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Et leurs vies se sont brisées
comme un éclat de rire

Par Elena Hanet et le Père Domenico, décembre 2008
 
Ceci n’est pas un conte, il s’agit du récit de ce qui est
effectivement arrivé dans le département de la Vendée en France.

La nuit tombe de bonne heure en ce mois de décembre et nous ne sommes pas loin de Noël. Le Père Domenico et Elena sont occupés à répondre aux différents courriers qu’ils reçoivent des Petites Pâquerettes de Jésus, certaines par sympathie, mais le plus souvent pour trouver un réconfort et une consolation.

L’ange et l’enfant.

Soudain, le téléphone sonne. Le Père Domenico entame un long dialogue avec Patrick, un homme d’une cinquantaine d’années environ. Il est mal, se plaint de maux divers qui commencent même à retomber sur sa plus jeune fille, un mal-être inexplicable le poursuit. La Petite Pâquerette de Jésus qui suit attentivement la conversation demande soudain : « Ne faites-vous pas des cauchemars où il y a beaucoup d’enfants ? ». Patrick ne peut que confirmer cela et parle même de son obsession. Alors, il ouvre son cœur expliquant qu’il était à l’origine de six avortements, avec une ancienne amie et ensuite avec son épouse. Le message reçu était bien une confirmation.

Le Père Domenico expliqua alors à ce monsieur qu’il fallait absolument libérer ces petites âmes qui se trouvaient manifestement encore dans le Shéol. La seule solution, car Patrick n’habitait pas la région, était de se mettre en union de prière et de célébrer une messe de réconciliation et de désir de baptême en donnant à chaque fœtus un prénom.

Le mardi 9 décembre, la première messe fut célébrée pour Emerentia. Voici la vision que Jésus donna à Elena : « L’enfant entourée d’un linge quitta le Shéol, couchée sur un nuage, portée par des anges. Grande lumière, c’était à pleurer de beauté ».

Le mercredi 10 décembre, la deuxième messe fut célébrée pour Eliud. Voici la vision que Jésus donna à Elena : « Cet enfant porte en son début le nom de Dieu. L’enfant se révolte mais son ange gardien le prend dans ses bras. Il le calme, il est comme dans une petite boite en bois. Son ange s’envole avec lui… Toujours la lumière. Un chant s’élève…. Beauté ».

Le jeudi 11 décembre, la troisième messe fut célébrée pour Eulalie. Voici la vision que Jésus donna à Elena : « L’enfant est dans une corbeille de fleurs parfumées, l’ange est toujours présent, il tire la corbeille avec un long ruban vers la lumière divine. Quelle tendresse ! L’enfant était élue ».

Le vendredi 12 décembre, la quatrième messe fut célébrée pour Gertrude. Voici la vision que Jésus donna à Elena : « Elle est couchée sur le sable, dans les algues ; de petits anges font une ronde autour d’elle. Elle a sur la tête une couronne de coquillages. C’est ainsi qu’elle monte vers le ciel. Elle aurait été une femme résistante ».

Le samedi 13 décembre, la cinquième messe fut célébrée pour Bakanja. Voici la vision que Jésus donna à Elena : « L’enfant pleure la vie. Son ange le console, il le serre contre lui. Ils sont dans un pré fleuri où devant eux, un orchestre de petits anges jouent avec amour. C’est porté par cette mélodie qu’il part vers la maison de Dieu. Il eut été certainement un musicien ».

Le dimanche 14 décembre, la sixième messe devait être célébrée, comme les autres, vers 10 heures du matin. Mais voilà que les choses se compliquèrent et le samedi soir vers 23h30 de drôles de bruits vinrent perturber le silence de la maison. C’était comme si quelqu’un donnait de grands coups de poings contre la porte et le Père Domenico aperçut même une grande lumière, « comme un flash » expliqua-t-il ensuite. Tout était si étrange qu’Elena et son Accompagnateur prirent peur, pensant qu’un intrus s’était introduit dans la maison. Malgré le froid, les voici dehors essayant de percevoir une ombre quelconque dans le noir, mais leur recherche resta infructueuse.

Il était plus raisonnable de tout oublier et d’aller se recoucher. Mais la Petite Pâquerette de Jésus fut attaquée par le malin qui laissa son empreinte sur son corps, le meurtrissant. Elle se retrouva même projetée sur le sol et se mit à pleurer en tremblant. Heureusement, son Accompagnateur n’était jamais très loin, et, attiré par ses cris, il se précipita pour lui venir en aide. Dans son discernement, le Père Domenico dit à Elena : « Je crois que notre dernière petite âme a hâte d’être libérée et qu’elle s’ennuie maintenant que ses frères et sœurs sont près de Jésus. C’est un état d’urgence et je crois que nous devons faire immédiatement la messe. Il est minuit, nous sommes dimanche ».

En effet, Elena sentait au fond de son cœur toute cette turbulence. La messe pouvait commencer. Le nom donné pour l’enfant était Ghislain. Voici la vision que Jésus donna à Elena : « Des forces opposées… L’enfant est tiré vers le bas, vers le haut. Il est le dernier enfant à devoir être libéré. L’ange est là pour le consoler. C’est la plus dure libération, c’est une tourmente. Un chant de prière s’élève, c’est la Vierge Marie qui vient prendre l’enfant. Tout est puissance divine que rien ne peut empêcher. Enroulé dans un voile, l’enfant s’envole… Derrière lui restent les ténèbres ».

Le Père Domenico et Elena étaient épuisés en regagnant leurs chambres pour essayer de dormir. Tout cela était incroyable mais ils avaient en eux une grande paix. Les enfants étaient enfin au Royaume des Cieux.

Dès le soir, le Père Domenico appela Arnaud Dumouch, le théologien qui les conseillait et les discernait pour lui raconter tout ce qu’ils venaient de vivre.

La fin nous fit sourire quand le Père Domenico dit à Arnaud : « Je te laisse le soin de donner ton avis sur ce que nous venons de vivre… ». Elena termina en disant : « Merci Seigneur pour tous ces petits. Nous allons maintenant les prier pour qu’ils intercèdent pour nous et qu’ils nous aident ».

Le lundi soir, Patrick appela le Père Domenico et Elena. Lui aussi avait désormais une grande paix dans son cœur, une joie et une force insoupçonnée. Il leur dit : « Ma femme et moi nous vous remercions pour l’œuvre que Jésus a accomplie en se servant de vous comme instruments. Je connais des personnes qui sont dans la même souffrance que j’ai connue, je ne vais pas hésiter à leur téléphoner pour leur parler de vous et leur dire de prendre contact. Encore merci car désormais je n’ai plus trois enfants à charge mais j’en ai bien neuf et je vais prier ceux qui sont au ciel pour qu’ils intercèdent pour moi et ma famille auprès de Dieu. Je les aime et je leur demande pardon. Je vais vous envoyer un courrier pour témoigner à tous de l’œuvre de Dieu ».
 

Avis d’Arnaud Dumouch, théologien

Mon avis était jadis que les enfants morts sans baptême ne demeuraient pas plus d’un instant séparés de la présence de Dieu (ce qui correspond à ces limbes dont parle l’Église[1]). Je pensais que dès leur entrée dans le passage de la mort, après un temps bref, ils était accueillis et baptisés par les habitants du Ciel avant d’entrer dans un temps d’éducation de leur liberté par des parents célestes. Mon avis a changé à cause de témoignages sûrs et concordants attestant de la présence malheureuse et errante d’enfants entre ce monde et l’autre, des années après leur mort, et dans l’attente du baptême. Et cette permission de Dieu, qui retarde leur entrée dans l’autre monde trouve sa cohérence si l’on considère ce qui suit : privés de la vie terrestre et des souffrances qui nous préparent « un cœur brisé et un esprit humilié », il était évident que Dieu trouverait une façon de ne pas priver ces enfants d’une telle grâce qui prépare leur éternité.

Cette permission de Dieu, qui laisse ces enfants errer un temps, semble liée à cette raison unique : Ces enfants souffrent et donc peuvent développer un grand désir pour le salut et une grande humilité.

On peut donc interpréter textes du Magistère sur les limbes provisoires des enfants de la manière suivante. Les enfants non baptisés sont dans un premier temps de limbes, privés de toute présence de Dieu le temps qu’ils soient adoptés et baptisés. Leur psychisme s’y développe, probablement à l’aide de Présences venant du Ciel. Puis, une fois baptisés, tous les enfants, quel que soit le mode de leur baptême, sont conduits dans un « enfer (lieu inférieur au paradis céleste) » provisoire tout à fait comparable au « sein d’Abraham » dont parlaient les anciens Juifs.[2] Il y règne la grâce de la présence de Dieu, symbolisée par « l’eau » dont vivait le pauvre Lazare. Il s’agit bien d’un enfer puisque ces innocents ne voient pas Dieu face à face. Les enfants y sont encore séparés de Dieu puisqu’ils ne le voient pas face à face. Ils sont entourés et élevés par une présence visible des saints et des anges. Dès que l’obstacle provisoire de leur nature, à savoir leur incapacité naturelle à choisir, disparaît, ils sont confrontés à la parousie du Christ et à la présence du démon en vue du choix de leur éternité.

Tous choisissent le paradis car, étant naturellement petits, ils ont peu de propension à suivre le projet de Lucifer, celui d’un monde de liberté individualiste.

Conclusion pratique : Des signes concordants venant du Ciel indiquent qu’il faut répandre chez les catholiques la prière suivante : celle du baptême, par leur désir, des petits enfants avortés chaque jour.

Voir le site Visitation pour la vie.

 

1. Pie VI, constitution Auctorem fidei, Dz 2626. [↩]

2. Luc 16, 22. [↩]

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