il combat ses désirs en y résistant. Mais avant tout, il se sait pêcheur.
"Les meilleurs parmi les pêcheurs sont les repentants" (khayr al khattâ'un at tawwâbun) et non
ceux qui résistent avec arrogance à la pente du désir.
Deux raisons expliquent pourquoi les islamistes voudront cette guerre
jusqu’à la folie.
1- L’orgueil, la
certitude d’être les détenteurs de la vérité. Flavius Josèphe décrit ainsi
l’aveuglement auquel peut conduire l’orgueil[95]:
« Ne peut-on pas donc dire avec raison que les folies des zélotes est la
véritable cause du malheur des Juifs, et que ce que les Romains leur ont fait
souffrir n’en a été qu’une juste punition? Mais je laisse à chacun d’en juger
comme il lui plaira. »
Comme tous les
fondamentalistes, les Wahhabites* sont les plus inintelligents de tous les
hommes. Inutile donc d’attendre d’eux un simple commencement de compréhension
de la notion d’humilité en islam. Voici un exemple significatif du niveau
intellectuel de leur soi-disant fidélité à Allah. Les talibans arabes
d’Afghanistan avaient un sens si tatillon de l’obéissance qui est due à Allah
qu’ils appliquèrent aux femmes deux commandements coranique, quitte à les
condamnaient à mort. 1) « La femme
doit rester à la maison et s’occuper de ses enfants ». Ils interdirent
donc aux femmes l’exercice des métiers et, en particulier, celui de médecin.
Ainsi, les femmes malades ne pouvaient être soignées par des médecins femmes.2-
« Le corps d’une femme ne peut être
dénudé que devant son mari ». Ainsi, les femmes malades ne pouvaient
pas non plus être soignées par des médecins hommes.
En ce qui concerne la guerre,
leur sagesse individuelle se résume à deux alternatives: « la victoire
politique ou la mort, c’est-à-dire le paradis ». Dans les deux cas, étant
vainqueurs, ils n’ont aucune raison d’arrêter le combat. Les mouvements
islamiques deviennent progressivement l'image même du motif obtus qui les fait
combattre. Au lieu de prôner le débat et de chercher à rendre vivant l'islam
dans la modernité, ils choisissent de s'enfermer dans l'obscurantisme et «la
négation du reste du monde». Ils deviennent eux-mêmes des hommes à la barbe
hirsute, aux yeux noircis par la pratique perpétuelle de la haine, au visage
rendu mobile par la ruse.
L’une des tentations
dans l’islam est l’étroitesse d’esprit. Par paresse intellectuelle et faux
abandon à Dieu, on se replie sur des apparences de dogmes. Il s’agit d’une
conséquence de la simplicité de sa foi, qui ne s’embarrasse pas des questions
subtiles. Face à la question de la souffrance, il ne viendrait jamais à l’idée
d’un musulman de se poser le célèbre dilemme chrétien de Jean-Jacques Rousseau:
« Soit Dieu est tout-puissant, et
s’il n’intervient pas pour sauver les hommes, c’est qu’il ne les aime pas; Soit
il est miséricordieux et s’il n’intervient pas, c’est qu’il ne le peut
pas le sauver. Donc il n’est pas tout-puissant. Dans les deux cas, le
dogme s’écroule[96]. » Un
musulman se contentera de dire « Inch
Allah! »
2) En conséquence
directe de leur orgueil, leur incapacité à comprendre le vrai sens des
prophéties de Muhammad.
C’est la conséquence
de leur confusion totale entre politique et religion. Certains commentateurs
ont qualifié avec raison le Wahhabisme de nazisme religieux. Josèphe rapporte
que les Juifs connaissaient la même incapacité à se mettre d’accord sur le sens
de leurs textes qui étaient, « de
par la volonté de Dieu et pour leur malheur, à double sens. » Malgré
cela, et pour les aider, Dieu envoya aux Juifs quantité de signes les prévenant
du malheur, les mettant en garde contre la guerre. Josèphe raconte[97]:
« Quelques années avant la guerre, il se leva un pauvre homme, qui
était prêtre. Il se mit à prophétiser par toute la Judée en disant simplement:
« Voix du côté de l’orient! Voix du côté de l’Occident! Voix du côté des
quatre vents! Voix contre Jérusalem et contre le Temple! Voix contre les
nouveaux mariés et les nouvelles mariées, voix contre tout le peuple! » Il
parlait ainsi, toujours, sans injurier ceux qui le battaient, ni remercier ceux
qui lui donnaient à manger. Toutes ses paroles se réduisaient à un triste
présage, et il les proférait d’une voix plus forte dans les jours de fête. Il
continua d’en user ainsi durant sept ans cinq mois sans aucune intermission et
sans que sa voix cri fût ni affaiblie ni enrouée. Quand Jérusalem fut assiégée,
on vit l’effet de ses prédictions et, faisant alors le tour des murailles de la
ville, il se mit encore à crier: « Malheur, malheur sur la ville, malheur sur le
peuple, malheur sur le Temple », à quoi ayant ajouté « Malheur sur moi », une pierre lancée par une machine le
renversa par terre, et il rendit l’esprit en proférant ces mêmes mots. »
Le plus grand d’entre
tous les signes vint d’un Messie différent des autres, qui fut crucifié sous
Ponce Pilate, 40 ans avant la ruine du Temple. Lui ne voulait pas de cette
guerre. Il mit en garde ses disciples[98]:
«Lorsque vous verrez Jérusalem investie
par des armées, alors comprenez que sa dévastation est toute proche. Alors, que
ceux qui seront en Judée s'enfuient dans les montagnes, que ceux qui seront à
l'intérieur de la ville s'en éloignent, et que ceux qui seront dans les
campagnes n'y entrent pas; car ce seront des jours de vengeance, où devra
s'accomplir tout ce qui a été écrit. Malheur à celles qui seront enceintes et à
celles qui allaiteront en ces jours-là! "Car il y aura grande détresse sur
la terre et colère contre ce peuple. Ils tomberont sous le tranchant du glaive
et ils seront emmenés captifs dans toutes les nations, et Jérusalem sera foulée
aux pieds par des païens jusqu'à ce que soient accomplis les temps des
païens. »
De même, les
musulmans ont reçu toutes les mises en garde qui leur sont nécessaires pour
cette époque. Muhammad leur a parlé de la méchanceté des Arabes vers la fin du
monde. Il faut relire ici les textes[99]
où il leur a prophétisé la ruine de la Kaaba*. Il les a prévenus de ne pas se
mêler des débats et des luttes pendant le temps de l’Antéchrist. Tout musulman
fidèle sait, de par le droit canon (charria) et les règles de la guerre,
que ceux qui commandent de tuer les femmes et les enfants tout en se disant
membres de l’Oumma*, n’obéissent pas
à Allah. Ils ne peuvent être de vrais musulmans. Malgré cela, une partie de la
jeunesse se laisse séduire[100].
Flavius Josèphe
décrit dans plusieurs passages de son livre le phénomène suivant : les
zélotes s’en prenaient davantage à leurs propres frères juifs qu’aux Romains[101].
Depuis 1990, il n’est
pas un seul jour sans qu’on entende parler de massacre de population civile par
des islamistes. Partout où vivent des musulmans, si les gouvernements n’avaient
pas éliminé par avance les islamistes, des massacres se perpétuent. On n’imagine
pas la somme des horreurs qu’ont eu à subir ces peuples. L’un des points de
focalisation de l’attention des français fut leur ancienne colonie, l’Algérie.
Les terroristes islamistes algériens sont aussi Wahhabites. Leur contribution à
la purification du monde réside dans le massacre de personnes qui n’ont rien
fait d’autre que projeter des films ou lire des journaux laïques. Ils agissent
au nom de la religion. Mais ils ne sont que des barbares et des voleurs. Ils
s’attaquent d’abord aux musulmans que l’Occident qualifie de modérés. Ils tuent
les hommes, éventrent les femmes enceintes, décapitent les petits enfants.
Après avoir pillé les maisons, s’appuyant sur un verset du Coran* parlant des
prisonnières de guerre, ils enlevaient les jeunes filles les plus jolies pour
en faire leurs esclaves sexuelles. Quand elles tombaient enceintes, ils les
exécutaient. Celles qui purent s’enfuir furent traumatisées pour toujours et
les gouvernements musulmans des pays victimes se demandaient s’il ne fallait
pas autoriser l’avortement dans leur cas. Quand le pouvoir algérien reprochait
aux islamistes leur violence, leurs sabotages et terrorisme, A. BenHadj
répondait, avec une hypocrisie que seul peut comprendre le musulman qui connaît
la complexité légale des règles du djihad: "Est-ce de la violence que de prescrire le bien et de pourchasser
le mal, dans les limites des normes (dhawâbit ash shar')?[102]".
Plus qu'une polémique casuistique, l'islamisme se considère, en tant que
défendeur de l'ordre divin, plus en droit d'exercer la violence que ceux qui, à
ses yeux, ne défendent qu’un ordre terrestre. Ainsi, le fait que la guerre
sainte ait des normes précises en islam ne les arrêtait pas. Que ne ferait-on
pas pour la gloire de Dieu?
Quels étaient les
torts de ces pauvres gens? Ils ne suivaient pas avec assez de ferveur les
islamistes dans leur haine de l’Occident. Tout ce qui rappelait « les
nations croisées » ou « les modes juives » était une preuve
contre eux. Avoir la télévision était un crime. Les filles qui continuaient
d’aller à l’école étaient forcément coupables car occidentalisées. Celles qui
ne portaient pas le voile islamique, qui se maquillaient, risquaient d’être
égorgées dans les rues. Le costume européen était signe de mort.
En Europe, ici et là,
on retrouva des imams fidèles à la vraie tradition musulmane assassinés. Ceux
qui ont l’imprudence ou le courage de mettre en garde contre le danger
Wahhabite* risquent leur vie. Ils sont plus en danger que tout autre car ils
peuvent, avec leur connaissance de la foi, démasquer la « Cause »
islamiste. En France, l’un d’eux fut exécuté en 1993. Le ministre français de
l’Intérieur prit alors conscience que des prédicateurs fanatiques étaient en
train de changer les banlieues. On en expulsa quelques-uns en secret. Mais il
ne fallait pas paraître raciste. Alors on ne fit rien de plus.
Pourquoi les
fanatiques s’en prennent-ils d’abord à leurs propres coreligionnaires ?
C’est qu’ils ont une faille[103],
que l'Occident connaît peu, un talon d'Achille, pour ainsi dire. Il réside dans le fait que la grande
majorité du monde musulman est composé de gens pacifiques qui préfèreraient
l'instauration de démocraties "à l'Occidentale" dans leurs propres
États. Le plus grand danger, les Wahhabites en sont conscients, vient du
fait que la majorité du peuple ne les suit pas. Bin Laden et les autres ne
défendent aucunement la tradition de l'islam. Ils représentent une rupture
ultra-radicale militant en faveur d'une utopie sectaire. Ainsi, le meilleur
qualificatif qui leur convient est celui d’islamo-fascistes, quoi qu'ils aient
davantage en commun avec les Bolcheviques. La plupart des musulmans ressentent
leur action comme une insulte à l’islam, une insulte malheureusement
irréformable de l’intérieur. Jamais aucun chef doctrinal ne pourra, par une
fatwa*, condamner et stopper l’action des fanatiques. Ne pouvant plus
convaincre, les Wahhabites s’efforcent d’imposer par la terreur leur vision des
choses au peuple fidèle. Ils ne respirent que meurtre pour tout ce qui n’est
pas leur idée, à commencer par l’islam sunnite*
ou chiite*.
Ce sont les mêmes
raisons qui conduisirent, d’après Josèphe, Israël à sa ruine totale[104]:
« Au milieu de tant de maux dont Jérusalem était assiégée de toutes
parts, et qui rendaient cette malheureuse ville comme un corps exposé à la
fureur des bêtes les plus cruelles, les vieillards et les femmes juives
faisaient des vœux pour la victoire des Romains. Ils souhaitaient d’être
délivrés par une guerre étrangère des misères que cette guerre domestique leur
faisait souffrir. Jamais désolation ne fut plus grande que celle de ces
infortunés habitants.»
Il est probable que
l’avenir des peuples musulmans soumis aux islamistes Wahhabites* ne sera pas
heureux. Une grande misère est prévisible. Aura-t-elle pour effet dans le
peuple musulman un rejet du fondamentalisme religieux ou, au contraire, une
augmentation de la haine envieuse de l’Occident et de son outrageante réussite?
L’échec total des systèmes politiques islamistes se voit partout où ils ont une
influence forte, du Soudan à la Somalie, de l’Afghanistan à l’Iran. La
Palestine est, dans la comparaison qu’on peut en faire avec Israël, un exemple
impressionnant de l’incapacité de ces hommes à simplement vivre sur la terre.
La recherche d’un hypothétique futur, qu’il soit patriotique ou religieux,
pousse les parents à ne prendre aucun souci de l’éducation profane de leurs
enfants. On les gave de thèses islamistes, d’apprentissages mécaniques des
textes saints. On multiplie au maximum le nombre des naissances, dans l’espoir
d’en faire des combattants du Prophète. Le résultat est une horde de jeunes
déstructurés et dépenaillés. De l’autre côté de la frontière, la prospérité
criante du petit peuple de quatre millions d’âmes, sa puissance industrielle et
militaire est ressentie comme une insulte permanente à l’islam.
Il est possible de
citer ici quelques-unes de ces voix courageuses qui osèrent accuser
publiquement l’islamisme Wahhabite naissant. Il y eut d’abord le frère du
terroriste Zacharias Moussaoui. Il dénonça publiquement l’acte de son frère, sa
volonté de se faire exploser le 11 septembre 2001 avec un avion de
ligne. Après l’attentat du 11 septembre, un musulman isolé, Ziauddin
Sardar, émit une fatwa* (un avis
religieux adressé aux musulmans, quoique n’engageant que lui). Il fut publié
dans le Time de Londres. « C’est ma fatwa contre les fanatiques. Les musulmans
raisonnables ne doivent plus se taire. Des fanatiques s'autoproclament martyrs,
dénaturant jusqu'à le rendre méconnaissable le sens le plus sacré qu'il y a à
être musulman. Pourquoi avons nous gardé le silence si longtemps? Aux
musulmans du monde entier j'adresse la fatwa suivante: tout musulman impliqué
dans le recrutement, le financement, l'entraînement, le soutien ou l'accueil de
ceux qui commettent des actes de violence aveugle à l'encontre d'individus ou
d'États se rend coupable d'actes de terreur et n'appartient pas à l'islam.
J’appelle tout musulman fidèle à le traquer et l’appréhender. J’appelle à le
conduire devant la justice. "Si vous voyez quelque chose de répréhensible,
dit le prophète Mahomet, alors changez-le de vos propres mains." »
Ces hommes se sont
levé au risque de leur vie. Si l’Occident ne les soutient pas, plus rien ne
pourra arrêtera les fous d’Allah.
Étant persuadés, comme les Juifs du premier siècle, que cette guerre
aboutira à leur triomphe, les islamistes prennent tous les moyens pour
l’obtenir. Flavius Josèphe décrit de la manière suivante les premières actions
des zélotes juifs de son temps[105] : « Les zélotes s’impatientaient, voulant vivre
ces évènements qui devaient aboutir, selon eux, à la ruine de l’Empire romain
impie et à la domination mondiale du judaïsme. Pour l’obtenir, ils utilisèrent
des moyens violents. Ils commencèrent par s’attaquer physiquement à tous ceux
qui, de près ou de loin, collaboraient avec l’Empire. Ils se mirent à les tuer,
d’abord avec ruse parce qu’ils étaient peu nombreux, puis ostensiblement. On
nommait leurs tueurs les sicaires, et ce n’était pas de nuit, mais en plein
jour, et particulièrement dans les fêtes les plus solennelles, qu’ils faisaient
sentir les effets de leur fureur. Ils poignardaient au milieu de la foule ceux
qu’ils avaient résolus de tuer. Ils mêlaient ensuite leurs cris à ceux de tout
le peuple contre les coupables d’un si grand crime. »
Les premiers meurtres
de l’islamisme moderne commencèrent dès l’avènement de la République islamique
d’Iran. L'Ayatollah Khomeini lança des fatwa* de mort contre tous deux
qui, de près ou de loin, avaient collaboré à l’occidentalisation de l’Iran. Il
envoya des commandos d’assassins pour les poursuivre là où ils s’étaient
réfugiés, en France, aux États-Unis. Les Iraniens ne sont pas Wahhabites, ce
qui explique en partie la lente mais irrémédiable tendance à la modération et
la normalité auxquelles ils aspirent après une période d'utopie et de
renaissance puritaine[106].
Mais l’avènement de la République islamique d’Iran eut un effet de catalyseur.
Il provoqua un sursaut de l’islam dans le monde entier, pour le meilleur et
pour le pire.
Bin Laden, tout comme
le sont les kamikazes palestiniens, est un Wahhabite[107].
Le sont aussi leurs alliés Égyptiens, qui exultèrent lorsqu'ils frappèrent à
mort des touristes étrangers à Louxor, il n'y a pas si longtemps, baignant dans
le sang de leurs victimes jusqu'aux coudes, et poussant de blasphématoires cris
de joie.
Flavius Josèphe
décrit une lente progression de l’audace et des violences des zélotes[108].
Peu à peu, se sentant plus nombreux, ils s’attaquèrent aux garnisons
romaines. « Peu de temps après,
ceux qui étaient les plus portés à la guerre surprirent la forteresse de
Massada, coupèrent la gorge à toute la garnison romaine, et y en mirent une de
leur nation. »
Dans les années 1990,
les attentats contre les intérêts américains se multiplièrent. Des ambassades
sautaient et avec elles, non seulement le personnel américain mais des
centaines de civils innocents[109].
Les États-Unis ne réagissaient pas vraiment, même lorsque ses bases et ses
navires de guerre étaient frappés. La liste des victimes civiles et militaires
s’allongeait. Il y eut pourtant plusieurs déclarations de guerre islamiste
Wahhabite[110]. Il
faut comprendre que ces terroristes se référant à Muhammad, ils appliquent à la
lettre sa prescription légale d’avertir l’ennemi avant de l’attaquer. Aux alentours du 7 mai 1998, un
collaborateur de Bin Laden, Mohammed Aftef, a envoyé une fatwa* publiée par
l'«Union des oulémas d'Afghanistan » visant les États-Unis et leurs alliés: « L'avenir des États-Unis sera sombre (...)
Ils seront attaqués de toute part, et des groupements islamiques surgiront les
uns après les autres pour lutter contre les intérêts américains.»
Mais tout cela
n’avait pas vraiment d’importance pour le citoyen de Californie. Le 20 août
1998, l'armée des États-Unis attaqua quelques tentes du réseau terroriste en
Afghanistan. Le sanctuaire du pays, les États-Unis eux-mêmes, était
invulnérable. Le risque semblait faible. La plupart des gouvernements musulmans
« tenaient » leurs islamistes. On pense au Maroc, la Tunisie, la
Turquie, exemptes jusqu’à ce jour de violence religieuse.
Continuons notre analogie
avec la guerre des Juifs, au premier siècle de notre ère. Flavius Josèphe
prolonge son récit en montrant à quel point la certitude d’une grande guerre à
venir contre les Juifs s’étendait au monde entier. Devant le fanatisme des
zélotes, ici et là, les peuples de l’Empire romain se mettaient à massacrer par
précaution des communautés juives. Les pauvres gens payaient pour les fous de
Dieu[111]:
« Il arriva, que les habitants de Césarée coupèrent la gorge aux Juifs,
tant que de vingt mille qui demeuraient dans cette ville il s’en échappât un
seul. »
Depuis les années 1990,
ici et là, des peuples confrontés à la montée de l’islamisme prennent les
choses en main. L’Inde défend avec vigueur le Cachemire contre les islamistes
du Pakistan. Le gouvernement des Philippines fait ce qu’il peut contre les
prises d’otages et des décapitations de chrétiens par des indépendantistes
islamistes. La Russie agit avec violence en Tchétchènie. L’Europe ressent cela
de manière décalée. Elle défend souvent le droit des islamistes fanatiques,
comme si cela devait plaire aux musulmans. A cette erreur de jugement, le
président russe Poutine répondait dès 1999: « Nous
luttons contre le terrorisme en marche. Tôt ou tard, vous le comprendrez.»
Il ne croyait pas si bien dire. Beaucoup de musulmans tenaient le même
discours. Avec gravité, ils mettaient en garde contre le danger montant, jusque
dans les banlieues européennes. Sans cesse des signaux parvenaient, des peuples
musulmans eux-mêmes. On se souvient du résistant afghan Massoud qui, avant
d’être assassiné par des islamistes[112],
passant par la France, ne fut pas reçu officiellement. Nul ne le croyait quand
il disait « qu’une internationale de
la guerre était née, que ses trois buts étaient de chasser les Juifs de la
terre de Palestine, d’éliminer le maximum d’Occidentaux impies et d’imposer au
monde entier la domination musulmane. »
Jusqu’au 11 septembre
où le monde a basculé, l’Europe dormait. Les gouvernements européens ne
pouvaient comprendre. Soixante ans auparavant, ils avaient vécu une terrible
guerre raciste. Ils n’en voulaient plus. Tout discours mettant en garde contre
l’autre, sa différence, leur semblait raciste. On qualifiait de fascistes ceux
qui montraient du doigt l’islamisme montant dans les banlieues d’immigration.
Une telle dénonciation n’était crûe que si elle venait d’un maghrébin. En
France, la naïveté régnait au point qu’on faisait parvenir par la poste leur
nationalité à de jeunes islamistes. Certains étaient fichés par les services de
Police. Qu’à cela ne tienne, il convenait, sans qu’ils l’aient demandé, «de les intégrer en les aimant».
Ils sont lucides. Ils
considèrent la force supérieure des armées occidentales, le sous-développement
des pays musulmans et doutent du bon sens des islamistes qui attendent la
victoire d’une action directe d’Allah. Ils ressemblent à Flavius Josèphe[113],
qui écrivait à propos de l’Empire romain: « Si l’on considère quelle
est la discipline des Romains et leur conduite dans toutes les autres choses
qui regardent la guerre, doutera-t-on que ce ne soit à leur seule valeur et non
pas à la fortune qu’ils doivent l’empire du monde? On est obligé d’admirer que
le fait qu’ils rendent leurs valets eux-mêmes capables de combattre. La peur ne
leur fait jamais perdre le jugement. La lassitude ne peut les abattre. Ainsi,
comme ils ne trouvent pas d’ennemis en qui toutes ces qualités se rencontrent,
ils sont toujours victorieux. Leurs exercices sont des combats où l’on ne
répand pas de sang, et leurs combats des exercices sanglants. »
La
majorité des foules musulmanes a la lucidité de considérer les forces armées
U.S. avec le même réalisme. Le bon sens domine. Comment résister à l’armée
américaine? Les talibans afghans en firent l’amère expérience durant l’hiver
2001. Ils ne voyaient pas venir la mort qui frappait en silence, du ciel.
Malgré cela, les chefs de la révolte musulmane proclamaient dans les mosquées: « Le soldat américain est veule. En
Somalie, ils se sont écroulés à la première défaite. C’est qu’ils n’ont pas de
force en eux. Ils ne combattent pas pour leur foi et ils craignent par-dessus
tout la mort. Il suffit donc de faire chez eux quelques morts, de les exhiber à
la télévision et ils s’enfuient. » Ils voulaient communiquer leur foi
religieuse dans la victoire sûre et proche des armées de l’islam. Mais le
peuple restait par-devers lui dubitatif. Beaucoup prenaient les islamistes pour
des fous dangereux, des gens dont la haine risquait de provoquer la ruine de
l’islam tout entier.
Au temps des Romains, le parallélisme est frappant.
Pour obtenir leur guerre, les zélotes s’attaquèrent aussi aux symboles même de
l’union avec l’Empire[114] : « Un
certain Éléazar, fils du prêtre Ananias, persuada à ceux qui prenaient soin des
sacrifices au Temple de Jérusalem de n’accepter des présents et des victimes
que de la part des seuls Juifs. Les offrandes des Romains furent refusées. Une
telle humiliation aboutit à jeter les semences d’une guerre contre eux. Car,
par suite de cette résolution, on refusa les victimes offertes au nom de
l’empereur. Les prêtres et les grands s’opposèrent de tout leur pouvoir à cette
abolition de la coutume d’offrir des victimes pour les souverains. Mais ce fut
inutile, parce que ces séditieux soutenus par Éléazar se fiaient en leur grand
nombre, ne respiraient que la révolte. »
A partir de 1979 puis
de plus en plus, partout en terre d’islam, les attaques contre les symboles de
l’Occident se multipliaient. Des drapeaux U.S. étaient brûlés devant des
caméras. Des pantins représentants les chefs de l’Occident étaient lapidés. Le
sens du geste qui caractérise l’Orient visait à insulter gravement la puissance
dominante, à la provoquer. La plupart du temps, il s’agissait d’une attitude de
roquet, chacun sachant qu’il n’y aurait nulle conséquence. Mais les islamistes,
nouveaux zélotes, se désolaient de que les Américains se moquaient de ces actes
symboliques. Ils étaient moins susceptibles que les Romains du premier siècle
qui, pour leur part, n’attendirent pas pour entrer en guerre. L’erreur des Américains est de ne pas
avoir pris au sérieux la certitude absolue de la foi des islamistes dans leur
pseudo-prophétie: « La troisième
guerre mondiale arrive et va aboutir à la domination des drapeaux de l’islam
sur le monde. »
En juillet 2000, le
commandeur des croyants d'Afghanistan, mollah Mohammad Omar, faisait publier
des décrets assurant la protection des bouddhas de Bamiyan. En février 2001, il
en ordonnait la destruction. Il devait être assez bien conseillé. Cette
destruction provoqua effectivement un plus grand scandale en Occident que
l’exécution de femmes adultères dans le stade de Kaboul. Pourtant, les
États-Unis ne déclarèrent pas la guerre qu’ils appelaient de leurs vœux.
Puisque leur guerre
n’arrivait pas, ils la provoquèrent en faisant l’impensable. Les zélotes juifs
n’osèrent jamais s’attaquer à la ville de Rome. Eux le firent. Leur geste était
à la fois le plus réel et le plus symbolique qui soit. Le World Trade Center
est le symbole du monde non-musulman, de cette mondialisation de l’argent qui
s’installe sur terre dans le mépris des lois de Dieu. Dans l’âme musulmane,
l’histoire de la tour de Babel que Dieu détruisit est présente. De même, ils
connaissent l’histoire du jeune David qui tua le géant Goliath avec l’aide de
Dieu: « Si Dieu est avec nous qui sera
contre nous? » Flavius Josèphe, commentant ce genre de pensée, aurait
dit avec la Bible[115]:
« Dieu leur avait envoyé un esprit
de mensonge afin qu’ils se trompent et que leur erreur aboutisse à leur
humiliation.»
Si l’on poursuit la comparaison avec Flavius
Josèphe, on peut se faire une idée générale de ce que sera l’avenir de l’islam
à moyen terme. Nous sommes au début de l’année 2002. La guerre en Afghanistan
est finie. Les Européens vont se rendormir. Ils ont tort. Tout commence.
Toujours sûrs de leur victoire, les islamistes
ne cesseront de provoquer les Américains et les nations du monde entier. Cette
obstination a la particularité de ne pas être seulement politique. En ce sens,
elle doit être comparée avec l’obstination passée des zélotes juifs du premier
siècle. De même, les provocations en vue de la guerre ne vont jamais s’arrêter.
Elles dureront un siècle s’il le faut.
L’Israël d’aujourd’hui en est témoin devant le
monde. Seule démocratie du Proche Orient, elle s’efforce depuis 1948 de
simplement vivre. Jusqu’en 1980, son
combat se faisait contre des terroristes mus par un sentiment patriotique.
L’État d’Israël étant une démocratie, il s’efforçait de ne jamais s’attaquer
délibérément aux civils. Lorsque l’armée d’Israël frappe, ce doit toujours être
un homme ou un groupe repéré pour ses activités terroristes. La mort des
enfants, si elle a lieu, ne doit jamais être voulue. Elle doit toujours être
« collatérale ». Avant 1990, lorsqu’un terroriste était tué, dix se
levaient. Depuis que la lutte est devenue islamiste Wahhabite*, depuis qu’il
s’agit pour les Palestiniens musulmans de récupérer pour Allah une terre de
l’islam, lorsqu’un moudjahidin (combattant de l’islam) est tué, mille se
lèvent.
Il est vrai que la
plupart des gouvernements musulmans se méfient des islamistes Wahhabites. Mais
les jeunes générations, quant à elles, sont de plus en plus rongé par la lèpre.
C’est comme un ange noir qui saisit ces âmes, exacerbant la colère et le désir
de vengeance des masses contre l’Occident. Dans les lieux clos où ils se
réunissent, ils mettent toute leur imagination à penser les attentats suicides
les plus originaux et meurtriers. Puisqu’il n’est plus possible de détourner un
avion avec un cutter, pourquoi ne pas en faire exploser en vol en introduisant
des explosifs dans ses chaussures[116]?
Tout est pensable et, devant la détermination d’un kamikaze, il n’y a pas de
sécurité totale.
Dans les années à
venir, il est probable que le monde occidental fera cette expérience jusqu’à
l’écœurement. Il y aura dans Paris des bombes humaines, jusqu’à ce qu’un
président des États-Unis décide de mettre un terme définitif aux espoirs
islamistes. Un autre scénario est peu probable. Ainsi va la religion
lorsqu’elle devient une secte.
Lorsque Flavius
Josèphe compare le comportement des Romains à celui des zélotes, on se croit au
XXIème siècle[117]:
« Les Juifs, ne tenant compte de ce qu’ils souffraient, ne pensaient
qu’à attaquer les Romains, et s’estimaient heureux de mourir pourvu qu’ils
eussent tué quelqu’un. Titus au contraire n’avait pas moins de soin de
conserver ses soldats que le désir de vaincre. Il disait que la témérité devait
plutôt passer pour désespoir que pour valeur mais que le vrai courage
consistait à joindre la prudence à la générosité, et à se conduire avec tant de
jugement dans les périls qu’on n’oubliât rien pour tâcher de s’en garantir et
de les faire tomber sur les ennemis.»
La première bataille
devait, selon l’espoir des islamistes Wahhabites, aboutir à un nouveau Vietnam
américain en Afghanistan. Le calcul de leur chef, Oussama Bin Laden était
intelligent. Il y avait bon espoir de vaincre, pour de simples raisons militaires.
Que pouvaient des bombardiers volant à 15 kilomètres contre des unités petites,
mobiles, camouflées. Les Américains seraient contraints d’attaquer au sol.
Quinze ans plus tôt, n’avait-on pas vu la première infanterie du monde, l’armée
soviétique, s’embourber et se retirer piteuse de ces montagnes inhospitalières?
Ses calculs s’effondrèrent. La bataille dura cent jours. L’armée terroriste de
Bin Laden connut une débâcle totale car il avait oublié une chose: on ne fait
une guerre terroriste que si le peuple du pays s’en fait complice. Si on est
seul, qu’il n’y a pas de base arrière pour se protéger et se refaire, on périt.
Or les Afghans, persécutés et humiliés par ces islamistes Wahhabites venant de
l’étranger, les haïssaient. Bin Laden faisait peu de cas de la survie de ses
hommes, le paradis étant de toute façon le terme de leur combat. Dans une vidéo
trouvée près des champs de bataille, on le voit rire à l’idée que certains de
ceux qui détournèrent les avions de ligne américains ne savaient pas que c’était
une mission suicide. Au contraire, l’armée américaine veille à avoir le moins
de perte. Son honneur est depuis toujours de rapatrier le corps des soldats
tombés, même des années après le combat.
Un écrasement militaire
total de l’islam est à craindre au cours du XXIème siècle. Les
musulmans anti-Wahhabites* le craignent confusément. La grande force du
Wahhabisme est qu’il tient les lieux saints de l’islam, en Arabie Saoudite.
C’est aussi ce qui le rend extrêmement dangereux pour l’islam tout entier. On
frémit en se souvenant des prophéties de Muhammad sur les Arabes, lorsqu’il
annonçait leur méchanceté à venir: «Malheur
aux Arabes! »[118].
On pense aussi à cette prophétie qui annonçait la destruction de la Kaaba*
par les Abyssins. L’avenir est inquiétant pour l’islam qui pourrait bien être
entraîné dans le malheur à son corps défendant par les fous de Dieu.
Militairement,
l’avenir en question est entre les mains des États-Unis d’Amérique. Attaqués
injustement au cœur de leur ville, ils ne s’endormiront plus. Tolèreront-ils
longtemps la trop prévisible violence Wahhabite* à venir? La question majeure
qui se posera dans les discussions puis les actions américaines contre le
terrorisme sera la suivante: « Quel
est le rôle de l'Arabie Saoudite? »[119]
Historiquement, les
fanatismes religieux suicidaires n’ont disparu que dans l’apocalypse. L’exemple
le plus récent est celui du shintoïsme japonais en 1945. Les Japonais
vénéraient leur empereur comme un Dieu. Eux aussi crurent en une prophétie
affirmant que la nouvelle ère aboutirait à la domination du Japon sur le monde
entier. L’ère Meiji, inaugurée par le grand-père de l’empereur Hiro-Hito n’est
pas autre chose que cela. Les marins américains en prirent conscience quand ils
virent les avions kamikazes se précipiter sur leurs navires. Certains symptômes
indiquaient que la foi des japonais était d’ordre religieuse. Elle était donc
pire que celle des nazis qui, étant sans Dieu, craignaient avec intelligence la
mort. Les soldats américains ne faisaient pratiquement jamais de prisonniers
japonais. Les officiers se suicidaient. Des femmes se précipitaient des
falaises avec leurs enfants plutôt que de tomber dans les mains des G.I. Les
analystes comprirent qu’un débarquement maritime sur les plages du Japon
coûterait la vie à des centaines de milliers d’hommes, américains comme
japonais. « Ils ne cèderont jamais,
tant que leur foi religieuse en la divinité de l’empereur leur paraîtra
réalisable. » L’idée d’utiliser contre des civils les deux bombes
atomiques partaient de ce calcul. Entre deux maux, entre un crime contre
l’humanité ou un désastre plus grand, que choisir? La règle du pragmatisme est
de toujours choisir le mal qui fait le moins de morts.
Nous sommes face à
une nouvelle guerre du fanatisme religieux. Elle est différente car le cancer
terroriste n’est pas lié à une nation particulière mais est métastasé partout
dans le monde. De la même façon, il semble qu’il ne s’arrêtera pas tant que les
islamistes Wahhabites* conserveront un espoir, même lointain de refaire
l’action de David: vaincre le Goliath occidental.
Le livre de Flavius
Josèphe mérite d’être raconté jusqu’au bout. Il est probablement prophétique[120].
« Loin de composer avec la main que leur tendait Vespasien, malgré de nombreuses
défaites, les Juifs zélateurs provoquaient les Romains, excitaient leur haine à
travers toute sorte de traîtrises. C’est qu’ils gardaient une entière foi en la
prophétie qui les avaient conduit à combattre. Ils pourchassaient et tuaient les Juifs défaitistes. » Si
l’on veut bien comprendre l’esprit religieux qui motive ces islamistes, il est
probable que l’attentat du 11 septembre 2001 n’est que le premier. Aux
alentours du 29 mai 1998, le «Front islamique international de lutte contre les
Juifs et les croisés» a publié une déclaration intitulée «La bombe nucléaire de l'islam», dans laquelle était affirmé: «Les musulmans ont le devoir de rassembler
le plus de forces possibles afin de terroriser les ennemis de Dieu. »
Le Président George
Bush, connu pour sa fermeté et son sens de la justice[121] déclare sans cesse: « Cette guerre sera longue, des
décennies peut-être. Partout où ils se cachent, nous les poursuivrons. Nul lieu
ne pourra plus être pour eux un refuge. Nous sommes en guerre. Cette guerre ne prendra
fin qu’avec la mort du dernier d’entre eux. »
En Europe, on discute sur les mots: « Parler de
guerre, n’est-ce pas exagéré? Les Américains ne feraient-ils pas mieux de
reconnaître leur tort? Leur tort est d’être trop puissants, de ne pas assez aider
les pays pauvres.» Il semble malheureusement que la fermeté américaine comme
l’idéalisme européen ne sont pas les maîtres de cette histoire.
Il est possible de
suivre pas à pas l’avenir probable de cette guerre, en relisant Flavius Josèphe[122]:
« Dans Jérusalem, les Juifs, se
voyant alors entièrement renfermés dans la ville, désespérèrent de leur salut.
On n’entendait pas de gémissements, parce que cette horrible faim dont l’âme
était entièrement occupée étouffait tous les autres sentiments. »
Ce que vécurent les
Juifs est l’image de la souffrance ultime, celle qui frappe l’orgueil et qui
est seule capable de conduire à l’humilité. Des exemples récents sont comparables.
Les Allemands de 1918, n’ayant pas été humilié par une douloureuse invasion de
leur terre, s’estimaient trahis et désiraient, comme s’il s’agissait de sport,
une revanche. Vingt ans plus tard, ils délivrèrent de nouveau le cavalier rouge
de l’Apocalypse[123].
En 1945, ils ne le contrôlaient plus. Les femmes allemandes qui ont survécu au
joug des Russes, rapportent encore des récits semblables à ceux de Flavius
Josèphe. Elles n’étaient pas elles-mêmes directement responsables des horreurs
des SS en U.R.S.S. mais c’est elles qui payèrent la dette accumulée. Une telle
misère fut seule capable d’arrêter pour toujours le nationalisme allemand.
Dans le passé, ce sont les Juifs eux-mêmes qui, dans
leur obstination à vouloir vaincre l’Empire, commencèrent la destruction de
leur Temple[124]. « Les
Juifs, affaiblis par les pertes qu’ils avaient faites dans tant de combats,
résolurent de ruiner une partie du Temple de Jérusalem pour tâcher de sauver le
reste. Ils commencèrent par mettre le feu à cette partie de la galerie qui
allait joindre la forteresse Antonia. Ils furent ainsi les premiers qui
travaillèrent à la destruction de ces superbes ouvrages. Deux jours après, qui
était le vingt-quatrième de juillet, les Romains mirent le feu à cette même
galerie.»
On peut imaginer
qu’il en sera de même à l’avenir pour l’islam. Les Wahhabites* retrancheront
leur impunité en Arabie Saoudite, espérant bien être hors d’atteinte des bombes
Occidentales pour deux raisons. 1- Une raison géopolitique: Jamais l’Occident
n’aura l’audace de s’attaquer à ces terres sacrées que seuls des pieds purifiés
peuvent fouler. Cela susciterait une telle levée des musulmans du monde entier,
plus d’un milliard d’individus dispersés dans tous les pays, que les politiques
occidentaux réfléchiront à deux fois.
2- Une raison
religieuse: Dieu ne tolèrera jamais que les infidèles s’attaquent à son
sanctuaire sacré. Les prophéties annoncent, selon eux, qu’il interviendra. Ce
sera l’explosion de Gog et Magog*. Elle marquera la ruine définitive des
empires ennemis.
Déjà,
à l’époque de la guerre des Juifs, Favius Josèphe dénonce cette fallacieuse
croyance[125]: « Un
faux prophète fut cause de la perte de ces misérables, qui n’étaient montés de
la ville dans le Temple que sur l’assurance qu’il leur avait donnée qu’ils y
retrouveraient ce jour-là des effets du secours de Dieu. Mais ce malheureux
peuple est d’autant plus à plaindre qu’ajoutant aisément foi à ces imposteurs
qui abusaient du nom de Dieu pour le tromper, il fermait les yeux et se
bouchait les oreilles pour ne pas voir et ne pas entendre les signes certains
et les avertissements par lesquels Dieu lui avait fait prédire sa ruine. »
Dans
les années, à venir, et jusqu’à ce que la guerre de l’islam soit terminée,
certains conseillers du président des Étas-Unis le presseront de s’en prendre à
toutes les nations musulmanes islamistes. Par-dessus tout, leur inquiétude
viendra du danger de la prolifération nucléaire. Il est certain que n’importe
quel islamiste Wahhabite* fait le rêve suprême de posséder « le feu et le souffre ». Anéantir Tell Aviv ou New York,
se retrouver devant Allah avec une telle action d’éclat, quel formidable
challenge! Le plus grand danger, dans l’immédiat, semble être le Pakistan et
ses quarante têtes nucléaires, son gouvernement fragile et son fort parti
islamiste Wahhabite. George Bush en est très conscient. Il procède avec ordre,
prudence. Il règle un problème après l’autre. Tant qu’il pourra user de la
diplomatie, il le fera[126].
Le Prophète Muhammad
a dit: "l'Antéchrist viendra et ira
dans le voisinage de Médine*. La ville éprouvera trois secousses et, après
cela, les infidèles et les hypocrites iront trouver l'Antéchrist.[127]"
Les Occidentaux
devront-ils se résoudre à attaquer l’Arabie Saoudite et à ruiner entièrement la
puissance politique de l’islam pour arrêter son terrorisme ? D’après ses
propres prophéties, lorsqu’elles sont bien comprises, l’islam semble
l’annoncer. Nul ne le sait encore mais la comparaison avec le récit de Flavius
Josèphe, avec les mentalités comparables qu’il décrit à son époque, laisse un
arrière-goût de pessimisme. Il a décrit en détail la mort politique du
judaïsme. Le Temple et l’État brûlèrent. Il n’en resta plus rien[128].
Non seulement le Temple fut détruit, mais par suite de l’obstination des
zélotes qui continuaient à se battre alors que tout était perdu, la ville de
Jérusalem fut rasée puis le pays des Juifs tout entier. « Ici et là,
écrit Flavius Josèphe, bien après la ruine du Temple et de la ville de
Jérusalem, des groupes de ces assassins s’attaquaient encore à des intérêts
romains, avec une incroyable constance. Massada est le nom d'une citadelle
juive, au sud-est d'Hébron, près de la mer Morte, dans laquelle les derniers
zélotes se réfugièrent. Ces zélotes assassins avaient été la cause de toute
cette guerre.[129]»
1- Destruction
annoncée des lieux saints d’Arabie
Le Prophète Muhammad a dit
que la Kaaba* serait détruite et tous les lieux saints profanés.
On ne
peut manquer de rappeler cette prophétie de Muhammad qui annonçait la
destruction de la Kaaba. La plus douloureuse expérience consiste en la perte de
ce à quoi on tient le plus. Elle conduit à réfléchir sur soi. Rien n’est plus
efficace pour l’humilité. Ainsi est La Mecque* dans la mentalité des musulmans.
C’est auprès de la Kaaba que se dresse le cinquième pilier de l’islam, le saint
pèlerinage. La destruction des lieux saints de la seconde religion du monde
serait certainement un bouleversement aussi considérable que le fut la fin du
Temple pour les Juifs. L’efft psychologique terrible aboutirait probablement à
l’apostasie* de foules musulmanes entièrement déstabilisées.
Les
villes de La Mecque* et de Médine* sont les deux premiers lieux saints de
l’islam. Il en reste un troisième, Jérusalem. Nous verrons ultérieurement que
son sort est intimement lié aux deux premiers.
La
destruction de la ville de Jérusalem peut illustrer ce que pourrait être celle
les États musulmans. Il convient de rappeler que, selon l’ordre de Muhammad,
dès qu’une terre est suffisamment islamisée, il faut imposer aux non-musulmans
une soumission définitive à un gouvernement islamique. La religion islamique
n’est certes pas imposée mais la loi civile de l’islam. Il en résulte une
puissance politique et une légitime fierté des musulmans. Ainsi, une telle
guerre pourrait avoir pour effet la destruction de toute l’œuvre politique
laborieusement construite par les générations de fidèles.
Au temps des Romains, les
derniers fous de Dieu se réfugièrent au sommet d’un rocher escarpé, Massada[130].
« Éléazar, un descendant, dit-on, de Judas, les commandait. Flavius
Silva, gouverneur romain de Syrie, en faisait le siège avec ses hommes. Un mur
fut élevé autour de la citadelle pour empêcher toute fuite. Mais la place était
naturellement défendue. Elle était située sur un immense rocher trapézoïdal,
entouré de profonds ravins. Seuls deux chemins étroits franchissent les
précipices. Remparts et tours complétaient la protection. À l'abri de ces murs
imprenables, les Sicaires disposaient de grandes quantités de vivres et
d'armes. Les soldats romains construisirent des échafaudages d'où ils
parvinrent, avec force coups de bélier et en mettant le feu, à enfoncer les
murailles. "Nous sommes sûrs d'être pris, lança Éléazar, mais nous pouvons
choisir, avant, de mourir noblement avec ceux que nous aimons le plus."
Suit une longue exhortation qu'il conclut: "Hâtons-nous donc de leur
laisser, au lieu de la jouissance qu'ils espèrent de notre capture, la stupeur
devant notre mort et l'admiration pour notre intrépidité." »
Le 3 mai 72 (ou, selon
certains, 73), 960 hommes, femmes et enfants périrent ainsi égorgés par des
Sicaires tirés au sort et dont le dernier se suicida, écrit Flavius Josèphe.
Cela se passa au cours de l'immense incendie allumé pour anéantir Massada. Cet
immense suicide collectif impressionna durablement les Romains et, bien
au-delà, les civilisations postérieures. Suicide des assiégés, il était
également, au moins symboliquement, celui du peuple juif tout entier, abandonné
de Dieu. Éléazar, dans sa première harangue à la mort, n'avait-il pas regretté
l'incapacité de ses compagnons à "
pénétrer la pensée de Dieu et nous rendre compte que le peuple juif, qu'il
avait aimé autrefois, avait été condamné par lui ?"
L'interprétation
traditionnelle de Massada y décèle le signe et le symbole de la tentation
suicidaire du fou de Dieu. Poussant plus loin l'analyse historique et la
projetant sur le destin des islamistes Wahhabites*, on peut voir dans ce suicide
collectif le résultat de la fuite en avant du "parti de la guerre"
que constituaient les occupants de Massada. D'autres, à l'époque déjà, avaient
choisi la paix...
La partie combattante de l’islam risque de périr
écrasée par la guerre qu’elle aura elle-même voulue. Il est certain que les
armes occidentales seront plus fortes que la poitrine des martyrs musulmans.
Une haine accumulée et trop longtemps impuissante à se venger de leurs ennemis
peut conduire à ce malheur. Le rêve de posséder et répandre le feu nucléaire
peut obliger les nations occidentales à l’utiliser comme cela se produisit à
Hiroshima pour les kamikazes.
Muhammad a
dit que l’apostasie serait généralisée dans la communauté musulmane. Le vice se
répandra partout. Certains signes annoncés le prouvent parmi lesquels on trouve la perte des objets confiés
en dépôt, la rivalité dans la direction des mosquées, la multiplication des
constructions plus hautes les unes que les autres (signe d’orgueil), la fréquence
de la fornication, la consommation de l’alcool, prendre des filles comme
chanteuses et danseuses dans les réunions et les fêtes, le bâtard qui devient
maître et gouverneur, accorder des responsabilités à ceux qui ne le méritent
pas, la multiplication des nouveautés blâmables, le manque de pudeur des femmes
qui découvrent les parties intimes de leur corps, le juge qui n’applique pas la
justice, la rareté des savants qui dénoncent les nouveautés blâmables, la
décadence morale et d’autres actes illicites encore.
Après ces évènements
tragiques, l’apostasie* ne concernera probablement pas que l’islam mais toutes
les religions lors du « mai 68 » d’une génération future. Ceci
constituera la réalisation d’une prophétie évangélique: « Que personne ne vous abuse d'aucune manière. Auparavant doit
venir l'apostasie.[131]»
Cette guerre aura été si terrible, si injustement
menée par les islamistes Wahhabites*, qu’on n’en voudra plus jamais. Les
enfants qui naîtront recevront de leur parent les récits des horreurs qu’ils
auront vues et souvent condamnées. Comme tout ce qui est démesuré pour
l’imagination des jeunes, ces souvenirs provoqueront dans les générations
musulmanes suivantes un rejet dégoûté, de tout ce qui porte le nom d’Allah.
Qu’on se rappelle le phénomène somme toute analogue connu par l’Allemagne dans
la première moitié du XXème siècle. Les excès revanchards et
fanatiques des nazis eurent l’effet suivant dans la génération de leur fils:
gauchisme, écologisme et pacifisme. De même, il est probable que le souvenir
des ruminations haineuses et obsessionnelles des pères finira par produire dans
les fils un désir avide de plaisirs et de richesse à l’Occidentale... loin de
cet Allah aux mains rouges de sang.
A ce moment-là, l’islam ne
résistera ni à ses fautes passées ni surtout à la fragilité de ses bases
théologiques: «Le Coran* est, paraît-il,
dicté mot à mot par Dieu, dira-t-on de toute part; Dieu n’est-il pas bien
ignorant pour faire de telles erreurs scientifiques?» Le christianisme fit
à la Renaissance sa révolution exégétique. Il le put car il ne considéra jamais
la Bible comme dictée par Dieu. L’islam ne pourra suivre, semble-t-il un tel
chemin. L’islam ayant été considérablement affaibli[132],
il sera possible à l’Antéchrist de s’attaquer à sa survie même.
Toutes les religions auront à en subir le contrecoup, «tout ce qui porte le nom de Dieu.[133]».
On peut deviner que c’est la jeunesse du monde entier qui rejettera la
religion. Comment expliquer qu’en mai 68, de jeunes belges aux cheveux longs insultèrent
les anciens combattants réunis autours du monument aux morts un 11 novembre?
Ils les traitèrent de fascistes. «Mais
nous avons combattus le nazisme, répondirent-ils.» Rien n’y fit. Le rejet
des patries n’était pas une réaction de l’intelligence mais du cœur. Il en sera
de même pour les religions. Déjà le phénomène se fait sentir. Une étude
philosophique sérieuse montre que les guerres ont eu pour origine une
cause unique: l’orgueil humain, autrement dit l’incontrôlable désir du
pouvoir. Cette domination s’est incarné dans trois grands types de guerres:
posséder la terre d’autrui (exemple: Les Empires de Babylone, de Rome, la
première guerre mondiale), imposer à l’autre sa conception de la politique (la
seconde guerre mondiale, la guerre froide), imposer à l’autre sa religion[134].
Il est étrange de constater que, même à la fin du XXème siècle et de
ses terribles guerres des idéologies politiques, beaucoup affirmaient que « toutes les guerres de tous les temps
avaient toujours été religieuses ». Cette idée, véhiculée par
l’idéologie laïque, est le signe d’un avenir lointain sombre pour les
religions, surtout à un moment qui semble donner raison à leurs ennemis.
Muhammad a
dit que malgré ces épreuves, il subsistera toujours, jusqu’à la fin du
monde un petit reste de croyants. « Il y
aura toujours une partie de ma communauté qui combattra ouvertement dans la
voie de la vérité jusqu’à la fin des temps. Issa le fils Maryama (Jésus)
descendra et le Commandeur de ses croyants lui dira: vient diriger notre prière
et Issa répondra: non continue à diriger la prière car vous êtes de la
communauté de Muhammad chacun peut présider la prière de l’autre[135].»
Cette crise sera bénéfique, au moins pour un
regard intérieur. Elle marquera le commencement de l’islam de l’intériorité et
du silence. La tradition musulmane dit qu’après les malheurs de la dernière
lutte commencera un âge d’or unique, comme jamais vu. Le spirituel sera alors
aisément accessible, même si, peu d’hommes en voudront. C’est que l’islam sera
devenu humble.
Deux textes de Flavius Josèphe montre jusqu’où
alla l’abaissement de la nation juive[136].
Ils sont terribles pour les Juifs en ce sens qu’ils montrent que la folie des
sicaires, leur inguérissable fanatisme ne fut même pas arrêté par la vision
expérimentale que tout était fini. Ils aboutirent à la destruction définitive
de l’éphémère Temple juif que Titus, dans sa volonté de faire la paix, avait
reconstruit sur les ruines du Temple de Jérusalem. Décidément, ce peuple lui
paraissait irréformable. Il devait disparaître. Cette ruine totale du judaïsme
politique fut en fait, aux yeux de Dieu, une victoire spirituelle. Le judaïsme
nouveau qui en naquit était pauvre de cœur, jamais installé sur une terre, toujours
persécuté et chassé mais souvent humble et priant.
Il semble, d’après
les prophéties même de Muhammad, qu’il en sera de même pour l’islam. Il n’y
aura plus trace de son existence politique, plus de lieux saints ni de terre de
l’islam. Mais Dieu discernera la présence de vrais fidèles musulmans. Leur
prière secrète et privée ressemblera à celle de Job dans son épreuve: “ Je sais moi que mon Rédempteur est
vivant et qu’il se lèvera le dernier dans la poussière. Et moi, après mon
éveil, de ma chair, je verrai Allah[137]”.
Ils auront été appauvris par l’épreuve, détachés de leurs rêves d’un islam
mondial par la vision de l’apostasie* de leurs jeunes. Il ne leur restera plus
qu’Allah et la confiance qu’ils lui portent. Ceux qui n’auront pas réalisé
cette oeuvre de purification ne tiendront pas. Ils s’écrouleront devant la
constatation de la victoire de l’Antéchrist. Ainsi, par bataillons entiers, les
musulmans Apostasieront leur foi[138].
En ces jours, le petit reste des musulmans fidèles n’aura plus pour les soutenir
l’appel à la prière du muezzin, le jeûne effectué dans la joie de la communion
avec les autres musulmans, le pèlerinage dans les lieux saints. Il ne leur
restera plus que l’aumône qu’on peut camoufler en action sociale, le Coran* qui
nourrit l’âme de sa beauté venant du Très-Haut et la prière d’adoration
secrète, au fond du cœur. Nourris de leurs propres prophéties, les musulmans
prieront Dieu d’envoyer le Messie Jésus, lui qui doit revenir à la fin du
monde. Ils supplieront Maryama, sa mère immaculée, d’intercéder pour cela
auprès d’Allah. Et leur prière sera reçue du Ciel. On se réjouira de voir des
serviteurs si fidèles et on saura, en voyant les abîmes de pauvreté de leur
cœur, qu’ils seront grands au Ciel lorsqu’ils mourront.
Il existera des justes dans toutes les religions.
Ici et là, des cœurs chercheront Dieu, gardant fidèlement les traditions
reçues des pères, les semences de l’Esprit Saint qui les dispose au salut.
Muhammad a dit: « L’islam a commencé à Médine*, errant
et fragile. Il finira de la même façon.»
Pourquoi ce malheur à
venir de l’islam? Ce que disait Flavius Josèphe de Jérusalem il y a 1900 ans
semble tout à fait applicable à l’islam dans les années à venir[139].
Il écrivit : « Jérusalem, misérable ville, qu’as-tu souffert de
semblable lorsque les Romains, après être entrés par la brèche, t’ont réduite
en cendre pour purifier par le feu tant d’abominations et de crimes qui avaient
attiré sur toi les foudres de la vengeance de Dieu? Qui pouvait encore croire
que tu avais été ce lieu adorable où Dieu avait établi son séjour? Tu fus punie
après avoir, par la plus sanglante et la plus cruelle guerre civile que l’on
vit jamais, fait de son saint Temple le sépulcre de tes citoyens. Ne désespère pas
néanmoins de pouvoir apaiser sa colère, pourvu que tu égales ton repentir à
l’énormité de tes offenses. »
« Je ne peux me
persuader que les impiétés de nos pères qui leur attirèrent ce même malheur[140]
furent comparables aux nôtres. N’ai-je donc pas sujet de croire que Dieu,
voyant ces saints lieux consacrés à son service souillés par tant
d’abominations, il les a abandonnés pour se ranger du côté de ceux à qui nous
fîmes la guerre. Lorsqu’un homme de bien voit que tout est corrompu dans sa
famille, il la quitte et change en haine l’affection qu’il lui portait. Nous
voudrions que Dieu, à qui rien ne peut être caché, et qui pour connaître les
plus secrètes pensées des hommes n’a pas besoin qu’ils les lui disent, demeurât
avec nous quoique nous soyons coupables des plus grands de tous les crimes. Ils
sont si publics qu’il n’y a personne qui les ignore. Il semble que nous avons
concouru à qui serait le plus méchant. Nous nous faisions gloire du vice comme
les autres font gloire de la vertu[141]. »
Dans
les prophéties musulmanes, Muhammad annonce sans cesse que cette destruction
finale sera le fait de l’Antéchrist, le Dajjal.
Or, nous venons de montrer que si ces prophéties sont vraies, elles ne pourront
être réalisées que par l’Occident. Sommes-nous donc l’Antéchrist? Certains
l’ont nié, affirmant que l’Occident attaqué par un islam intégriste et frustré
dans son orgueil dominateur ne pouvait se battre que pour le Bien universel.
Pourtant,
à y regarder de plus prêt, il faut faire acte de vérité. Quel est l’enjeu de
cette lutte? Deux conceptions du monde s’affrontent qu’Édgar Morin appelle deux
barbaries, « l’une venue du fond des
âges, l’autre glacée, anonyme, technico-industrielle.» Que symbolisaient en
effet les Twin Tower, sinon un matérialisme arrogant, peut-être l’un des pires
qui ait jamais existé sur terre. On le devine confusément au plan de la simple
humanité. Tout paraît propre et civilisé dans notre monde alors que,
sourdement, tout semble devoir être sacrifié à ce seul dieu: « mon bonheur, ici et
maintenant ». Or qu’est ce qu’un Antéchrist sinon une idéologie qui
s’oppose aux commandements du Christ: « Établissez
par-dessus tout l’amour de Dieu et du prochain, jusqu’au mépris de
vous-mêmes »[142].
Le fait que l’Occident puisse être la cause de l’humiliation salutaire de tout
l’islam, de par la folie de quelque-uns de ses membres, ne signifie pas que
l’instrument de cette humiliation soit le bien.
Certains analystes voient
même dans notre anti-christianisme l’un des plus dangereux. N’y a-t-il pas ici
une exagération, un blasphème contre l’humanité? Que peut-il y avoir de pire
que le nazisme ou le communisme, comme le disait jadis le pape Pie XI[143] ?
Il n’y a pas d’exagération mais il s’agit ici d’un regard théologique. Il ne
porte pas d’abord sur le meurtre des corps mais sur celui des âmes. Jésus
disait: «Je vous le dis à vous, mes amis:
Ne craignez rien de ceux qui tuent le corps et après cela ne peuvent rien faire
de plus. Je vais vous montrer qui vous devez craindre: craignez Celui qui, après
avoir tué, a le pouvoir de jeter dans la géhenne; Oui, je vous le dis,
Celui-là, craignez-le[144].»
Le nazisme et le communisme
furent au-dessus de tout pour le meurtre conscient
et volontaire des corps. Mais ces
deux monstres du XXème siècle apparaissaient clairement comme ce
qu’ils étaient, des monstres. Il était donc plus facile de les repérer et de ne
pas les laisser tuer l’âme des
peuples. Notre civilisation est d’une autre trempe. Elle tue non seulement les
corps[145],
mais les âmes. En effet, elle a le pouvoir d’anesthésier les consciences, de
leur faire croire qu’il est bon et louable de sacrifier ce qu’il y a de plus
précieux au monde (le fruit de son sein par l’I.V.G.; la femme ou l’homme de sa
jeunesse par la répudiation et le divorce[146];
la visite à ses vieux parents par l’instauration des hospices-mouroirs) au « devoir d’être heureux en urgence,
avant que la fleur ne se fane ». Cette philosophie n’évite les
massacres physiques qu’en apparence, tout en prétendant les interdire.
On pourrait multiplier les
analyses pour manifester que la voie proposée par l’humanisme sans Dieu
consiste en un égoïsme intelligemment
géré. En nourrissant l’égoïsme d’une manière très profonde, en le rendant
viable à travers une apparence de bonheur individuel, il façonne efficacement
chacun dans la recherche de soi. Quand un humaniste moderne se regarde, il ne voit pas qu’il est égoïste. Il
peut se croire longtemps généreux puisqu’il respecte, dans sa recherche de
bonheur, la recherche d’autrui. Il condamne avec force le nazisme et le
communisme, affirmant à qui veut l’entendre[147]: « "Si nous avions vécu du temps de
nos pères, nous ne nous serions pas joints à eux pour verser le sang des
prophètes" Dans l’évangile,
Jésus témoigne d’une grande répulsion vis-à-vis de cette autosatisfaction. Il
dit : "Ainsi, vous en
témoignez contre vous-mêmes, vous
êtes les fils de ceux qui ont assassiné les prophètes! Eh bien! Vous, comblez
la mesure de vos pères!"
Un dernier point
reste à traiter. Quel est le rôle d’Israël dans cette histoire? Pour l’ensemble
de la communauté musulmane, fondée sur les Prophéties de Muhammad, le regard
sur le judaïsme est ambigu[148].
Selon l’islam, Ce peuple doit certes être protégé puisqu’il possède, quoique de
manière falsifiée, le livre de la Bible. Mais il a été maudit par Dieu
lorsqu’il a tenté de tuer son Messie, Issa fils de Maryama. « Tout le peuple juif répondit: Que son
sang soit sur nous et sur nos enfants! »[149]
D’autre part, le fait que ce peuple ait repris la terre de Palestine est en
contradiction totale avec la foi musulmane. Muhammad distingue en effet deux
sortes de terres dans le monde: La terre
de l’islam (Dar el-Islam), soumise à un Calife* et à la domination des
musulmans. Elle ne doit jamais être perdue. Telle était la Palestine avant la
création de l’État d’Israël, malgré la présence d’une grosse minorité
chrétienne. La terre de la guerre (Dar
el-Harb), celle sur qui ne flotte pas encore les drapeaux de l’islam. La Palestine est aujourd’hui de
celles-là. Pour tout musulman, elle doit être rendue à l’islam, de la même
façon qu’elle le fut après un siècle de vaines tentatives des croisés
chrétiens.
Les prophéties
musulmanes concernant le peuple juif sont inquiétantes puisqu’elles disent que
l’Antéchrist, celui qui réunira une armée et s’attaquera à l’islam sur sa terre
sainte d‘Arabie vers la fin du monde sera un Juif borgne accompagné d’une armée
mondiale et de tous les démons de l’enfer. Avec la plaie ouverte de la lutte
Israëlo-Palestinienne, relayée de manière partisane sur les télévisions câblées
arabes, l’antisémitisme, comme une vague noire, monte dans le cœur des
musulmans.
Les musulmans
feraient bien d’observer avec précision l’histoire de ce peuple. Son destin est
particulier. Son histoire porte un mystère, même aujourd’hui. Ils feraient bien
de suivre le conseil du Prophète: « Lorsqu’il
n’y aura plus ni assemblée, ni imam, restez à l'écart de tous les
partis... » Hadith* 92, 11.
Le destin du peuple juif est
irréductible à toute catégorie connue. Ce peuple a la propriété de s’attirer
successivement les haines de peuples entiers. A chaque fois, c’est source pour
lui de grands malheurs mais aussi de l’humiliation de celui qui le haït et
l’attaque.
Jusqu’à
la fondation d’Israël en 1948, le peuple juif étant totalement dispersé parmi
les nations, cette humiliation ne venait jamais des Juifs eux-mêmes mais d’une
sorte de propriété immanente de l’antisémitisme. En étudiant l’histoire de
cette forme de haine, on s’aperçoit qu’elle est toujours en corrélation totale
avec une crise d’orgueil. Dès qu’un
peuple se considère comme supérieur aux autres, il se met à haïr Israël.
Au
Moyen Age, l’Occident protégé de la domination de l’islam voit se développer
une civilisation chrétienne. Les signes de cette richesse spirituelle sont
encore visibles dans nos villes. Pourquoi faut-il que la paix et la réussite
religieuse charrient avec elles tant d’orgueil, de certitude de tenir le Ciel?
Nous en avons une preuve dans la constante persécutions des Juifs de cette
époque. Ils représentent la résistance spirituelle, la différence. Ils sont une
épine dans l’idée qu’on se fait d’une chrétienté pure et universelle. Alors
Dieu, afin de sanctifier les chrétiens, permit la multiplication des guerres,
des famines. “Il faut que cela arrive, ne
vous alarmez pas”, avait-il prévenu le Messie dans l’Évangile[150].
Dieu autorisa même que l’islam vienne menacer de très près le magnifique temple
de l’Occident chrétien. Mais comment expliquer ce qu’il permit à partir de
l’année 1347, alors même que la civilisation chrétienne atteignait son apogée?
En deux ans, (1348-1350), l’incendie de la peste tuera un tiers de la
chrétienté latine. Le bilan est pire en proportion que les guerres mondiales
modernes.
Au
XIXème siècle l’incendie de la haine du Juif reprend en Europe. La
France n’en est pas exempte et l’impact énorme de l’affaire Dreyfus prouve que
cette haine structure l’orgueil national français. La sanction ne tardera pas.
Les nations européennes, sûres de leur invincibilité, vont s’en prendre l’une à
l’autre et s’humilier mutuellement dans les tranchées de la Grande Guerre. La
France en sort plus ou moins guérie.
L’Allemagne, furieuse
de l’indignité de sa défaite, n’ayant pas été assez humiliée, reprend avec son
désir de vengeance le flambeau de la haine du Juif. «J’appelle en premier lieu toutes les nations civilisées à lutter
contre cette plaie universelle qu’est le Juif international», écrit Adolf
Hitler, 30 avril 1945, dans son testament politique. Puis, étant allé jusqu’au
bout de sa haine, il prépara son suicide.
On dirait que
l’existence de l’Antisémitisme est, comme en médecine, le symptôme certain
d’une maladie qui s’appelle l’orgueil.
Il est aussi le signe presque infaillible que la main de Dieu se prépare à
frapper cet orgueil, pour le salut des hommes.
Il semble que les nations
musulmanes dans leur ensemble sont en passe de retomber dans le piège de
l’anti-judaïsme. Depuis 1948, depuis la fondation d’Israël, l’expérience arabe
est une longue suite d’humiliations, d’occasions perdues et d’orgueil national
de plus en plus exacerbé. Au commencement, deux États avaient été prévus par
l’O.N.U. Les Palestiniens en possédaient un. Les Juifs acceptèrent. Le jour
même de sa fondation, le 15 mai 1948, à l’aube, le nouvel État d’Israël
fut envahi par les troupes du Liban, de la Syrie, de la Jordanie, de l’Égypte.
La guerre sera difficile pour l’État hébreu, dont la population compte le jour
de sa proclamation 650 000 habitants et qui perdra près de
4 000 combattants et 2 000 civils. Cependant, malgré
quelques revers locaux (notamment à Jérusalem-Est, restée propriété arabe), la
nouvelle armée l’emportera sur tous les fronts (en partie grâce à une
importante livraison d’armes tchécoslovaques).
Le reste de l’histoire du
jeune État est une série d’attaques arabes, d’abord militaires puis
terroristes, puis enfin islamistes Wahhabites* qui, amèneront étapes par étapes
la ruine financière des nations arabes[152]
et le progrès économique d’Israël. Malgré toutes ces disconvenues, jamais les
Arabes n’ont perdu l’espoir de vaincre Israël. Il semble qu’ils n’ont pas assez
souffert pour renoncer à l’idée de le détruire. Ils préfèrent assassiner les
défaitistes que de céder[153].
Le conflit n’est pas qu’une
affaire de défense de la part d’Israël. Les extrémistes des deux bords, en
Israël (notamment les colons) et chez les Palestiniens (en particulier les
intégristes du Hamas, du Djihad* islamique) veulent une victoire
totale et la disparition de l’autre.
Devant l’expérience de ses
victoires, le rêve de l’orgueil et de la puissance ne manqua pas de tenter
Israël. Pourquoi ne pas recréer le grand Israël du roi David? Cet idéal est tentant
pour des raisons religieuses (prophéties bibliques sur le retour d’exil) et
politiques (Sionisme, retour à toute la terre). Israël établit dès 1967 une
politique de grignotage des territoires palestiniens arabes (achat de terre,
expulsion de population, implantation de colonies). Israël provoqua alors une
exacerbation du problème palestinien. Ayant perdu les guerres, les États arabes
encouragèrent le terrorisme Palestinien. L’O.L.P. (Organisation de Libération
de la Palestine) devint devant le monde la vitrine légale du droit des
Palestiniens. La situation d’Israël devint alors délicate. Isolé
diplomatiquement, l’État hébreu s’appuie avant tout sur les États-Unis[154].
Depuis 1987, une révolte des jeunes palestiniens dans les territoires occupés
(Intifada, guerre des pierres) a fait, en un peu plus de cinq ans, plus de
mille morts palestiniens. Elle reprit de manière incroyable en 1998, la
restitution totale des territoires occupés par Israël et la création de l’État
palestinien étant pratiquement acquise. Le Premier ministre de l’époque
proposait en échange de la paix Jérusalem-Est comme capitale du nouvel État.
Les Palestiniens voulurent davantage. Ils exigèrent le retour sur les terres
même d’Israël les descendant des anciens habitants Palestinien (plusieurs
millions de personnes). Autant demander la fin de l’État d’Israël. Le monde
comprit que l’espoir palestinien n’était pas la paix mais la reconquête de
toute la Palestine, l’expulsion vers la mer du reste des Juifs.
L’expérience des
défaites musulmanes devrait constituer un signe divin et amener à faire
réfléchir ces croyants. Mais cela semble impossible, comme si tout dans leur
mentalité et leurs prophéties devait s’y opposer, pour leur plus grand malheur
terrestre[155]. La
lecture du Testament des Juifs est à cet égard éclairante. Lorsqu’un peuple,
pour une raison que Dieu connaît (en général lié à l’orgueil qui doit être
abaissé), doit être châtié, il l’est. S’il s’obstine, il perd tout, jusqu’à sa
terre et son Temple[156].
Certains textes bibliques parlent même implicitement de l’islam, sous la figure
de leur ancêtre Ésaü[157]:
« C'est moi Yahvé qui dénude Ésaü,
qui mets à découvert ses cachettes. Car ainsi parle Yahvé: "Toi qui
commets l’iniquité, tu resterais impuni? Tu ne resteras pas impuni, mais tu la
boiras pour de bon, la coupe de ma colère!" J'ai reçu de Yahvé un message,
un héraut était dépêché parmi les nations: "Rassemblez-vous! Marchez
contre ce peuple! Debout pour le combat!" Car, vois, je te rends petit
parmi les nations, méprisé parmi les hommes. Cela t'a égaré de répandre
l'effroi, de t'exalter en ton cœur, toi qui habites au creux de la Roche et
t'accroches au sommet de la hauteur! Quand tu hausserais ton nid comme l'aigle,
je t'en précipiterais, oracle de Yahvé.»
Parfois,
la main de Dieu humilie Israël[158]
(on pense à l’expérience terrible du génocide) parfois elle le protège. Dans ce
cas, mieux vaut ne pas être de ses ennemis: C’est une expérience que fit
l’empereur d’Assyrie Sennachérib. Il fit la guerre à Israël au temps du roi
Ézéchias[159]. « Après cela Sennachérib, roi
d'Assyrie, entra en Israël. Il fit dire au peuple: "Ainsi parle
Sennachérib, roi d'Assyrie: Sur quoi repose votre confiance pour demeurer ainsi
dans Jérusalem assiégée? Ézéchias ne vous livre-t-il pas à la mort, par la faim
et par la soif, quand il dit: "Yahvé notre Dieu nous délivrera de la main
du roi d'Assyrie?" Ne savez-vous pas ce que moi-même et mes pères nous
avons fait à tous les peuples des pays? Les dieux des nations de ces pays ont-ils
pu les délivrer de ma main?" Ses serviteurs parlaient encore que Yahvé
envoya un ange de peste qui extermina ses vaillants preux, les capitaines et
les officiers; celui-ci s'en retourna, le visage couvert de honte, dans son
pays; puis il entra dans le temple de son dieu où quelques-uns de ses enfants
le frappèrent de l'épée. "Ainsi parle Yahvé Sabaot, commente le
prophète Juif Zacharie[160],
en ces jours-là, dix hommes de toutes les
langues des nations saisiront un Juif par le pan de son vêtement en disant:
"Nous voulons aller avec vous, car nous avons appris que Dieu est avec
vous." »
L’espoir
des islamistes Wahhabites* est que la main de Dieu soit aujourd’hui contre
Israël. Ils en sont sûrs. Ils ne doutent pas pour raison religieuse que tôt ou
tard, ils seront donc écrasés. Mais cette espérance semble vaine. De plus, si
l’on considère les prophéties données par celui qu’ils considèrent comme le
Messie, Jésus, fils de Marie, l’avenir apparaît sombre pour les espoirs
islamistes Wahhabites.
Il semble que le sens
mystérieux et profond de ce que vit actuellement Israël se trouve non dans les
prophéties de l’islam mais dans celles des chrétiens. Les musulmans affirment
qu’Israël est maudit par Dieu. Israël n’est pas maudit[161].
D’après l’enseignement de saint Paul aux Romains, il est conservé devant le
monde entier comme un signe puissant de son action sur les hommes. Le fait que
le Peuple d’Israël n’ait pas reçu le Messie qui lui avait été envoyé, malgré
les nombreuses prophéties qu’il avait reçues à ce sujet, cela relève, selon
saint Paul, à la fois de la volonté endurcie des dirigeants du peuple et d’une
volonté mystérieuse de Dieu, selon l’Écriture sainte[162]:
«Dieu leur a donné un esprit de torpeur:
ils n’ont pas d’yeux pour voir, pas d’oreilles pour entendre jusqu’à ce jour.» Il
ajoute [163]: «Dieu fait miséricorde à qui il veut et il
endurcit qui il veut.» Il veut signifier par là que l’aveuglement
intellectuel d’Israël qui refuse la foi au Christ est voulu par Dieu, à cause
d’un plus grand bien qui doit en sortir.
Dieu ne peut vouloir
directement et par soi un mal de peine tel que celui-ci. Il est donc évident
qu’il n’a pas voulu l’endurcissement de ce peuple par vengeance à cause de la
mort du Messie mais à cause d’un bien plus grand qui devait en sortir par la
suite. Et on peut donner quelques-uns uns des motifs cachés:
1. Par son endurcissement, le
peuple juif a permis que l’Évangile soit prêché à toutes les nations, selon
saint Paul[164]: «Leur faux pas a fait la richesse du monde.»
En second lieu, il convenait
qu’une partie du peuple d’Israël reste endurci dans l’Ancienne Alliance afin de
demeurer aux yeux du monde un témoignage vivant de la lente maturation à la
venue du Christ qui avait été commencée en Abraham et continuée à travers Moïse
et les prophètes de ce peuple. Ils témoignèrent de cette Ancienne Alliance sur
la terre entière après leur dispersion opérée par les Romains. Ils furent de ce
fait pour les chrétiens et les musulmans les témoins vivants de l’Ancienne
Alliance.
En troisième lieu, Israël
devait demeurer pour les nations un signe important du mode d’action de Dieu
sur tous les hommes et toutes les nations. Par toute son histoire faite d’exil,
de dispersion et d’errance, cette nation constituait une image du sort de
chaque homme sur terre, qui erre loin de sa patrie jusqu’à l’entrée dans la vie
éternelle. Tel est en particulier le signe d’Auschwitz.[165]
Enfin et surtout, Israël est
un signe grandiose gardé jusqu’à la fin pour annoncer le retour du Christ et la
fin du monde. C’est ce que veut signifier l’apôtre quand il dit que «La conversion d’Israël sera une
résurrection d’entre les morts.»[166]
On peut même dire que le peuple d’Israël sera l’un des signes les plus
importants à la fin du monde, lorsque la proximité du retour du Christ sera
annoncée. En effet, les signes concernant Israël sont explicitement annoncés
dans l’Écriture par Jésus et se sont jusqu’ici réalisés de manière visible dans
l’histoire, et non seulement de manière spirituelle pour les contemplatifs.
Israël reste le peuple élu pour annoncer la terre promise.
Le Christ, dans les évangiles
ou dans l’épître de saint Paul aux Romains, donne cinq prophéties concernant
l’avenir de ce peuple et le retour du Christ. Elles sont très concrètes.
1- Il annonce que le Temple
de Jérusalem sera détruit[167]:
«En vérité, je vous le dis, il ne restera
pas ici pierre sur pierre qui ne soit jetée bas.» Et le temple sera
remplacé par un temple consacré aux idoles[168]:
«Vous verrez l’abomination de la
désolation installée dans le lieu saint.»
2- En second lieu, il annonce
que le peuple juif sera déporté parmi toutes les nations[169]:
«Il y aura grande détresse sur la terre
et colère contre ce peuple. Ils tomberont sur le tranchant du glaive et ils
seront emmenés captifs dans toutes les nations.»
3- En troisième lieu, il y
aura des malheurs et des massacres perpétrés contre ce peuple[170]:
«Filles de Jérusalem, ne pleurez pas sur
moi! Pleurez plutôt sur vous-même et sur vos enfants! Car voici venir des jours
où l’on dira: heureuses les femmes stériles, les entrailles qui n’ont pas
enfanté, et les seins qui n’ont pas nourri! Alors, on se mettra à dire aux
montagnes: Tombez sur nous! et vous, collines, couvrez-nous.»
4- En quatrième lieu, ce
peuple reviendra dans la terre d’Israël et prendra de nouveau possession de la
ville sainte[171]: «Jérusalem sera foulée par les païens
jusqu’à ce que soient accompli le temps des païens.» Le retour d’Israël
marquera donc la fin du temps accordé aux païens pour inaugurer un temps de
grâces accordées à Israël[172].
5- Enfin saint Paul annonce
un dernier signe qui précèdera immédiatement le retour du Christ dans sa
gloire: Israël reconnaîtra Jésus comme étant le Messie[173]:
«leur mise à l’écart de l’Alliance fut une
réconciliation pour le monde, que sera leur admission, sinon une résurrection
d’entre les morts» De même Jésus annonce[174]:
«Vous ne verrez plus jusqu’à ce qu’arrive
le jour où vous direz: Béni soit celui qui vient au nom du Seigneur.» Ce
qui signifie que, le jour où ils accepteront le Messie, celui-ci se montrera à
eux à nouveau.
Ces cinq prophéties
constitueront la réalisation grandiose de l’un des sens[175]
de ce texte de l’Apocalypse de saint Jean[176]:
«Un signe grandiose apparut au ciel: une
Femme! Le soleil l’enveloppe, la lune est sous ses pieds et douze étoiles
couronnent sa tête. Elle est enceinte et crie dons les douleurs et le travail
de l’enfantement.» Israël est bibliquement comparable à une femme puisqu’il
est en quelque sorte, par l’alliance passée avec Moïse, l’épouse de Dieu. Dieu
n’a jamais divorcé avec le peuple qu’il s’était choisi comme signe devant le
monde entier. Dieu n’est jamais infidèle. Les douze étoiles symbolisent les
douze tribus d’Israël qui signèrent jadis le pacte d’alliance.
Trois de ces prophéties sont
déjà réalisées, de manière puissante. Une quatrième est en passe de l’être,
depuis 1948.
1- Ainsi, vit-on en 70 après
Jésus Christ, le général Romain Titus raser complètement le Temple de
Jérusalem.
2- Puis au IIème siècle,
à la suite d’une dernière révolte juive, le reste de la population d’Israël fut
déporté; L’empereur fonda une nouvelle ville à la place des ruines de
Jérusalem: «Hélia Capitolina.» Sur le
lieu du Temple, un temple dédié à Jupiter fut construit. Pour les Juifs, «l’abomination de la désolation» dont
parle le prophète Daniel 9, 27, fut physiquement
dans le lieu saint. Les prophéties se réalisèrent à la lettre.
3- L’extermination, les
malheurs et les persécutions ne cessèrent de s’abattre sur les communautés
juives dispersées jusqu’à la persécution la plus récente et les massacres d’un
tiers des Juifs du monde par l’Allemagne Nazie. C’est le signe maudit
d’Auschwitz[177].
4- Enfin en 1948, la création
du nouvel État d’Israël en Palestine marque une nouvelle étape, non encore
pleinement réalisée puisque Jérusalem n’est pas entièrement redevenue une ville
juive.
C’est là qu’il convient aux
musulmans d’être attentifs et d’écouter la voix qui leur vient du
christianisme. Les prophéties se réalisant matériellement, on peut savoir avec
certitude que Jérusalem deviendra la capitale du seul État juif. Lorsque ceci
arrivera, ce sera la fin du temps des nations organisées sous forme de pays. Le
monde laissera place à une autre période, mondialiste.
Il est étonnant de voir que
les évènements annoncés dans l’histoire d’Israël ne sont pas uniquement
symboliques. Ils sont de type "Témoins
de Jéhovah", c’est-à-dire qu’ils
se réalisent au sens le plus littéral du terme. Mais ils ont aussi un sens
spirituel, très profond. Il apparaît quelque peu à celui qui est habitué à lire
de l’intérieur l’Histoire Sainte rapporté par la Bible. On y voit
symboliquement manifestées une multitude de choses spirituelles. Toute
l’histoire du Salut y est inscrite à travers des allégories* proches de celles
du livre de l’Exode[178].
On ne peut qu’en donner une idée.
1- La destruction du Temple
d’Israël marque l’entrée dans un nouveau temps qui est celui de la nouvelle
Alliance, où Dieu n’est plus adoré sur une montagne, mais au fond des cœurs, en
esprit et en vérité. Et ce temps est le dernier qui sera accordé à l’humanité
car il n’y aura pas d’autre alliance avant celle de la vision béatifique.
Cependant, prise en un sens symbolique, cette destruction préfigure celle que
devra subir le nouveau temple qui est l’Église (et l’islam aussi, nous l’avons
montré…) dans un holocauste final qui précèdera la glorification du monde.
2- La dispersion du peuple
d’Israël ne doit pas être considérée comme une punition pour l’acte commis par
ceux qui ont tué Jésus car ce péché leur a été imputé personnellement lors de
leur jugement particulier. Cette dispersion est donnée aux nations comme un
signe prophétique qui manifeste notre sort ici-bas. Nous sommes en pèlerinage.
Notre terre, nos biens nous sont enlevés, un jour ou l’autre par la mort. Nous
devons y apprendre que nous sommes pécheurs et que nous méritons la dispersion.
Il s’agit d’un apprentissage de la vérité. En subissant une telle épreuve, le
peuple d’Israël réalise pour Dieu son rôle de peuple de prophètes donnés à toute
la terre.
3- La shoah est le plus terrible des signes, comme l’est le signe de
croix pour le chrétien, car la croix est en fait un gibet. Le Christ n’a pas
été tué par les seuls Juifs ou par quelques soldats romains. Il l’a été par
chacun de nous, dans la mesure où il est mort pour le péché de nous tous. Aussi
il serait vain d’affirmer que les persécutions que subissent les Juifs sont des
punitions du meurtre de Jésus. Il faut plutôt affirmer qu’Israël est donné aux
nations comme un témoignage prophétique des conséquences terribles auxquelles
aboutissent les péchés puisqu’ils tuent la vie de l’âme, d’une manière analogue
à la barbarie des persécuteurs lorsqu’ils massacrent un peuple innocent. Le
peuple d’Israël persécuté est donc signe de la fin du monde où se manifestera
la haine implacable du démon contre les enfants de Dieu.[179]
5- La reconnaissance
par Israël de Jésus-Christ comme Messie de Dieu ne semble pas être pour demain.
Pourtant, ce sera le dernier signe, le plus profond, celui qui précèdera ou
accompagnera un événement historiquement inimaginable. Le Messie de Dieu
peut-il jaillir visiblement dans l’histoire, « comme l’éclair de l’Orient à l’Occident [180]»?
Cela paraît une croyance ridicule. Pourtant…
Jamais, semble-t-il,
les musulmans ne cèderont sur Jérusalem. Toute leur foi, leur obstination se
concentre sur cette ville: « Elle
est terre d’islam. Nous en chasserons les infidèles. » Voici une
preuve de cette détermination. Il s’agit d’une fatwa* (décision religieuse) du
Mufti de Jérusalem le Sheikh Ikrama Sabri concernant le Mur Occidental, le
dernier vestige du Temple détruit par Titus [181]
(Kotel hama’aravi, encore appelé Mur
des Lamentations,). Elle a été diffusée le 20 février 2001 sur les ondes de la
radio officielle palestinienne "Voix
de Palestine":
« La question du Mur "Al-Bouraq" a été
soulevée au début du XXème siècle, après la Première Guerre Mondiale,
à la suite de la Déclaration Balfour sur la création d'un foyer national pour
les Juifs en Palestine. Les Juifs commencèrent alors à venir nombreux en
Palestine pour prier devant le Mur « Al-Bouraq », en prétendant que c'est le
"Mur des Lamentations". Il existe plusieurs versions de la raison
pour laquelle les Juifs pleurent devant le Mur. D'après l'une des versions, ils
pleurent parce qu'ils n'ont pas respecté les Dix Commandements de notre maître
Moïse -la paix soit sur lui-! D'après une autre version, ils pleurent le fait
que le Prophète Mohammed était Arabe et pas Juif. C'est à cause de cela qu'ils
appellent ce mur le "Mur des Lamentations". Mais selon le droit
international, il s'agit d'un patrimoine islamique consacré, puisque le Mur
"Al-Bouraq" fait partie de la muraille de la Mosquée Al-Aqsa. Qui
plus est, c'est le Prophète Mohammed lui même qui l'a sanctifié lorsqu'il y
attacha (la jument) Al-Bouraq, qui l'avait transporté sur son dos de La Mecque*
à Jérusalem, dans la nuit du Mi'raj (ascension au ciel de Mohamed, selon la
tradition musulmane). C’est pourquoi nous décrétons que ce Mur appartient à
l'islam et n'a rien à voir avec les Juifs. Concernant ce qui a été publié
dernièrement sur la chute de quelques pierres du mur et l'intention qu’ont les
Juifs de le réparer, nous affirmons que le ravalement de ce Mur relève de
l'autorité de l'Administration des Biens islamiques (Waqf) et qu’il est
interdit aux Juifs d'y faire quoi que ce soit, car il ne leur appartient pas.»
Le Mont du Temple
Si Dieu en a décidé
ainsi, Jérusalem sera rendue entièrement aux Juifs, de l’Ouest à l’Est, le Mont
du Temple compris. Personne ne peut rien contre le mystère de Celui qui a
décidé de faire de la lourde histoire humaine un apprentissage de la misère en
vue du salut. L’obstination musulmane ressemble à celle du Pharaon égyptien
confronté à Moïse. « Son obstination
venait de Dieu, commente le livre de l’Exode, car Dieu avait décidé de se glorifier aux dépends de Pharaon »[182].
Le lien né en 1948
entre Israël et la première puissance du monde, les États-Unis d’Amérique rend
clair le scénario à venir. Les acteurs des prophéties musulmanes parlant de
leur guerre finale sont en place. Il ne manque plus que la dernière provocation
(venant probablement des Arabes Wahhabites*) et qui allumera l’étincelle.
Muhammad disait: « Alors le Dajjal* (l’Antéchrist)
viendra et ira dans le voisinage de Médine*. La ville éprouvera trois secousses
et, après cela, les infidèles et les hypocrites iront trouver
l'Antéchrist." Il viendra de la région du Khorassan, en Asie, et 70 000
juifs armés le suivront. Les diables que le Prophète Soulaïman a enchaînés dans
les mers le suivront. Il attirera beaucoup de monde à lui car il donnera à
boire et à manger. La terre Sainte (l’Arabie) sera ravagée et la
Kaaba* détruite. Beaucoup de musulmans seront tentés de le suivre et
d’Apostasier leur foi. Mais les musulmans fidèles mangeront (seront nourri) par
le dikrh, le Rappel d’Allah, la prière récitée cinq fois par jour. »
Les Juifs quant à eux, ont
reçu une autre promesse. Elle concerne l’Arche d’Alliance et la restauration
future du Temple de Jérusalem. Cette promesse se trouve dans la Bible[183].
«Il y avait dans cet écrit qu'averti par
un oracle, le prophète Jérémie se fit accompagner par la tente et l'arche,
lorsqu'il se rendit à la montagne où Moïse, étant monté, contempla l'héritage
de Dieu. Arrivé là, trouva une habitation en forme de grotte et il y
introduisit la tente, l'arche, l'autel des parfums, puis il en obstrua
l'entrée. Quelques-uns de ses compagnons, étant venus ensuite pour marquer le
chemin par des signes, ne purent le retrouver. Ce qu'apprenant, Jérémie leur
fit des reproches: "Ce lieu sera inconnu, dit-il, jusqu'à ce que Dieu ait
opéré le rassemblement de son peuple et lui ait fait miséricorde". »
L’humilité est la clef de cette histoire
Toute
communauté, toute religion qui se prend pour Dieu finit par être abaissée.
« Il
renverse les puissants de leur trône » (Evangile de Luc 1)
Allégorie: C’est un type de prophétie
souvent utilisé dans les Livres Saints, juifs comme chrétiens. L’histoire
parfois anodine d’un homme cache un sens plus profond. Elle révèle non
seulement des évènements à venir mais leur sens profond. Ainsi, la vie
d’Ismaël, l’ancêtre de l’islam, est l’allégorie de l’islam et de son histoire.
(Voir aussi l’analogie la fin de l’islam, chapitre 5).
Antéchrist (Voir Dajjal): (du grec, avant le Christ). Il
se distingue de son idéologie, appelée dans les Écritures l’esprit de l’Antéchrist. L’Antéchrist est tout homme qui incarne à
telle ou telle époque l’idéologie anti-chrétienne. A la fin du monde, le
dernier Antéchrist poussera jusqu’au sublime le culte de l’orgueil et de
l’égoïsme humain. L’Antichrist (celui qui lutte contre le Christ) est
une expression semblable.
Apostasie: C’est le fait de
renier sa foi après en avoir vécu. Les chrétiens comme les musulmans ont reçu
l’annonce explicite d’une apostasie de masse vers la fin du monde. Jésus
affirme que cela se fera à cause de la perte de l’amour de Dieu et du prochain.
Muhammad l’annonce du fait de la perte du zèle pour l’honneur de Dieu (Voir
chapitres 3 et 5).
Arabes: Habitants de la
péninsule arabique. D’après l’islam, leur ancêtre Ismaël reçut la promesse de
Dieu que la plus grande bénédiction toucherait sa lignée. Il serait source
d’une immense descendance, fille spirituelle et charnelle d’Abraham.
Effectivement, c’est par un prophète arabe (Muhammad) puis par les armées
arabes que l’islam fut donné au monde de l’Inde à l’Espagne. Mais, vers la fin
du monde, disait Muhammad, les Arabes répandront le mal dans le monde « Malheur aux Arabes!». Ils
précipiteront la guerre de Gog et Magog (Voir chapitre 3 et 5).
Bénir, bénédiction: L’expression
« bénédiction de Dieu » peut prendre deux sens selon qu’il est divin
ou humain. Pour Dieu, une religion ou un homme est béni s’il est humble, petit,
prêt à se comporter avec miséricorde envers les autres hommes, à l’image du
comportement d’Allah. C’est du moins l’interprétation musulmane du mot. L’homme
béni par excellence est Muhammad dans son exil de Médine car il est pauvre et
confiant en Dieu. Dans le sens humain, habituel, mondain du terme, être béni
par Dieu signifie souvent l’inverse: gloire humaine, réussite, pouvoir. Les
Protestants américains comme les islamistes Wahhabites communient dans cette
conception du mot bénédiction. Dieu se sert de cette ambiguïté des sens. Il en
fait un instrument pour sanctifier les hommes. Il laisse à chacun un temps de
pouvoir terrestre pour mieux, tôt ou tard, mettre un terme à cette gloire et
plonger à travers une chute douloureuse dans l’apprentissage de l’humilité.
L’explication du caractère mortel de toute réalité est ici (Voir chapitres 3 et
5).
Catholicisme : christianisme
originel. D’abord persécuté par les Romains puis devenu religion officielle de
l’Empire (313), le catholicisme se caractérise par le fait qu’il fut
responsable de la définition de Jésus le Messie comme le Verbe éternel de Dieu
fait homme. C’est lui qui établit la théologie de la Trinité, un seul Dieu en
trois énergies consubstantielles. Cette forme de christianisme* trouve son
unité autours de trois sources: 1- le Livre (ancien Testament Juif et Nouveau
Testament de Jésus), 2- les saints reconnus par les miracles qui suivent leur
mort, 3- la parole doté d’autorité divine du pape de Rome concernant la foi et
la morale.
Chiite: Division musulmane
apparue après la mort du prophète Muhammad et fondée sur la primauté d’un
dignitaire religieux et l’existence d’un clergé faisant exclusivement partie de
la descendance charnelle du Prophète.
Christianisme: C’est une religion
fondée sur l’exagération de ses membres qui firent de Jésus un Dieu. Étant une
religion du Livre, malgré ses falsifications, elle doit être respectée. En
terre d’islam, les chrétiens ont leur quartier, payent un impôt et n’ont pas
accès aux charges publiques. Les chrétiens sont sauvés par l’apparition du
Messie Jésus qui leur prêche l’islam sur le lit de mort ou à la fin du monde.
Cette religion disparaîtra dans l’autre monde où tous seront musulmans.
Coran: Livre dicté par Dieu
et le truchement de son Archange Gabriel. Muhammad, instrument fidèle quoique
inculte de Dieu, le récita à ses compagnons qui l’écrivirent. Il en commenta
les ambiguïtés (Hadith). Le coran est
supérieur à la Bible et aux Évangiles car il ne possède aucune falsification.
Ses règles d’interprétations sont précises mais rigides. La confrontation à
l’exégèse historico-critique constituera dans le futur une crise profonde de
l’islam (Voir chapitre 1).
Dajjal (Antéchrist): Puissance militaire
de la fin du monde. Elle sera dirigée par un homme, le Dajjal. Son idéologie sera anti-islamique. Il s’opposera à l’islam
au cours d’une grande guerre (la grande guerre de l’islam, Gog et Magog). Il
réussira et détruira les possessions islamiques dans le monde. Le Dajjal sera lui-même vaincu par
l’apparition du Messie Jésus, fils de Marie (Voir chapitre 3 et 5).
Djihad (guerre
sainte): Commandée par Allah vers la fin de l’exil à Médine pour reconquérir la
ville païenne de La Mecque et rendre la Kaaba au culte unique d’Allah. L’islam
sunnite distingue quatre guerres saintes. 1- Contre les mécréants pour répandre
la vraie foi, 2- Contre les pervers musulmans, 3- Contre Satan, 4- Contre ses
propres vices. Pour l’islam Wahhabite, la plus grande des guerres est non
seulement militaire, mais elle n’a aucune autre règle que l’efficacité. Pour
l’islam sunnite du XIème siècle, c’est la lutte contre soi-même.
Pour le coran et les Hadith, c’est la
guerre militaire mais elle doit être soumise à des règles légales précises:
Commandée par le seul Khalife, respectant la vie des civils. Usant de la ruse,
elle permet selon les circonstances l’exécution des prisonniers de guerre, sans
pourtant nier l’honneur et l’humanité. Elle ne vise pas à imposer mais à proposer
l’islam. Par contre, elle vise à imposer les lois humaines justes de
Moïse : interdire le meurtre, l’avortement, la trahison etc. (Voir
chapitre 2)
Djinn: Outre les anges qui
sont de purs esprits, Muhammad confirma avec certaines traditions préislamiques
que Dieu créa des êtres intermédiaires dotés d’esprit et d’un psychisme mais
dépourvus de chair. Ils voient et entendent mais ne peuvent être vus par
l’homme. Leur corps n’est pas fait de chair mais de feu (d’énergie?). Leur rôle
est de veiller sur les forces de la nature. Certains se révoltèrent contre
Dieu. D’autres lui furent fidèles. Ce sont les «génies» de l’islam.
Élie: Avec Énoch, ils
sont les deux hommes dont la Bible affirme qu’ils ne moururent pas. Énoch
représente l’amour de Dieu; Élie, le zèle apostolique (parfois intransigeant)
pour la gloire de Dieu. A la fin du monde, ils doivent revenir et annoncer le
retour du Messie. De fait, ils ne reviendront pas personnellement. Ils sont la
figure de deux témoins (plusieurs sens sont donnés à ce mot) donnés à
l’humanité pour qu’elle comprenne l’amour de Dieu et sa propre vanité.
Eschatologie: C’est la partie de
la théologie qui étudie du mystère de la fin de toutes choses. Elle se divise
en deux parties: 1- La mort individuelle et le destin de chacun dans l’autre
monde; 2- La mort des communautés humaine et la fin du monde. Pour un musulman,
l’eschatologie de l’islam n’est qu’un chapitre d’une eschatologie plus grande,
celle du monde entier.
Fatwa : Avis religieux
adressé aux musulmans, quoique n’engageant que celui qui la prononce. Comme
chez les Protestants, chaque musulman est imam. N’ayant pas de magistère papal,
les fatwa islamique n’ont de valeur que pour ceux qui reconnaissent l’autorité
de l’imam émetteur. Depuis la révolution islamique d’Iran, le terme fatwa a
pris le sens malheureux d’appel à l’exécution sommaire.
Gog et Magog: Bataille militaire
finale de l’islam et de l’Antéchrist (Voir Apocalypse des chrétiens 20, 7-9). "L'Antéchrist viendra et ira dans le
voisinage de Médine. La ville éprouvera trois secousses et, après cela, les
infidèles et les hypocrites iront trouver l'Antéchrist." Hadith 92, 26 (Point 2). Il viendra de
la région du Khorassan, en Asie, et 70 000 juifs armés le suivront. Les diables
que le Prophète Soulaïman a enchaînés dans les mers le suivront. Les musulmans
seront vaincus. Mais ce sera provisoire. La venue de Jésus dévorera
l’Antéchrist (Voir chapitres 3 et 5).
Hadj: C’est le Grand
Pèlerinage. Il se déroule pendant le douzième mois de l’année lunaire. Il est
le cinquième pilier de l'islam et un devoir religieux obligatoire fondé sur une
injonction du Coran. Tout musulman en bonne santé qui peut en supporter le coût
doit faire le pèlerinage au moins une fois dans sa vie. Vers la fin du monde,
La Mecque et son centre, la Kaaba,
seront détruites. Les musulmans seront privés du Hadj (Voir chapitres 3 et 5).
Hadith: Paroles et faits
authentiques du Prophète Muhammad, recueillis par ses compagnons les plus
proches. Ils permettent l’interprétation du texte du Coran. Parmi les Hadith, seuls ceux du Sahih de
El-Bokhâri sont considérés unanimement par les hautes autorités islamiques
comme les plus authentiques. Il en existe d’autres (Muslim etc.) Ils se placent
juste après le Coran dans l'ordre d'importance, de véracité, de fiabilité et
d'inspiration. La totalité des textes originaux sont en arabe.
Hégire: Fuite de Muhammad et
de ses compagnons vers Médine, après avoir été chassés de leur ville, La
Mecque. Cet exil marque le début de l’ère musulmane. Sa signification
spirituelle est essentielle: le musulman est en exil sur la terre. Son vrai
monde est le paradis céleste. L’aspect politique de la conquête n’est pour le
Prophète qu’une mission de service de la foi, et non une recherche de gloire
politique. A la fin du monde, l’islam redeviendra ce qu’il doit être, une
religion de l’errance et la pauvreté (Voir
chapitres 3 et 5).
Hénoch: (voir Élie).
Islam: Culte de la
soumission à Dieu. C’est la religion d’Abraham, rendue dans sa pureté par le
Prophète Muhammad. Soumission, service, par opposition au christianisme qui se
prétend, de manière blasphématoire, la religion de l’amitié avec Dieu.
Islamiste: Vocabulaire impropre
utilisé actuellement pour désigner l’islam guerrier. Tout musulman est
islamiste puisqu’il a reçu comme commandement le Djihad. Mais ce commandement divin est lié à une série de règles
précises, une convention de Genève avant la lettre (voir chapitre 2). Son but
est de proposer la foi de l’islam et d’imposer les lois de la morale humaine
dans le monde entier. Ceux qui pratiquent les attentats meurtriers, le meurtre
des enfants et des civils devraient être qualifiés de Wahhabites, du nom d’une secte musulmane arabe (Voir chapitre 5).
Ismaël: Fils aîné d’Abraham,
fils d’une servante égyptienne, il est l’ancêtre des musulmans. Comme celle
d’Ésaü le frère de Jacob, sa figure archétypale illustre les qualités et les
défauts de l’islam. Pour les musulmans, c’est Ismaël que Dieu commanda à
Abraham de lui sacrifier. Cette croyance préfigure la fin de l’islam.
Issa ibn Maryama: (Jésus fils de
Marie): Homme et non pas Dieu, il fut conçu miraculeusement dans le ventre de
sa mère, sans l’intervention d’un père humain. Il n’a jamais péché. Il a prêché
l’islam, il n’est pas mort sur la croix mais a été enlevé par Dieu au ciel. Il
est le Messie, celui qui apparaît aux mourants pour leur prêcher l’islam et qui
revient à la fin du monde pour instaurer le règne d’Allah sur terre (Voir
chapitres 3 et 5).
Jérusalem: Troisième lieu saint
de l’islam. Après sa conquête par les armées arabes, au IXème
siècle, une mosquée au dôme doré fut construite à l’emplacement du Temple ruiné
des Juifs. Pour les musulmans, ce Temple Juif ne doit jamais être reconstruit.
Les Juifs furent maudits de Dieu après avoir voulu tuer le Messie Jésus. Vers
la fin du monde, Jérusalem sera perdu par l’islam à cause de la guerre de
l’Antéchrist qui sera lui-même juif. (Voir chapitre 6).Pour les chrétiens au
contraire, le retour des Juifs dans la totalité de Jérusalem est un signe
explicitement rapporté par Jésus pour annoncer la fin du monde et l’étape de la
fin des structures politiques nationales.
Jésus (Voir Issa).
Judaïsme: Religion d’Abraham
et de Moïse. Pour les musulmans, elle fut falsifiée par ses prêtres et ses
docteurs qui ajoutèrent des commandements humains. Ayant voulu tuer Jésus, elle
a été maudite pour toujours, d’où les malheurs qui la frappe. L’Antéchrist sera
juif et s’attaquera à l’islam et à ses terres saintes. Étant une religion du
Livre, le judaïsme doit être respecté. En terre d’islam, les Juifs ont leurs
quartiers réservés, payent un impôt et n’ont pas accès aux charges. Les Juifs
sont sauvés par l’apparition du Messie Jésus qui leur prêche l’islam sur le lit
de mort (Voir chapitre 6).
Kaaba: Le sanctuaire de La
Mecque, la Kaaba, possède en son centre une pierre noire apportée par les
anges. Il serait le premier temple élevé en l’honneur de Dieu par Abraham et
son fils aîné Ismaël. A l’époque de Muhammad, l’enceinte de la Kaaba était
peuplée de plus de 300 idoles. Il la purifia et la rendit à Allah. Vers la fin
du monde, la ville et la Kaaba seront détruites par les armées de l’Antéchrist
(Voir chapitres 3 et 5).
Khalife: Chef politique et
religieux en terre d’islam. Selon les cas, il peut être soit un descendant du
Prophète, soit un homme reconnu pour sa justice et son zèle de la religion.
L’islam distingue deux terres: la terre de l’islam (Dar el-Islam), soumise au juste gouvernement d’un roi-imam
religieux, le Khalife; La terre de la guerre (Dar el-Harb), celle qui reste à conquérir en vue de l’instauration
de la justice d’Allah. Vers la fin du monde, les Khalifats musulmans seront
détruits (Voir chapitres 3 et 5).
La Mecque: La Mecque fut-elle
fondée, 2000 ans avant Jésus-Christ par Abraham et son fils Ismaël, père de
tous les Arabes. Située en Arabie Saoudite, elle est le premier lieu saint de
l’islam. Elle est la ville natale de Muhammad, le siège de la Kaaba autours
duquel tourne toute la prière des musulmans du monde entier. Muhammad la
conquit militairement vers la fin de sa vie et établit le départ de toutes les
conquêtes militaires arabes. C’est vers elle que se tournent tous les musulmans
dans leurs cinq prières journalières. Ils s’y rendent en pèlerinage une fois
dans leur vie. Vers la fin du monde, la ville sera détruite par les armées de l’Antéchrist
(Voir chapitres 3 et 5).
Mahdi: Le grand imam (chef
et enseignant musulman) qui doit venir vers la fin du monde, avant la venue de
l’Antéchrist. Il rétablira la pureté originelle de l’islam et rendra la
Communauté (l’Oumma) prête pour
affronter l’épreuve finale de la guerre (Gog et Magog) (Voir chapitre 3 et 5).
Maryama: Marie, Vierge
immaculée, mère de Jésus. Son immaculée conception fait partie de la foi
musulmane, dès l’origine. Elle est la femme la plus sainte de la terre. Elle
n’a jamais péché. Elle portait jusqu’au sommet les deux vertus qui plaisent à
Allah : humilité et miséricorde. Elle a conçu de manière virginale son
fils Jésus, par le miracle de Dieu. Elle reviendra avec lui à la fin du monde.
Médine: Deuxième lieu saint
de l’islam. La jeune communauté musulmane s’y réfugia et s’y fortifia après
avoir été chassé de La Mecque. Elle y
connut son âge d’or, fondé sur la prière et la miséricorde, avant que l’ordre
divin de se répandre par le glaive ne lui parvienne. Vers la fin du monde, la
ville et sa mosquée sainte sera détruite par les armées de l’Antéchrist. Alors
les musulmans retrouveront la pureté du cœur de l’époque médinoise (Voir
chapitre 5).
Moudjahidine: combattant militaire
de l’islam. Nul ne peut se décréter Moudjahidine sans avoir été envoyé par le
Khalife (chef d’État islamique). La guerre qu’il pratique est soumise à des
règles strictes mêlant l’efficacité au service de l’expansion de l’islam et le
respect de la vie des civils, au moins des Chrétiens et des Juifs. Pour les païens
et les idolâtres, les règles sont beaucoup plus souples. Une guerre plus dure
est permise contre eux car leurs mœurs doivent absolument être réformés.
Musulman: (du sémite ancien soumission). Membre de l’Oumma, il est soumis à Dieu et à son
Coran.
Muhammad (570-632): (Mohamed en
français). Prophète de l’islam. Il était une personne fragile et illettrée,
quoique très douée pour les affaires. Il reçoit la visite de l’archange Gabriel
qui lui donne sa force et lui dicte mot à mot le Coran. Rejeté par sa ville, La
Mecque, il la reconquière à la force de l’épée, la convertit à l’islam et
unifie les tribus arabes sous une seule foi. Il est considéré comme un homme
pécheur, à la différence de Jésus mais il est le seul prophète dont le message
n’a jamais été falsifié.
Nations (fin du temps
des):
Vers la fin du monde, les nations organisées politiquement seront remplacées
par un gouvernement mondial. Cet événement est lié par le Christ à la
récupération par les fils d’Israël de Jérusalem. Un scénario paraît aujourd’hui
se mettre à jour. Après sa révolte liée à la perte de Jérusalem, l’islam voudra
une guerre, la perdra et, à cause du traumatisme mondial, provoquera à la fois
les changements dans l’organisation du monde et en Terre sainte. (Voir
chapitres 5).
Orthodoxie: Division du
catholicisme* intervenue vers l’an 1000 de l’ère chrétienne. Les orthodoxes
contestent essentiellement le rôle et l’autorité du pape de Rome en matière
d’enseignement de la foi et de la morale, de gouvernement de l’Eglise. C’est le
christianisme officiel de la Russie, de la Grèce, la Roumanie, la Serbie.
Oumma: C’est la Communauté
de tous ceux qui confessent leur foi en Allah et reconnaissent Muhammad comme
son prophète. Elle est la nouvelle nation sainte, le nouvel Israël. Le signe de
son appartenance est chez les hommes la circoncision. Tout homme né d’une femme
musulmane est musulman. Au paradis, Dieu unifiera l’humanité des sauvés dans
son Oumma éternelle.
Paradis: Se distingue du
paradis chrétien, il ne consiste pas dans la vision face à face de l’essence de
Dieu (Dieu est grand!) mais dans un lieu de délice, en présence des saints et
des animaux ressuscités. Les guerriers martyrs de l’islam ont reçu la promesse
d’être particulièrement entourés (70 vierges aux yeux noirs, les Houris).
Piliers de
l’islam (cinq): Structure de la pratique cultuelle extérieure des musulmans: 1- la
profession de foi « Allah est le
seul Dieu et Mahomet est son Envoyé », 2- La prière cinq fois par jour
(C’est le dikrh, le Rappel d’Allah: Soubhannallah! Hamdoulillah!
Allahouakbar!), 3- Le jeûne du mois lunaire du Ramadan, 4- L’aumône légale
pour les pauvres, 5- Le Hadj,
pèlerinage à La Mecque.
Protestants: Division du
catholicisme intervenue vers le XVIème siècle de l’ère chrétienne.
Divisés en de multiples mouvements, les Protestants refusent l’autorité du pape
et des saints canonisés. Il ne reconnaissent de valeur qu’au Livre (Bible juive
et Nouveau Testament). Ils nient la possibilité que Dieu puisse être aimé comme
un ami, avec une réciprocité d’égalité. Ils sont en ce sens proche des
musulmans, bien qu’ils fassent de Jésus leur Dieu. Ils constituent la religion
majoritaire d’une partie de l’Europe du Nord, de l’Angleterre, des Etats-Unis.
Sunnite: Division des
musulmans, après la mort du Prophète. 90% des musulmans sont sunnites et
estiment que le Khalife peut être un homme juste qui ne descend pas du
prophète.
Témoins (les deux): Le livre chrétien de l’Apocalypse annonce vers la
fin du monde la venue de deux témoins. Ils prêcheront Dieu et la vie éternelle
avant d’être provisoirement vaincus par l’Antéchrist. Cette prophétie a un sens
symbolique donné à toutes les époques du monde (voir Hénoch et Élie).
Concrètement, elle se réalise dans chaque génération. A la fin du monde, elle
se réalisera une dernière fois de manière grandiose (islam et christianisme,
peut-être aussi deux hommes). (Voir conclusion).
Wahhabite: islamisme politique
puritain né en Arabie au XVIIIème siècle. Il annonce une domination
musulmane politique sur le monde entier. Pour ses membres, le fondateur Ibn
Abdul Wahhab (1703-1792), est considéré comme le Mahdi, l’imam saint annoncé pour la fin du monde. Cette secte
violente à son siège sur le trône de l’Arabie Saoudite. Par l’argent du
pétrole, elle finance l’enseignement de la jeunesse musulmane dans le monde
entier, la construction des mosquées et le terrorisme islamiste mondial (Voir
chapitre 5, 1).
INTRODUCTION- L’an
2000 de l’ère chrétienne et les musulmans
Chapitre 1- Ce que
croient les musulmans
Aspects surprenants de la vie musulmane: la
femme et l’infidèle
Chapitre 2- L’islam
est-il une religion de la guerre?
Les trois interprétations actuelles de la
guerre sainte
Les trois interprétations du djihad, un débat redoutable dans l’islam
Chapitre 3- Les prophéties
de l’islam sur sa fin
1- Dans le coran, c’est Ismaël qui fut
« l’égorgé »
3- Les derniers moments de l’islam
La venue du Mahdi, le grand imam
L’apparition du Dajjal, l’Antéchrist
La grande guerre de l’islam, Gog et Magog
La fin du monde et la résurrection des morts
Chapitre 4- La grande
guerre de l’islam a-t-elle commencé en 1979?
Chapitre 5- Quand
l’histoire se répète: Flavius Josèphe.
« Celui qui ne connaît pas l’histoire se
condamne à la revivre »
1- La cause de cette guerre: une prophétie
mal comprise
La prophétie qui provoqua la guerre des Juifs
contre les Romains
Les Wahhabites sont les « zélotes »
modernes de l’islam
Les islamistes veulent la guerre
Première étape : barbarie contre le
peuple musulman modéré
Provoquer l’ennemi pour obtenir la guerre
L’attaque des garnisons militaires U.S.
La lucidité de certaines nations
non-musulmanes
La majorité des musulmans craignent cette
guerre à venir
L’attaque du World Trade Center
3- La guerre poussée jusqu’au suicide de tout
l’islam
La guerre ne fait que commencer
Le premier acte de la grande guerre de l’islam
Deuxième acte : Attentats perpétuels
Dans les malheurs futurs qui frapperont
l’islam, un commencement d’humilité naîtra dans le peuple
Troisième acte : La mise en danger des
lieux saints de l’islam par les Wahhabites
4- La fin de l’islam politique et guerrier
2- La destruction des Califats (royaumes)
musulmans
3- La destruction des derniers Moudjahidines,
leur attitude suicidaire, jusqu’à la folie
5- L’apostasie* des masses islamiques
Il y aura une survie de l’islam, purifié par
l’épreuve
La conclusion prophétique de Flavius Josèphe
Chapitre 6- Israël:
ce peuple n’est pas comme les autres
1- Quand la main de Dieu est avec Israël
Haïr les Juifs et connaître le désastre
2- Quand Dieu protège son peuple
3- Sens profond du peuple d’Israël
4- Les cinq prophéties du Christ sur Israël
5- L’islam court-il à son malheur
Proposition de page de
couverture
11 septembre 2001: le monde bascule dans une
nouvelle étape de l’horreur. L’événement est troublant. Il est vrai qu’on ne
peut manquer d’y discerner une dimension apocalyptique,
au sens le plus profond du terme. Beaucoup d’Américains se précipitèrent
sur les centuries de Nostradamus. Le prophète français du XVIème
siècle ne pouvait avoir manqué de prévoir cela!
Très vite, les analystes ont cherché des
explications dans leurs grilles habituelles. Une analyse socio-économique
devait suffire pour expliquer cette bouffée de fanatisme. « La misère
économique, l’arrogance commerciale et capitaliste de l’Occident, tout est
là ». Cependant, une contradiction se fit jour : les kamikazes
n’étaient pas de pauvres hères mais des milliardaires saoudiens et des diplômés
musulmans formés aux meilleures universités occidentales.
Cet ouvrage vise à combler une importante lacune des études
actuelles : la dimension religieuse du conflit est trop gravement
négligée. L’homme ne vit seulement de pain. Ici, il s’agit d’un espoir
millénariste, visant à créer ici-bas le paradis islamiste.
Le prophète Muhammad a donné à ses fidèles des textes leur permettant
de penser leur propre fin et la fin du monde. Mais ils sont particulièrement
ambigus. En conséquence, une partie de l’islam se comporte à la manière de la
pire des sectes apocalyptiques tandis que l’autre, persécutée et massacrée,
s’attend à une catastrophe qui conduira l’islam à sa ruine politique et à sa
renaissance dans l’humilité et la pauvreté.
Il ressort de tout cela une vision inquiétante, d’autant plus que des textes prophétiques identiques ont conduit jadis à la guerre la plus terrible qu’on puisse imaginer : la guerre des Juifs contre les Romains. « L’homme qui ne connaît pas l’histoire se condamne à la revivre »…
Arnaud Dumouch est marié et père de famille. Agé de
37 ans, il enseigne la religion catholique en Belgique. Spécialisé dans la
théologie des fins dernières, il ne pouvait manquer de trouver dans les
évènements actuels un sujet de méditation. Vos questions et vos apports: a.dumouch@freeworld.be
[1] D’après Michel Gurfinkiel, internet, 1999, Diffusé sur RCJ le 28 février 1999.
[2] Extrait d’une fatwa d’Oussama Bin Laden, 1998.
[3] Dictionnaire
élémentaire de l'islam, par Tahar Gaïd, [extraits].
[4] Coran* 2, 136 ;
[5] Coran 5, 46-47 ;
[6] Parmi les Hadith*, seuls ceux du Sahih de El-Bokhâri sont considérés unanimement par les hautes autorités islamiques comme les plus authentiques paroles et faits du prophète Muhammad, et ils se placent juste après le Coran dans l'ordre d'importance, de véracité, de fiabilité et d'inspiration. La totalité des textes originaux sont en arabe.
[7] Dieu est un et tout-puissant. Il est au-dessus des divisions. Il n’a pas de vie trinitaire, comme le croient les chrétiens. Un chrétien écrirait : « Avant que le monde n’existe, depuis toute éternité, il existe un Être unique, une personne infinie. Il vit totalement heureux, comblé par sa propre nature. Il est mystérieux puisque, tout en étant un seul être, trois personnes[7] s’aiment et se contemplent en lui, le Père, le Fils et l’Esprit Saint. Il s’agit d’une inimaginable vie intime, faite de tendresse et de lumière inaccessibles. Deux qualités du cœur peuvent résumer la vie de Dieu: l’humilité et l’amour. Sans cesse, le Père s’efface devant le Fils, Le Fils devant le Saint Esprit parce qu’il l’aime. Dieu est ainsi et nul ne peut le changer. »
[8] Pour l’évangile, l’amour et l’humilité seront mis en premiers… Il ne s’agit pas de n’importe quel amour mais d’une véritable amitié, cœur à cœur, avec Dieu. Pour un musulman, le mystère de la charité chrétienne (Agape) est un blasphème car Dieu, le très Haut, ne peut être aimé que par des serviteurs prosternés.
[9] Autre différence essentielle avec le christianisme : Les chrétiens croient que, après la mort, ils verront Dieu face à face. Dans la vision béatifique, c’est la Trinité elle-même Père, Fils et Esprit Saint qui vient, telle une colombe au creux d’un rocher, se nicher dans notre intelligence. Elle se fait notre propre pensée et se laisse comprendre dans l’exacte mesure où l’homme le désire par son amour. Celui qui aime désire davantage connaître son bien-aimé. Il le connaît et est comblé. Celui qui aime moins connaît moins bien Dieu mais est comblé dans son désir. Sainte Thérèse de Lisieux, pour expliquer ce mystère se souvient d’une image enseignée par sa sœur: «D’un grand verre et d’un petit dé à coudre remplis tous les deux d’eau à ras bord, lequel est le plus plein? ” Le chrétien comprend alors pourquoi il est important d’aimer et d’aimer de plus en plus durant sa vie terrestre. L’humilité ne peut être la seule qualité importante mais, au-dessus de tout, l’amour de Dieu et du prochain. La raison de la souffrance qui frappe l’humanité devient compréhensible (la croix). Elle a le pouvoir de creuser un désir dans le cœur, un désir de justice (donc, sans que l’homme le sache, un désir de Dieu qui produit son effet à l’heure de la mort).
[10] Et non aimer, épouser…
[11] La conséquence directe de tout cela est que l’islam orthodoxe nie la possibilité même de la charité dans son sens chrétien. Dieu ne peut être aimé comme un égal, c’est-à-dire à travers une amitié car il est le Tout-Autre.
[12] Jésus aurait dit « comme un enfant » Mathieu 18, 3 et non comme un serviteur. La nuance est essentiel pour comprendre la différence des deux religions.
[13] Souvent, cela se passe au dernier moment, sur leur lit de mort. « Notre
foi n’enseigne-t-elle pas qu’Allah envoie auprès de chaque mourrant, dans le
moment de son passage, Issa le Messie afin qu’il prêche l’islam ? »
[14] Un chrétien écrirait : « Un problème se posait pourtant: pour que ces hommes et ces communautés humaines entrent auprès de Dieu et vivent comme une Église sainte du bonheur infini qui consiste à le comprendre et à l’aimer face à face, il était absolument nécessaire qu’elles deviennent semblables à lui, à savoir toutes humbles et toutes données à l’amour. Ici se trouve la clef de tout. “ Nul ne peut voir Dieu sans mourir à lui-même[14]”. A cause de la pureté et de la délicatesse de Dieu, n’importe quel amour ne suffisait pas mais seulement un amour total, dépouillé de toute recherche intéressée. Le moindre orgueil, le moindre égoïsme, et l’entrée face à Dieu devenait impossible, comparable à un viol alors qu’elle devrait être un mariage. »
[15] Le paradis ne consiste pas dans la vision béatifique. Les chrétiens croient que, après la mort, ils verront Dieu face à face. L’islam orthodoxe ne peut accepter ce genre de croyance car "Dieu est le tout-Autre, l’homme son serviteur prosterné".
[16] Pour un chrétien, la vie éternelle est donnée à celui qui vit, dans l’ordre, des trois qualités suivantes : de manière fondamentale, l’humilité (celui qui sait qu’il n’est rien qu’un pauvre pécheur) ; Au sommet, l’amour de Dieu et du prochain, jusqu’au mépris de soi ; Par surcroît mais seulement en conséquence, la vertu morale (les commandements de Moïse).
[17] Coran 4, 34;
[18] Coran 4, 34 ;
[19] Hadith* 6, 6 ;
[20] Hadith* 6, 6;
[21] Coran* 5, 51;
[22] Hadith* 2, 16;
[23] Genèse 17, 20;
[24] Voir par exemple le Dictionnaire élémentaire de l'islam, par Tahar Gaïd, [extraits], où la guerre sainte est relativisée à un rôle défensif.
[25] Matthieu 26, 52;
[26] Ce qui n’est pas le cas de l’Ancien Testament, totalement reconnu par les chrétiens.
[27] La Voie du musulman. Il est écrit par Aboubaker Djaber Eldjazaïri (Aslim éditions 1986, France). Rien de tel qu’un tel texte doté de l’imprimatur des plus hautes autorités de l’islam sunnite pour comprendre le sujet. Les références du Coran ou des Hadith* (paroles du prophètes) sont indiquées.
[28] Les cinq premiers livres de la Bible hébraïque.
[29] Coran 9, Le Repentir 11 ;
[30] Coran 41, Le Rang 4 ;
[31] Coran 41, Le Rang- 10 - 11- 12 ;
[32] Coran 3- Famille d’Omran, 169 ;
[33] Dictionnaire élémentaire de l'islam, par Tahar Gaïd.
[34] Coran 8, Le Butin 39 ;
[35] Ne pas tuer, voler, commettre l’adultère, mentir etc.
[36] Adorer un seul Dieu, ne pas faire d’image de lui, ne pas le blasphèmer.
[37] «La VOIE DU MUSULMAN». Il est écrit par Aboubaker Djaber Eldjazaïri (ASLIM éditions 1986, France), page 369;
[38] Genèse 21, 20;
[39] « Mon Heure » est l’expression employée par Jésus pour parler de sa crucifixion.
[40] « Trompeuse » ou plutôt ambiguë car lorsque Dieu parle de « gloire, de victoire, de salut », il entend souvent « vie éternelle, donc humilité et son chemin, crucifixion et humiliation ». Mais l’homme y voit ce qui lui plaît à savoir « succès mondain, gloire terrestre ».
[41] Extrait de l’ouvrage Les histoires des prophètes, par l’Imam Aboul-Fida Ismaël Ben Kathir, Editions Dar el Hker, Beyrouth, Liban, p.262;
[42] Coran, Sourate des rangs, versets 101-102 ;
[43] Coran, Sourate de Marie, versets 54-55 ;
[44] Genèse 22, 2 et ss;
[45] « Le vrai bélier sera Jésus Christ, Fils de Dieu car, quand Dieu veut qu’on lui sacrifie un enfant, c’est le sien qu’il donne »Saint Vincent de Paul.
[46] La connaissance de la fin du christianisme.
[47] Voir du même auteur, La fin du monde, Paris, 2002, le martyre final de l’Église;
[48] Mais la fin de l’islam est due au retour de bâton de la guerre. Celle du christianisme a une cause plus spirituelle. Voir, du même auteur « La fin du monde d’après la théologie catholique ».
[49] Allusion à une ancienne pratique des polythéistes qui craignaient la pauvreté ou la capture de leurs filles par d’autres tribus. L’islam a interdit cette pratique.
[50] Coran, Sourate 81, L’obscurcissement, versets 1 à 13 ;
[51] « Les authentiques » de Al Boukhari et Muslim.
[52] Coran 99, 1-2 ; Coran 82, 1-4 ; 81, 1-14 ; 56, 1-6 ; 101, 5.
[53] sourate 44, La Fumée ; Sourate 41, verset 11 ;
[54] Relire ici l’introduction de cet ouvrage…
[55] Tirmizzi dans « ce qu’on rapporte du Mahdi » note qu’il teint de Ibn Mass’oud ce Hadith* « un homme de ma famille viendra, son nom correspondra à mon nom ».
[56] Tome II page 520-521.
[57] Ibn Abdul Wahhab, fondateur arabe du Wahhabisme au XVIIIème siècle? L'Ayatollah Khomeini qui réveilla l’islam guerrier du XXème siècle?
[58] Hadith* 92, 11 ;
[59] cf. Apocalypse de saint Jean 7, 3-4 ;
[60] Apocalypse 13, 11-18 ;
[61] Ezéchiel 39, 9-11. Il s’agit de l’annonce d’une grande guerre qui verra la défaite des impies.
[62] D’après la longue prophétie d’Ezéchiel, 39, 1 ss.
[63] Sourate 21, Les Prophètes, verset 104 ;
[64] Il s’agit des habitants musulmans de l’Arabie vers la fin du monde.
[65] Ces textes paraissent clairs? Il sont en fait ambigus et ne provoquent pas la paix des débats en islam. Chacun voit « l’Arabe pervers » annoncé selon ce qui l’arrange. Pour le terroriste Oussama Bin Laden, c’est la royauté de l’Arabie Saoudite qui a accompli l’horreur en introduisant les armées étrangères sur la terre sainte. Pour la famille royale arabe, les pervers sont les terroristes arabes puisqu’ils répandent le sang des femmes et des enfants par toute la terre… Pour la majorité des musulmans Sunnites, ce sont tous les arabes à cause de leur sectarisme Wahhabite* (voir plus loin).
[66] HAJA FDAL La mort selon les enseignements de l’islam, Rayane édition, Paris 1991, 63.
[67] Luc 13, 35;
[68] Création en 1979 en Iran d’une république islamique sectaire.
[69] J’ajoute cette note après les évènements du 11 septembre 2001. Devant l’humanité entière défilait à la télévision, en boucle, l’attaque suicide du World Trade Center aux U.S.A. Les deux tours venaient de s’écrouler après avoir été percuté par deux avions gros porteurs chargés de passagers détournés par des combattants de l’islam. Les commentateurs parlaient de « nouveau Pearl Arbour ». Ils n’avaient pas tort. Le monde entrait sans doute, après la guerre froide, dans une quatrième guerre mondiale. C’est face à ces évènements que j’ai entrepris de mettre par écrit le projet de ce livre qui était dans mon esprit depuis prêt de dix ans.
[70] Voir chapitre 5;
[71] Voir chapitre 4;
[72] Apocalypse 9, 15-19;
[73] La guerre des juifs contre les Romains, Livre 3, 27;
[74] Guerre des Juifs contre les Romains, livre 6, 31. J’utilise librement de la traduction de J.A.C. Buchon, Editions Lidis, Paris, 1968;
[75] Flavius Josèphe pense à Vespasien, devenu empereur romain. Mais le sens profond de la prophétie était bien plus élevé, l’empire concerné était éternel.
[76] Isaïe 11, 1-5;
[77] L’ambiguïté de Dieu vient d’abord de la psychologie trop humaine… de l’homme. Lorsque Dieu parle de « gloire, de victoire, de salut », il entend souvent « vie éternelle, donc humilité et son chemin, crucifixion et humiliation ». Seul un croyant lui-même passé au feu purificateur de Dieu finit par s’habituer à son style et à ne plus lire « succès mondain, gloire terrestre ».
[78] Voir deuxième partie, chapitre 2, 2 et 3 ;
[79] Extrait d’une Fatwa d’Oussama Bin Laden.
[80] Extrait d’une Fatwa d’Oussama Bin Laden.
[81] Ezéchiel
39, 12: « On les enterrera afin de
purifier le pays pendant sept mois.»
[82] Ezéchiel 38, 14; 39, 15;
[83] L’Oumma*est la communauté des musulmans. Il s’agit du nouvel Israël puisque ce peuple fut maudit. D’où la disparition du nom d’Israël, originellement présente dans ce texte.
[84] Fils cadet d'un riche entrepreneur saoudien, Oussama Bin Laden a mis en place une organisation mondiale dans les années soixante-dix en vue de recruter des terroristes musulmans désireux de participer à la guerre contre les Soviétiques en Afghanistan. En 1988, il a créé un réseau spécialisé dans le terrorisme et la subversion. Il disparaît en Afghanistan au cours de la guerre qu’il avait souhaitée. Il fut le premier grand terroriste islamiste, modèle probable de bien d’autres.
[85] Cette section reprend en grande partie l’article du journal The Spectator, 2001. Son auteur, Stephen Schwartz est aussi l'auteur de "Intellectuels et Assassins", publié par Anthem Press.
[86] A l'exception, peut-être, de certains disciples de gauchistes laïques se présentant comme musulmans aux seules fins de servir un intérêt strictement politique, comme Yasser Arafat ou Saddam Hussein.
[87] L’annonce politique d’une victoire non pas au Ciel mais ici-bas de l’islam le plus rigoureux. Comme les témoins de Jéhovah, ils vont jusqu’à annoncer le retour physique du Messie Jésus à la tête du gouvernement islamique mondial.
[88] Un troublant rapprochement des dates s’impose. Le Wahhabisme est la plus terrible attaque satanique contre l’islam depuis l’Hégire*. Il prend la religion par sa qualité d’honneur militaire et la transforme en un fanatisme exterminateur. Au même moment, le christianisme subissait une attaque au défaut de sa cuirasse (il libère l’homme) avec la Révolution française et le culte de l’homme divinisé…
[89] Un grand imam musulman qui rétablira l’islam dans sa pureté originelle avant la grande guerre.
[90] Les Musulmans anti-Wahhabites* appèlent le Wahhabisme "fitna an Najdiyyah", le malheur venant de Nejd.
[91] La guerre des juifs, livre 2, 23 ;
[92] Ce paragraphe reprend un commentaire de Stephen Schwartz (The Spectator, 2001). Voir aussi Intellectuels et Assassins, Anthem Press.
[93] Selon Hisham al-Kabbani, né au Liban et vivant actuellement aux U.S.A..
[94] Voir l’étude de Abderrahmane Moussaoui sur le Djihad* et la jeunesse algérienne, De la violence du Djihad* en Algérie;
[95] La Guerre des Juifs contre les Romains, livre 5, 16 ;
[96] Voir la réponse catholique à ce dilemme au chapitre 1 de cette deuxième partie.
[97] La Guerre des Juifs contre les Romains, livre 6, 31 ;
[98] Luc 21, 21-24;
[99] Deuxième partie, chapitre 2 ;
[100] Le premier Calife* Abou Bakr pendant qu'il répartissait l'armée de la Palestine sous le commandement d’Oussama disait: "Ne vous comportez pas en traîtres! Ne mutilez pas (vos ennemis), ne tuez ni enfant, ni vieillard, ni femme. N'abattez pas et ne brûlez pas les palmeraies, ni les arbres fruitiers. Ne tuez ni mouton, ni vache et ni chameau, sauf pour vous nourrir. Vous allez passer près des gens qui se sont retirés du monde pour s'adonner à la retraite (des moines chrétiens): laissez-les tranquilles à leur vocation...". Puis il leur dit: " ... Partez au nom de Dieu!" Il n'est pas permis de tuer les mineurs, les femmes, les vieillards, les malades et les moines.
[101] La Guerre des Juifs contre les Romains, livre 2, 23, livre 4, 18, livre 3, 19 ;
[102] La charria réserve l’exercice de la violence au seul pouvoir établi. Cette loi menace de l’enfer les séditieux envers le Calife*.
[103] Ce paragraphe reprend un commentaire de Stephen Schwartz (The Spectator, 2001). Voir aussi Intellectuels et Assassins, Anthem Press.
[104] La Guerre des Juifs contre les Romains, livre 5, 4 ;
[105] La Guerre des Juifs contre les Romains, livre 2, 23 ;
[106] Les assassinats religieux sont loin d’être terminés. Des réseaux dormants de tueurs attendent parfois depuis plus de 20 ans pour exécuter leur fatwa. Le docteur Reza Mazlouman, écrivain laïc et grand penseur de son pays, assassiné le 27 mai 1996 à son domicile de Créteil, ne cachait pas ses inquiétudes au sujet de la vie de son ami Hassan Abbasi. Il l'avait écrit à plusieurs reprises dans son journal. Le professeur Assemi, universitaire, défenseur de la paix et de la culture perse a, quant à lui, a été assassiné le 29 juillet 1996 à Deuschanbeh.
[107] Ce paragraphe reprend un commentaire de Stephen Schwartz (The Spectator, 2001). Voir aussi Intellectuels et Assassins, Anthem Press.
[108] La Guerre des Juifs contre les Romains, livre 2, 30 ;
[109] Oussama Bin Laden est que le porte-parole médiatique d’un vaste mouvement de foi et de politique. En collaboration avec d'autres groupements de terroristes [la Djama islamiya (Égypte) et le Djihad* islamique (Égypte)], il est à l'origine des attentats odieux perpétrés le 7 août 1998 contre les ambassades des États-Unis à Nairobi (Kenya) et à Dar es-Salaam (Tanzanie). Ce n’était pas le premier attentat. La liste de ces actes est longue.
[110] Fatwa du 23 août 1996, déclaration de guerre sainte contre les U.S.A.; Février 1998, Djihad* contre les Juifs et les croisés». Cette fatwa, publiée dans le quotidien « Al-Quds Al-Arabi» du 23 février, affirmait que «les musulmans devaient tuer des Américains -y compris des civils- où qu'ils se trouvent dans le monde.»
[111] La Guerre des Juifs contre les Romains, livre 2, 33 ;
[112] Ils se firent sauter avec lui. La culture de l’attentat suicide est lié à la foi religieuse dévoyée. En mourrant pour Dieu et l’islam, le paradis est assuré.
[113] La Guerre des Juifs contre les Romains, livre 3, 6 ;
[114] La Guerre des Juifs contre les Romains, livre 2, 30 ;
[115] 1 Rois 22, 22 « Dieu répondit: J'irai et je me ferai esprit de mensonge dans la bouche de tous ses prophètes. Yahvé dit: Tu le tromperas, tu réussiras. Va et fais ainsi. Voici donc que Yahvé a mis un esprit de mensonge dans la bouche de tous tes prophètes qui sont là, mais Yahvé a prononcé contre toi le malheur."
[116] Tentative ratée du 23 décembre 2001.
[117] La Guerre des Juifs contre les Romains, livre 5, 22 ;
[118] Voir ces prophéties au chapitre 2, la foi sur la fin du monde en islam.
[119] La question ne peut être posée pour le moment parce que nombre de sociétés américaines dépendent du flux continu du pétrole Saoudien. Mais elle viendra nécessairement. Mais que seront ces intérêt financiers face aux menaces de prolifération nucléaire du terrorisme?
[120] La guerre des Juifs contre les Romains, livre 5, 35 ;
[121] Il lui est reproché son inflexibilité à faire exécuter les meurtriers condamnés à mort. On peut condamner à la prison à vie un criminel identifié et détenu. Mais que peut-on faire d’autre que tuer un groupe de fanatiques dont le rêve est de se faire sauter avec le maximum de civils, femmes et enfants?
[122] La Guerre des Juifs contre les Romains, livre 5, 32 ;
[123] Apocalypse 6, 4;
[124] La Guerre des Juifs contre les Romains, livre 6, 16 ;
[125] La Guerre des Juifs contre les Romains, livre 6, 30 ;
[126] Certains commentateurs voient en lui un dangereux potentat, parce qu’il ne dit pas poliment aux islamistes: « Je condamne solennellement vos actes. Arrêtez.» Ils font erreur. On ne peut discuter avec un homme déterminé à tuer, quitte se suicider pour accomplir son forfait.
[127] Hadith* 92, 26 ;
[128] La Guerre des Juifs contre les Romains, livre 6, 26 ;
[129] La Guerre des Juifs contre les Romains, livre 7, 36 ;
[130] La Guerre des Juifs contre les Romains, livre 7, 36 ;
[131] 2 Théssaloniciens 2, 3;
[132] Cette époque n'est pas pour aujourd'hui. Cette histoire peut se développer sur plusieurs dizaines d’années. Avant d’en venir à la guerre totale, l’Empire Romain subit pendant plus de 70 ans le terrorisme zélote. C'est donc que le temps de l’apostasie* généralisée n'est pas encore pour cette année. Mais il peut venir vite, en quelques générations d'autant plus que les moyens modernes de communication précipitent l’évolution des mœurs. Les enfants bouddhistes d'Orient se forment en ce moment avec la télévision occidentale tout entière imbibée du message de l’homme sans Dieu.
[133] 2 Thessaloniciens 2, 4;
[134] Parmi les religions, ce sont les monothéismes qui ont eu la plus profonde tendance au fanatisme, à cause même de leur zèle pour un seul Dieu. Lorsque les monothéismes religieux deviennent des idéaux politiques, alors le malheur fond sur l’humanité et ce depuis toujours. La première de ces guerres se produisit dans l’Egypte antique d’Akhenaton, lorsqu’il résolut d’imposer à son peuple le seul Dieu Aton. Mais il est abusif de dire que ces guerres sont les plus meurtrières car les religions possèdent en général en elles des contre feux dogmatiques: respect des créatures de Dieu etc. Ce n’est jamais le cas des guerres purement politiques. Les pires guerres sont celles du racisme. Hitler lui-même fut dépassé par la guerre ethnique du Rwanda qui fut, avec des machettes, six fois plus efficace (100 jours, un million de morts, 1995).
[135] Hadith* de Muslim;
[136] La Guerre des
Juifs contre les Romains, livre 7, 19 ; 7, 36
fin ;
[137] Job 19, 25. Ce texte est tiré de la Bible juive. Les musulmans reconnaissent Job comme un grand prophète et un vrai musulman.
[138] On le voit, comme le christianisme, Ismaël sera purifié par l’épreuve des guerres perdues dans le sang, de l’apostasie* de ses fidèles. Ils entreront dans la prise de conscience de leur faute, le repentir, et le désir de la venue du Messie. La croyance musulmane du fait qu’Ismaël fut le fils éégorgé » d’Abraham prend ici son sens réel.
[139] La Guerre des Juifs contre les Romains, livre 5, 2 ;
[140] La même chose arriva lorsque ce roi de Babylone assiégea la ville, la prit, y mit le feu, et brûla le Temple.
[141] La Guerre des Juifs contre les Romains, livre 5, 26, fin ;
[142] Saint Augustin, dans Les deux cités, résume de cette manière le message du Christ.
[143] Encyclique Mit brennender Sorge, la seule encyclique écrite en allemand dans l’histoire de l’Église
[144] Luc 12, 4;
[145] Toutes les religions croient d’une manière ou d’une autre en l’existence de l’âme et en sa survie après la mort. Ans cette logique, l’humanisme actuel a sans doute déjà éliminé physiquement plus d’hommes que le nazisme et le communisme réunis, ne serait-ce qu’à cause de ses lois sur l’avortement.
[146] Malachie 2, 14: « C'est que
Yahvé est témoin entre toi et la femme de ta jeunesse que tu as trahie, bien
qu'elle fût ta compagne et la femme de ton alliance. »
[147] Une citation de Jésus lui-même suit. Elle convient parfaitement à notre génération. Matthieu 23, 31-33;
[148] Encore une ambiguïté de Dieu et de sa révélation dont le terme aboutira à une purification par la souffrance et des juifs et des musulmans.
[149] Matthieu 27, 25; Il est intéressant de constater que le regard des chrétiens fut longtemps le même. Ce n’est qu’après l’horreur de l’holocauste que l’Église changea l’ambiguité des mots qu’elle employait sur le Judaïsme. « En quoi le crime de certains chefs des juifs du temps de Jésus ne rend pas coupable les juifs d’aujourd’hui? »
[150] Mathieu 21, 6;
[151] Cette rétrospective historique est faite avec l’aide de l’Encyclopædia Universalis, édition 1995.
[152] Guerre d’Indépendance (1948-1949), campagne du Sinaï (1956), guerre de Six Jours (juin 1967). Parmi ces guerres, la guerre de Six Jours (5 juin-11 juin 1967) est remarquable. Elle aboutit à l’effondrement total des armées arabes. Dès le premier jour, l’aviation égyptienne est détruite au sol, puis le Sinaï conquis en deux jours. En même temps, le roi Hussein, à qui pourtant Israël avait demandé de se tenir à l’écart du conflit, ouvre le feu à Jérusalem. En trois jours, la Cisjordanie tombera aux mains d’Israël. Les deux derniers jours, les troupes israéliennes escaladent le Golan et s’en emparent, mettant ainsi fin aux bombardements incessants dont souffraient les colonies de la Haute-Galilée. Elle est suivie de la guerre d’usure sur le canal de Suez (de septembre 1968 à août 1970), guerre du Kippour (octobre 1973), opération du Liban (appelée en Israël « opération paix pour la Galilée ») à partir de juin 1982. Aujourd’hui, il s’agit d’une guerre larvée, faite de lancés de pierre (Intifada) et d’attentat suicides meurtriers. Depuis 1980, le conflit à tendance à fortement s’islamiser. Il semble ne devoir jamais se terminer.
[153] Le roi Abdallah de Jordanie, soupçonné de vouloir parvenir à une paix séparée avec Israël, est assassiné (21 juillet 1951). Le Président Sadate d’Égypte est encore qualifié de traître dans les maisons arabes, pour avoir cédé et signé une paix séparée avec Israël. Il fut lui aussi exécuté par des islamistes (Frères musulmans). Ce conflit ressemble en tout point au plus grand que nous avons décrit précédemment.
[154] Le soutien américain fut à l’origine dicté surtout par des motifs presque mythiques (la création de l’État d’Israël ressemblait à celle des États-Unis à la fin du XVIIIe siècle), religieux (les prophéties chrétiennes sur le retour d’Israël à Jérusalem) et électoraux (la part importante de l’électorat juif aux U.S.A.). Il ne cessera de se renforcer de manière spectaculaire.
[155] Et la purification de leur orgueil en vue de la vie céleste.
[156] Jérémie 49, 10;
[157] Jérémie 49, 10-16;
[158] Nombres 14, 9 « N’ayez pas peur du peuple de ce pays, car nous n'en ferons qu'une bouchée. Leur ombre protectrice les a quittés, tandis que Yahvé est avec nous. N'en ayez donc pas peur."
[159] Chroniques 32, 7-21; Les exemples sont multiples dans l’histoire d’Israël.
[160] Zacharie 8, 23;
[161] L’Église catholique a compris qu’il ne faut pas parler comme cela: « Il est faux et gravement hérétique à cause des conséquences qu’une telle affirmation a historiquement eu, d’affirmer que le peuple d’Israël est maudit, car Dieu ne fait pas payer aux enfants la faute de leur père. Saint Paul affirme en effet[161]: «Dieu aurait-il rejeté son peuple? Certes non.» Et selon lui, le gouvernement de Dieu sur Israël est l’un des «abîmes de richesse, de la sagesse et de la science de Dieu.» Il veut signifier qu’il s’agit d’un mystère que l’homme ne peut qu’approcher et dont l’explication finale sera donnée en plénitude après la venue du Christ, lors du jugement général de l’humanité.
[162] Isaïe 29, 10;
[163] Romains. 5, 18;
[164] Romains. 11, 12;
[165] Pour Pie XI, dans l’encyclique anti-nazie, «Mit brennender Sorge »du 14 mars 1937, AAS 29 (1937) 150-151,
les livres sacrés de l’Ancien Testament sont entièrement Parole de Dieu et
forment une partie substantielle de la Révélation confirmée par la Parole unique
qu’est le Christ, cette Parole vétéro-testamentaire de Dieu, pourrait-on
ajouter, est toujours adressée par Dieu à l’humanité entière Pie XII précise: «Pour les yeux qui ne se sont pas aveuglés
par le préjugé ou par la passion, resplendit la lumière divine du plan sauveur
qui triomphe finalement de toutes les fautes et de tous les péchés.»
Après Auschwitz, cette déclaration prend
un sens nouveau: la pédagogie divine, manifestée notamment dans le Serviteur
souffrant triomphe du crime collectif qui y a été accompli et de toutes les
révoltes individuelles qu’il a occasionnées. Pie XI ajoute: «Sur ce fond souvent obscur ressort dans de
plus frappantes perspectives la pédagogie de salut de l’Eternel, tour à tour,
avertissant admonestant, frappant, relevant et béatifiant ses élus.»
C’est à cette pédagogie de salut que rendaient héroïquement hommage toutes les victimes d’Auschwitz en chantant, au seuil de la mort, le Shema Israël. Elles croyaient que les coups mortels des hommes étaient au service, malgré eux, de la volonté salvifique et béatifiante du Père tout-puissant et miséricordieux.
Pie XI était ainsi amené à dire: «seuls l’aveuglement et l’orgueil peuvent fermer les yeux devant les trésors d’enseignement salvateur de l’Ancien Testament »
On souhaiterait qu’à l’avenir, plus que dans le passé, la catéchèse chrétienne déverse ces trésors en proposant aux hommes l’intégrale Révélation post-exilique de l’unique Alliance éternelle, toujours ancienne et toujours nouvelle.
[166] Romains 11, 15;
[167] Matthieu 24, 2;
[168] Matthieu 24, 15;
[169] Luc 21, 24;
[170] Luc 23, 28;
[171] Luc 21, 24;
[172] Romains 11, 25;
[173] Romains 11, 15;
[174] Luc 16, 35;
[175] Ce texte possède d’autres sens symboliques (l’Église, l’âme etc.); Voir du même auteur La fin du monde, 2001;
[176] Apocalypse 12;
[177] En effet, observait en 1989 le cardinal J.-M. Lustiger au cours d’un entretien télévisé avec E. Wiesel.» Le juif est le témoin d’un au-delà de l’homme: à travers le juif, Hitler a voulu tuer Dieu, ce Dieu qui, en choisissant Israël, manifestait son intention de sauver le monde: «Par toi (Abraham) se béniront tous les clans de la terre» Genèse 18, 18; 22, 18; 26, 4);
[178] Au delà de ces interprétations traditionnelles, il est possible de découvrir en Israël, de par la méditation constante de son histoire tourmentée à la lumière du Serviteur souffrant et sous l’influence du christianisme, une interprétation étonnamment mystique de l’histoire: Voici, au travers de quelques textes et témoignages, quelques aspects de cette spiritualité quasi-chrétienne: Voir Eliezer Berkovits comprend ainsi la portée permanente du sacrifice d’Isaac dans l’histoire du judaïsme, Nova et Vetera, 1973, 123-125;
[179] JEAN-PAUL II: Lettre du 8 août 1987 à Mgr J. May, président de la conférence des évêques des États-Unis. Doc. Cath. 84, (1987) 890;
[180] Cette phrase de l’évangile de Luc 17, 24 est reçue comme un signe eschatologique musulman. Voir du même auteur La fin du monde, Paris, Téqui 2001;
[181] D'après la liste « Réponse Israël » (texte révisé par CJE).
[182] Exode 14, 4 « J'endurcirai le cœur de Pharaon et il se lancera à leur poursuite. Je me glorifierai aux dépens de Pharaon et de toute son armée, et les Égyptiens sauront que je suis Yahvé." C'est ce qu'ils firent. »
[183] 2 Maccabées 2, 4-7. Il ne s’agit pas ici d’une quelconque arche mystique mais de l’authentique tabernacle construit par Moïse contenant les tables de la loi, le bâton d’Aaron qui avait fleuri et la manne du désert.